Comment investir votre argent en 10 minutes par an (et en faisant mieux que les pros) ?

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L’industrie financière est une immense machine à fric. E quand on a du fric, on a les moyens de communiquer et de manipuler.

Que ce soit aux Etats-Unis avec Wall Street et ses 15 milliards de dollars du budget communication ou ailleurs, vous n’y échapperez pas. Les gérants vous font croire qu’ils détiennent le secret pour battre le marché. Et il faut bien reconnaître que la plupart des gens y croient dur comme fer.

Peu importe les études qui montrent que les fonds qui performent le moins bien sur longue durée sont ceux qui prennent les frais les plus élevés…

Peu importe les études qui montrent que 80% des gérants font moins bien que leur indice de référence… (Dans d’autres industries, on qualifierait ce manque de résultats de faute professionnelle)

Peu importe les résultats empiriques qui montrent que la gestion passive permet d’obtenir de meilleurs résultats que la gestion active.

On aime croire aux miracles et à l’existence de la pierre philosophale. Et ce n’est pas près de s’arrêter.

Le problème avec les gourous de la finance et les méthodes miracles qui font un carton, c’est que c’est éphémère.

La finance, c’est comme la mode. C’est le strass et les paillettes. C’est les cocktails et le show-biz. Mais quand on creuse un peu, on se rend compte qu’il n’y a pas grand chose de sérieux…

La finance, c’est le règne de la testostérone et de la démonstration de force. Une sorte de masculinité moyenâgeuse où l’on s’imagine exister en écrasant les autres. Et encore, le Moyen-Âge avait l’amour courtois, lui.

Et il faut dire que ça rassure. Quand on est dans l’optique de se déresponsabiliser de la gestion de son argent, on préfère le ton rassurant et protecteur de celui qui dit tout savoir sur tout.

Vous accepteriez – vous – de confier votre argent à quelqu’un qui vous dit qu’il n’y a aucune garantie pour que vous retrouviez l’intégralité de votre capital de départ dans quelques années ?

Après tout, la manipulation ne fonctionne que tant que l’on accepte de ne pas ouvrir les yeux. Mais une fois qu’on les a ouverts, c’est une toute autre histoire financière qui s’offre à nous.

La vérité, c’est que vous n’êtes pas obligé de payer des frais exorbitants pour gérer un portefeuille boursier aux performances honorables.

La vérité, c’est que chacun a les moyens d’être son propre gestionnaire de fonds pourvu qu’il accepte de payer le prix d’investir (un peu) son temps AVANT d’investir son argent et pas plus de 10 minutes par an une fois l’argent investi.

La vérité, c’est qu’il est possible de faire mieux que 80% des gérants de fonds en copiant les performances de leur indice de référence puisque c’est ce même indice qui leur sert de référence ultime.

Aux US, la littérature sur le sujet ne manque pas. Et elle commence à pointer le bout de son nez en France également.

À l’heure actuelle, les 3 portefeuilles les plus connus sont américains.

Le premier portefeuille – le « Couch Potato Portfolio » – a été lancé en 1991 par Scott Burns, un journaliste financier du Dallas Morning News.

En l’espace de 18 années, le portefeuille a permis de générer un rendement annualisé de plus de 10%.

La recette du succès ? Il vous suffit d’investir votre argent dans 2 fonds de répartition égale pour obtenir une diversification optimale en cas de marché haussier ou de marché baissier.

Le premier fonds, c’est le Vanguard 500 Index (VFINX) qui retrace l’évolution du S&P 500. La capitalisation de l’indice représente à elle toute seule presque 80% de l’ensemble des entreprises américaines.

Le deuxième fonds, c’est le Vanguard Total Bond Market Index Fund (VBMFX).

Scott Burns suggère de rebalancer son portefeuille une fois par an. Cette opération ne doit pas selon lui dépasser les 10 minutes.

L’opération consiste simplement à acheter de nouvelles parts pour faire en sorte que l’allocation cible reste stable dans le temps.

Le second portefeuille – le « Coffeehouse Portfolio » – est préconisé par Bill Schultheis, un ancien gérant de chez Smith Barney.

Ce dernier consiste en une allocation répartie en 60% d’actions et 40% d’obligations.

La partie obligataire est allouée en obligations d’entreprise et la partie en actions est divisée en parts égales entre des OPCVM indiciels cotés sur le S&P 500, les grosses capitalisations, les petites capitalisations, des fonds internationaux et des fonds cotés dans l’immobilier.

Ce portefeuille totalise 7 fonds indiciels commercialisés par Vanguard : le Vanguard S&P 500 (VFINX), le Vanguard Large Cap Value (VIVAX), le Vanguard Small-Cap Index (NAESX), le Vanguard Small Cap Value (VISVX), le Vanguard International (VGTSX), le Vanguard REIT Stock Index (VGSIX) et enfin, le Vanguard Total Bond Market Index (VBMFX).

Sur le long terme, le Coffeehouse Portfolio affiche un rendement annualisé particulièrement intéressant. Un investisseur ayant investi 100.000 euros en 1991 aurait ainsi affiché un rendement annualisé de plus de 11% faisant croitre son capital à plus de 328.000 euros à la fin de l’année 2001.

La philosophie du portefeuille Coffeehouse consiste tout simplement à ignorer les soubresauts des marchés financiers en investissant sur des tendances de long terme et des indices très larges.

Le troisième portefeuille – le « No-Brainer Portfolio » – est l’oeuvre du docteur Bernstein.

C’est un portefeuille construit à partir de 4 fonds à part égales : le Vanguard 500 Index (VFINX), le Vanguard Small-Cap Index (NAESX), le Vanguard European Stock Index (VEURX), et le Vanguard Total Bond Market Index (VBMFX).

Le « No-Brainer Portfolio » a obtenu un rendement moyen de près de 11% pendant plus de 10 ans entre 1991 et 2001.

Et alors que le « Coffeehouse Portfolio » utilise des indices internationaux, Bernstein répartit davantage son allocation à travers les marchés européens, pacifiques et émergents. Ce dernier préfère également investir dans le Total Stock Market Index sur le S&P 500.

Ces 3 portefeuilles américains ont un grand mérite : celui de vous montrer que gérer votre propre portefeuille d’investissement boursier ET obtenir des performances remarquables sur le long terme n’a pas à être compliqué et chronophage pourvu que vous sachiez comment vous y prendre.

Et maintenant, et bien vous savez…

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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