Comment lire un livre (et retenir ce que vous lisez)

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« Annoter un livre, c’est une véritable expérience de vos différents ou de vos accords avec l’auteur. Cela représente la plus grande marque de respect que vous puissiez lui accorder. » – Edgar Allan Poe

Bien sûr, vous savez comment lire un livre. On vous l’a appris alors que vous étiez encore à l’école primaire.

Mais savez-vous vraiment comment BIEN lire un livre ?

Il y a une grande différence entre le fait de lire pour comprendre et le fait de lire pour récolter de l’information.

Si vous êtes comme la plupart des gens, vous n’avez peut-être jamais vraiment réfléchi à la meilleure manière de lire. Et votre manière de lire est cruciale pour accumuler des connaissances.

Beaucoup de gens confondent le fait de connaitre le nom de quelque chose avec le fait de le comprendre.

Bien que cela soit bénéfique à l’exercice de votre mémoire, la régurgitation de faits sans en comprendre la signification profonde ni le contexte ne vous apporte pas grand chose dans le monde réel.

Un indice pour bien comprendre ce dont nous parlons : tout ce qui est facilement digéré consiste peu ou prou à lire pour récolter de l’information.

Prenons l’exemple de la presse écrite, apprenez-vous vraiment quoi que ce soit de nouveau en parcourant cette dernière ? Considérez-vous le journaliste qui écrit comme votre mentor en ce qui concerne le sujet qui est évoqué dans l’article ?

Probablement pas. Cela signifie donc tout simplement que vous lisez cet article pour récolter de l’information. Cela signifie que vous allez probablement répéter ensuite ce que vous avez lu en vous appropriant le contenu comme si vous étiez celui qui a fait le travail de recherche.

Il n’y a aucun mal à cela. C’est ainsi que la plupart des gens lisent. Mais en agissant ainsi, vous n’apprenez rien de nouveau. Cela ne fera pas de vous une meilleure personne et ne vous rendra pas plus compétent dans votre vie financière.

Se contenter de lire ne suffit pas pour améliorer vos connaissances. Apprendre quelque chose d’instructif demande du travail.

Vous devez lire quelque chose qui soit en phase avec votre niveau de compétence actuel. Vous avez besoin de trouver des écrivains qui sont plus érudits que vous dans un domaine qui vous intéresse. Ce n’est qu’un procédant de la sorte que vous deviendrez plus intelligent.

Lire pour comprendre est ce qui permet de réduire le fossé entre le lecteur et l’écrivain.

Les 4 niveaux de lecture

S’il y a un expert en matière de lecture intelligente, c’est bien Mortimer Adler qui a – on peut le dire – écrit LE livre sur le sujet.

Dans son livre – Comment lire un livre – Adler identifie 4 niveaux de lecture :

1. Élémentaire
2. Ciblée
3. Analytique
4. Synoptique

L’objectif de lecture détermine votre manière de lire.

Lire le dernier Guillaume Musso, ce n’est pas la même chose que de lire Nietzsche.

Si vous lisez avec l’objectif de vous divertir ou de vous informer, vous allez lire d’une manière très différente de celle qui consistera à augmenter votre degré de compréhension.

Alors que beaucoup de personnes savent très bien lire de l’information ou du divertissement, il y a finalement peu de gens qui sont capables de lire pour apprendre.

Avant d’être en mesure d’améliorer nos compétences en lecture, nous avons besoin de comprendre les différences entre les niveaux de lecture.

On parle de « niveau » de lecture car vous ne pouvez pas atteindre un niveau supérieur sans une solide compréhension du niveau précédent. Ils sont cumulatifs.

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Comment lire un livre

1/ Le niveau élémentaire

Il s’agit du niveau de lecture tel qu’on nous l’apprend à l’école primaire. Vous savez déjà comment faire pour atteindre ce niveau.

2/ Le niveau ciblé

On nous a appris à l’école que sauter des passages et lire de manière superficielle n’était pas idéal pour la compréhension.

Cela n’est pas nécessairement le cas. Adopter ce type de pratique peut en effet augmenter la compréhension.

La lecture ciblée nous permet de jeter un oeil à la table des matières du livre et de décider si oui ou non ce dernier mérite une lecture plus approfondie.

