Comment devenir libre (SANS vouloir changer le monde) ?

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L’intensité du besoin de liberté n’est pas la même pour tout le monde.

Certains privilégient la sécurité à tout prix. Et paient parfois leur choix au prix fort. Entre ennui, sentiment de vide et dépression chronique.

D’autres caressent le doux rêve de liberté toute leur vie durant. Sans jamais passer à l’action. Tel un opium qui leur permet de traverser les âges voguant bon gré mal gré vers leur destination finale.

Parfois, un déclic se produit. Quelque chose se déclenche. Le besoin de liberté se réveille. Et la machine se met en branle.

La plupart des gens qui veulent devenir libres commencent par regarder ce qui se passe autour d’eux. Et se disent que la meilleure manière pour y parvenir serait de changer les choses. Autour d’eux.

Si leur femme ou leur mari changeait ceci ou cela dans son comportement, alors ils se sentiraient plus heureux…

Si l’Etat légiférait de telle manière, alors leur activité serait mieux protégée et ils n’auraient plus à s’inquiéter pour leurs fins de mois…

Si leurs amis pensaient exactement comme eux, alors ils auraient l’impression d’être mieux compris et mieux aimés… Et ils se sentiraient confortés dans leur vision du monde.

Le problème avec les circonstances extérieures et les autres, c’est qu’ils ne nous obéissent pas tout le temps. Ou rarement.

Votre mari ou votre femme acceptera peut-être de faire ceci ou cela pour vous contenter, mais à force de se sentir sous pression, il ou elle finira par partir ou par aller voir ailleurs. Tout le contraire finalement de ce que vous souhaitiez au départ.

Le gouvernement cédera cette fois sous la pression de votre lobby et vous serez tranquille pour quelques années. Et aux prochaines élections, il faudra tout recommencer. Sauf que cette fois, un lobby plus puissant que le vôtre remportera la mise et il vous faudra de nouveau manger votre pain noir plusieurs années durant. En pestant contre ces satanés politiques qui – décidément – n’y comprennent vraiment rien.

Vos amis vous laisseront sans doute parler lorsque vous essaierez de les convaincre à tout prix. Au début, la politesse l’emportera et ils finiront par acquiescer à ce que vous dites pour éviter que les choses ne s’enveniment « comme la dernière fois ». Et avec le temps, les invitations s’espaceront pour finalement disparaitre et ils n’auront pas d’autre choix que de décommander vos invitations à la dernière minute. Fichue gastro…

La liberté ne consiste pas à vouloir changer le monde ou les personnes qui font partie de votre entourage.

La liberté, c’est un état intérieur qui demande que vous agissiez sur vous.

Pas que vous tentiez d’éduquer la Terre entière avec vos principes dans l’espoir que cela vous permettra de vous sentir mieux dans vos baskets.

Les gens qui entreprennent de changer leur conjoint, la législation ou leurs amis se lancent dans l’aventure de la liberté en faisant le choix des alternatives indirectes.

Ils se lancent dans le monde et exigent, revendiquent et récriminent faisant valoir leurs droits. Ils dépensent une énergie folle pour convaincre et « obtenir gain de cause » quand bien même le combat qu’ils ont mené des années durant ne concernait finalement qu’un seul aspect de leur vie. Et de leur liberté.

Et quand – dans le meilleur des cas – les choses tournent enfin en leur faveur, ils se disent soulagés.

Ni libres ni heureux. « Soulagés ».

Parce que le combat est devenu leur quotidien et qu’à force de combat quotidien contre l’extérieur, ils ont fini par considérer l’objectif final comme un dû.

Alors que la liberté est justement une quête d’intériorité permanente qui n’a rien à voir avec l’extérieur.

Comme le dit si bien Max Stirner :

« Trop peu de gens prennent conscience que la liberté est avant tout une question d’auto-libération et que mon degré de liberté dépend essentiellement de ma faculté à me libérer moi-même. »

Les gens qui se sentent libres sont ceux qui se sentent en accord avec eux-mêmes.

Ceux qui ont découvert leur propre identité et ont décidé d’agir de telle manière qu’ils puissent laisser libre court à leur puissance intérieure.

Ceux qui vivent au grand jour en accord avec leurs valeurs.

Mariés à un conjoint qui embellit leur vie jour après jour. Parce que pour eux le mariage est un émerveillement permanent et une invitation à découvrir l’autre. Plutôt que de vouloir le changer à tout prix pour qu’il corresponde à l’étiquette qu’on voudrait bien lui coller.

Maitrisant parfaitement les lois de l’économie de marché. Et cherchant en permanence à mieux satisfaire leurs clients. Car ils ont compris que le succès financier passe par la faculté à se remettre en question. Plutôt que de vouloir s’accrocher à des « acquis » décrétés par des gouvernements girouettes qui changent d’avis en fonction du sens du vent.

Entourés de gens qui enrichissent leur vie parce qu’ils se sont autorisés à être eux-mêmes. Et qu’ils ont ainsi attiré auprès d’eux des personnes qu’ils estiment et qui les estiment car ils partagent leur vision du monde et leurs valeurs.

Même dans un monde qui ne l’est pas, vous pouvez être libre.

Mais – me direz-vous – mon rôle n’est sûrement pas d’essayer de vous en convaincre…

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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