Comment être heureux (sans augmentation de salaire)… ?

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« Ce n’est pas tant la grandeur de l’écart entre nous et les autres qui produit de l’envie, mais au contraire, une certaine proximité. Un soldat lambda n’éprouve qu’une envie très limitée pour son général au regard de l’envie qu’il éprouve pour son sergent ou son caporal ;  de même, un écrivain du dimanche n’est pas spécialement envieux d’un auteur à succès mais bien plus de l’un de ses semblables qui connait une popularité supérieure à la sienne. Un trop grand écart a pour effet d’anesthésier la relation, et nous empêche de nous comparer à autrui ou tout du moins diminue les effets de la comparaison. » – David Hume, Le traité de la nature humaine

Avouons-le sans honte : qui n’a jamais comparé son salaire à celui d’un collègue de travail ? Un ami (ou pire son conjoint) ?

Qui n’a jamais comparé sa propre réussite à celle de son entourage ?

Pour qui la réussite sociale n’a t-elle pas vraiment d’importance ?

Que nous le voulions ou non, il nous arrive tous de nous pencher sur notre parcours de vie pour le jauger à l’étalon de ce que les autres autour de nous ont eux-mêmes accompli…

Quelles que soient nos motivations d’ailleurs… Ou celles que nous voulons bien nous avouer à nous-mêmes.

La plupart du temps, ces pensées ne nous rendent pas plus heureux. Au contraire.

Nous jugeons le bilan positif ? Formidable, il ne nous reste plus qu’à nous maintenir sous pression pour conserver « notre avance »…

Nous jugeons le bilan négatif ? Dans le meilleur des cas, nous redoublerons d’efforts pour « rattraper » notre retard… Dans le pire des cas, notre blessure d’ego se fera encore plus vive et c’est notre estime personnelle qu’il nous faudra reconstruire…

Pourtant, les bénéfices de plus de 2000 ans de civilisation occidentale nous sont suffisamment familiers : une augmentation extraordinaire de la richesse matérielle, de l’approvisionnement en nourriture, de la connaissance scientifique, de la sécurité, de l’espérance de vie et des opportunités économiques.

Ce qui est peut-être beaucoup moins apparent et beaucoup plus pernicieux, c’est que ces avancées matérielles impressionnantes ont coïncidé avec l’augmentation du niveau d’anxiété sociale éprouvée par la plupart des citoyens occidentaux.

Aujourd’hui plus que jamais, nous accordons une importance démesurée aux critères de réussite sociale : niveau de responsabilité professionnelle, accomplissements divers et revenus.

Le paradoxe est saisissant.

Le déclin réel et profond du manque s’est accompagné d’une peur concomitante de manquer.

Malgré une accumulation de richesse et un monde de possibilités que nos ancêtres n’auraient sans doute même pas pu imaginer, l’homme moderne semble incapable de se satisfaire de ce qu’il est et de ce qu’il a.

Un tel sentiment de manque est peut-être moins surprenant si l’on se réfère aux derniers travaux de la psychologie sociale sur le sujet.

Il faut pour cela analyser précisément le processus à l’oeuvre lorsque nous décidons à partir de quel seuil nous estimons en avoir suffisamment.

Et notre jugement sur ce qui représente une limite appropriée – que cela concerne notre salaire ou notre estime personnelle par exemple – ne se développe jamais de manière complètement indépendante.

Au contraire, nous utilisons comme point de comparaison notre groupe de référence, un groupe qui se compose d’individus dont nous pensons qu’ils nous ressemblent.

Nous sommes incapables d’apprécier ce que nous avons pour ce que cela nous apporte intrinsèquement.

Nous sommes incapables d’être impressionnés par notre degré de prospérité sur une échelle de temps historique.

Nous nous estimons vraiment chanceux et riches seulement à partir du moment où notre niveau de vie est comparable ou supérieur à notre groupe de référence.

C’est le sentiment que nous aurions pu être quelqu’un d’autre que celui que nous sommes si les circonstances avaient été différentes, qui génère en nous de l’anxiété et du ressentiment.

Un sentiment inspiré de notre comparaison avec les réussites supérieures de celles et ceux que nous côtoyons et qui nous paraissent être nos égaux.

Car nous sommes d’abord envieux de ceux que nous estimons être comme nous et qui composent notre groupe de référence.

La conséquence de cela, c’est que plus nous ajoutons d’individus dans ce groupe de référence, plus cela nous expose au petit jeu des comparaisons et plus nous avons de raisons de nous montrer envieux.

La meilleure illustration de cela nous est donnée par l’historien Alexis de Tocqueville.

En 1830, ce dernier entreprit un tour des Etats-Unis d’Amérique au cours duquel il eut le loisir de diagnostiquer une maladie corrosive qui polluait les âmes des citoyens de cette nouvelle République.

Il remarqua que les Américains étaient certes plus riches que les Français mais que cela ne les empêchait pas de vouloir toujours plus ou de souffrir lorsque quelqu’un d’autre possédait quelque chose qu’ils ne possédaient pas.

Poussant plus loin son analyse du sujet, il entreprit de démontrer le lien entre le sentiment d’insatisfaction et des attentes élevées et entre l’envie et l’égalité.

Sa conclusion la plus surprenante fut la suivante : l’avènement de la démocratie était en grande partie responsable du sentiment de manque éprouvé par les Américains.

Dans une société où tous les membres sont considérés égaux, les barrières entre les riches citoyens et les citoyens les plus pauvres n’avaient plus de raison d’être. Ces derniers observaient les premiers et avaient confiance en leur capacité à suivre bientôt le même chemin.

Evidemment, les sociétés aristocratiques en place avant cet avénement des démocraties étaient injustes à bien des égards, et nul besoin de préciser que Tocqueville ne souhaitait pas de retour en arrière.

Mais force est de constater que la rigidité de leur hiérarchie avait au moins un mérite : celui d’offrir aux individus les plus démunis la liberté de ne pas devoir prendre comme point de comparaison la réussite sociale des autres individus et de créer en eux un sentiment profond d’envie…

Dans le cadre du Séminaire de l’EFP, je reviens en profondeur sur cette notion d’anxiété sociale et je vous explique comment ne pas ressentir une telle émotion négative.

Vous y découvrirez notamment :

• Les 3 causes fondamentales qui expliquent l’anxiété liée au statut social (et comment éviter de tomber dans le piège)…

• Pourquoi les attentes liées au progrès matériel sont responsables de notre incapacité à apprécier ce que nous avons déjà…

• L’équation toute bête mais à laquelle il fallait penser pour être heureux (même sans augmentation de salaire)…

• Pourquoi la méritocratie a tué notre faculté à trouver du sens dans ce que nous faisons (et pourquoi le succès financier est un concept récent que vous devriez relativiser)…

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A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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