Il existe 2 sous-niveaux de lecture ciblée :

  • L’écrémage systématique – qui consiste à survoler le livre en (1) lisant la préface, (2) étudiant le sommaire, (3) prenant connaissance de l’index et en (4) lisant la jaquette du livre. Cela doit vous permettre de comprendre les chapitres qui sont cruciaux dans l’argumentaire de l’auteur. Vous pouvez approfondir en survolant ici et là quelques paragraphes mais pas plus. L’écrémage vous aide à prendre une décision : ce livre mérite t-il mon temps et mon attention ? Si tel n’est pas le cas, reposez-le et passez au suivant.
  • La lecture superficielle – qui consiste à commencer votre lecture. Ne réfléchissez pas à ce que vous lisez, n’approfondissez pas et n’écrivez pas dans les marges. Si vous ne comprenez pas quelque chose, poursuivez. Ce que vous allez tirer de cette lecture rapide vous aidera lorsque vous y reviendrez plus tard et mettrez plus d’efforts dans la lecture. Là encore, la lecture superficielle vous aide à prendre une décision : maintenant que vous avez une meilleure compréhension du contenu du livre et de sa structure, le comprenez-vous ?

La lecture ciblée vous donne un aperçu des choses.

Parfois, c’est tout ce dont nous avons besoin. Mais parfois, nous avons besoin d’aller plus loin. Parfois, nous voulons comprendre.

3/ La lecture analytique

Francis Bacon a un jour déclaré :

« Certains livres ont pour vocation d’être goûtés, d’autres d’être dévorés, et un certain nombre d’être mastiqués et digérés. »

Vous pouvez considérer que la lecture analytique consiste à mastiquer et à digérer un livre. Cela revient à faire le travail.

La lecture analytique est une lecture approfondie.

Autant la lecture ciblée vous permet de tirer le maximum de votre lecture en un minimum de temps, autant la lecture analytique vous permet de tirer le maximum de votre lecture sans prendre en compte le facteur temps.

A ce niveau de lecture, vous engagez votre esprit et fournissez le travail requis pour comprendre ce qui est écrit. Pour maximiser vos efforts, il est recommandé d’annoter votre livre en utilisant l’espace offert par les marges.

C’est ainsi que votre conversation avec l’auteur prend forme, en quelque sorte.

4 règles pour une lecture analytique efficace

  1. Classer le livre en fonction de sa nature et de son sujet,
  2. Décrire brièvement le sujet du livre et son traitement par l’auteur,
  3. Énumérer les parties principales du livre dans l’ordre et en fonction de leur relation, et rédiger un aperçu de ces parties comme vous l’avez fait pour l’ensemble du livre précédemment,
  4. Définir le problème ou les problèmes que l’auteur tente de résoudre.

Vous l’avez compris, bien que cela paraisse facile, la démarche demande beaucoup de travail. Heureusement pour vous, la lecture ciblée faite précédemment vous a conditionné pour ce travail.

Après une lecture analytique, vous aurez déjà compris le livre et les idées développées par l’auteur.

Mais cela ne signifie pas forcément que vous aurez compris le sujet de manière globale. Pour parvenir à ce niveau de compréhension, vous aurez besoin de pratiquer la lecture comparative et ainsi synthétiser la connaissance issue de plusieurs livres traitant du même sujet.

4/ La lecture synoptique

Ce type de lecture – également appelée « lecture comparative » – représente la lecture la plus exigeante et la plus difficile.

La lecture synoptique implique de lire plusieurs livres traitant du même sujet et d’en comparer les idées, le vocabulaire et les thèses.

Ce niveau de lecture consiste à identifier les passages clés, traduire la terminologie, poser et ordonner les questions qui nécessitent des réponses, définir les enjeux, et avoir une conversation avec les réponses proposées.

Tout se passe entre vous et les lacunes que vous souhaitez combler dans vos connaissances.

La lecture comparative se décompose en 5 étapes principales :

  • Trouver les passages clés – Vous devez trouver les bons livres et ensuite les passages qui répondent le mieux à vos besoins. La 1ère étape consiste donc à opérer une lecture ciblée de toutes les oeuvres que vous avez identifiées comme pertinentes.
  • Clarifier les questions – Plutôt que de vous concentrer sur les problèmes que tentent de résoudre l’auteur, vous devez vous concentrer sur les questions pour lesquelles vous souhaitez avoir une réponse. De même que nous souhaitons établir notre propre terminologie, nous devons établir nos propres propositions en faisant la lumière sur les problèmes qui nous occupent et pour lesquels les auteurs donnent des réponses. Il est crucial de formuler les questions de telle manière à ce que tous les auteurs sélectionnés – ou du moins une grande partie d’entre-eux – puissent être interprétés pour fournir des réponses. Parfois nous ne pouvons pas obtenir de réponses à nos questions tout simplement parce que les auteurs ne les ont pas considérées comme telles.
  • Reformuler les propos de l’auteur – En lecture analytique, vous devez identifier les mots clés et la manière dont ils sont employés par l’auteur. C’est un processus plutôt simple. Dans le cas de la lecture comparative, le processus devient un peu plus complexe car il y a de fortes chances que l’auteur ait employé des mots et des concepts différents pour exposer ses idées. La responsabilité vous revient donc d’établir les termes. Plutôt que d’utiliser le langage de l’auteur, vous devez utiliser le vôtre. En bref, vous vous livrez à un exercice de traduction et de synthèse.
  • Définir les enjeux – Si vous avez posé une question claire à laquelle peuvent être apportées plusieurs réponses alors un enjeu vient d’être soulevé. Opposer les réponses, que vous avez désormais traduites dans vos propres mots, doit se faire dans un certain ordre en relation les unes avec les autres. Comprendre les perspectives multiples d’un problème vous aide à former une opinion intelligente.
  • Analyser la discussion – Il est présomptueux de s’attendre à trouver une vérité absolue et indéniable en guise de réponse à nos questions. Notre réponse est la résultante d’un conflit entre des réponses qui s’opposent. La valeur réside dans la discussion que vous avez avec ces auteurs. Et vous êtes désormais en mesure de vous forger une opinion éclairée.

Devenir un lecteur exigeant

Lire ne consiste pas uniquement à prendre l’information mais surtout à poser les bonnes questions dans le bon ordre et à chercher des réponses.

Il y a 4 questions cruciales que vous devez vous poser à la lecture d’un livre :

  1. Quel est le sujet de ce livre ?
  2. Qu’y est-il écrit dans le détail et comment cela est il écrit ?
  3. Ce livre est-il dans le vrai, ou du moins en partie ?
  4. Qu’en retenir ?

Si vous trouvez que cela représente beaucoup de travail, et bien vous avez raison, c’est le cas. Et la plupart des gens ne le feront pas. C’est justement ce qui va vous permettre de vous distinguer de la majorité.

Retenir ce que vous lisez

Vous l’avez compris, lire un livre et retenir ce que vous lisez demandent un effort bien plus important que ne l’imaginent beaucoup de gens.

Une partie de la réponse vous a été donnée précédemment, mais la question que vous vous posez sans doute à ce stade est :

Comment se fait-il que certaines personnes semblent capables de lire un livre une fois et d’en retenir tous les détails à vie, alors que d’autres semblent avoir du mal à se souvenir ne serait-ce que du titre de l’ouvrage qu’elles ont fini de lire quelques jours plus tôt ?

Comme l’a si bien dit Ralph Waldo Emerson :

« Je ne me souviens pas plus des livres que j’ai lus que des plats que j’ai mangés ; et pourtant, ce sont eux qui ont fait ce que je suis aujourd’hui. »

La réponse est simple mais n’est pas facile.

La question n’est pas de savoir ce que les gens lisent mais plutôt comment ils lisent.

Les lecteurs passifs oublient ce qu’ils lisent en aussi peu de temps qu’il ne leur faut pour les lire. Les lecteurs actifs, au contraire, retiennent l’essentiel de leur lecture.

Il y a une autre différence majeure entre ces 2 types de lecteurs : la quantité de lecture les affecte différemment. Les lecteurs passifs qui lisent beaucoup ne sont pas beaucoup plus avancés que les lecteurs passifs qui lisent peu.

Si vous êtes un lecteur actif, les choses sont néanmoins différentes.

Plus les lecteurs actifs lisent, plus ils s’améliorent. Ils développent une sorte de réseau de modèles mentaux pour retenir les idées essentielles ce qui améliore leur degré de rétention.

Ils apprennent à différencier les bonnes thèses et les bonnes structures des mauvaises. Ils prennent de meilleures décisions car ils savent ce qui permet d’expliquer la manière dont le monde fonctionne. Ils évitent les problèmes inutiles. Plus ils lisent, plus ils deviennent des gens de valeur. Et plus ils lisent, plus ils sont en mesure de savoir où chercher et quoi chercher.

Prenez un moment pour penser aux livres que vous avez étudié à l’école. Le temps a passé depuis, et pourtant la plupart d’entre nous nous souvenons encore très bien de certains d’entre-eux.

Même si les détails ne sont parfois pas très clairs, nous sommes tout de même en mesure de nous souvenir de l’intrigue, des personnages principaux et des thèmes développés par l’auteur.

A l’époque, nous ne nous sommes pas contentés de lire passivement ces livres. Nous les avons lus activement. Nous en avons parlé en cours, lu quelques passages à voix haute, joué quelques scènes ou peut-être même regardé des adaptations cinématographiques.

Pour tirer le meilleur profit de chaque livre que nous lisons, il est vital d’avoir un plan pour enregistrer, réfléchir et mettre en application les conclusions que nous tirons des informations consommées.

Et c’est exactement ce que nous allons voir ensemble dans un instant : mettre au point une stratégie pour tirer le meilleur profit de chaque page lue.

Avant cela, il peut être utile de rappeler certaines choses :

  • La qualité importe plus que la quantité. Si vous ne lisez qu’un livre par semaine tout en l’appréciant et en l’absorbant totalement, vous serez déjà plus avancé que quelqu’un qui a lu la moitié de la bibliothèque sans prêter vraiment attention à ce qu’il lit.
  • La lecture rapide ne sert à rien. La seule manière de lire plus rapidement est en réalité de lire plus. Lire rapidement ne vous permet pas de réfléchir à ce que vous lisez ni d’opérer une quelconque forme de lecture comparative.
  • Les services de résumés de livres passent à côté de ce qui compte vraiment. En tant que tel, lire le résumé d’un livre n’est pas inutile. Cela peut servir à se faire une idée et à décider ou non d’acheter le livre. Mais s’en contenter est une erreur. L’objectif quand vous lisez pour gagner en vitesse est d’acquérir une sorte de registre contenant des faits et des détails. De la nuance en quelque sorte. C’est ainsi que vous comprenez mieux comment les choses se passent.
  • Les applications high tech et les outils ne sont pas nécessaires. Un carnet de notes, des fiches cartonnées et un stylo feront très bien l’affaire. Pour les geeks comme moi, Evernote est parfait et remplit à merveille ces fonctions.
  • Vous n’êtes pas obligé de lire des livres que vous trouvez ennuyeux et encore moins d’en terminer la lecture si vous l’avez déjà commencé.

« A chaque fois que je lisais un bon livre, j’avais le sentiment de lire une sorte de carte, une carte au trésor, et le trésor qui m’était indiqué était en fait moi-même. Mais chaque carte était incomplète, et je ne serais finalement en mesure de localiser le trésor qu’en lisant tous les livres, et ainsi le processus qui consistait à me trouver moi-même serait une sorte de quête sans fin. Et les livres eux-mêmes semblaient refléter cette idée. C’est la raison pour laquelle l’intrigue de chaque livre peut toujours se résumer à une sorte de quête de quelqu’un qui cherche quelque chose. » – Matt Haig, Reasons to stay alive

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Avant de lire

Choisissez vos livres soigneusement

Il n’y a pas de règle figée dans le marbre dès lors qu’il s’agit de choisir un livre. Vous n’êtes pas obligé de lire des bestsellers, des classiques ou des livres dont tout le monde dit du bien. Vous n’êtes plus à l’école et il n’y a plus de liste de lecture imposée.

Le mieux est sans doute de vous concentrer sur une combinaison de livres qui (1) résistent à l’épreuve du temps, (2) piquent votre curiosité ou (3) résonnent avec votre situation actuelle.

Plus nous trouvons un livre intéressant et pertinent, plus nous sommes capables de nous souvenir de son contenu par la suite.

Concernant les livres anciens ou ceux qui ont été traduits, vérifiez d’abord quelle version est considérée comme la meilleure.

Contextualisez l’oeuvre que vous avez entre les mains

Une bonne manière de commencer votre lecture est de faire quelques recherches préliminaires sur le livre qui vous intéresse.

Certains livres n’ont pas du tout la même signification une fois que l’on en sait un peu plus sur la vie de l’auteur.

Pour les livres anciens, essayez de comprendre le contexte historique. Pour les livres écrits dans des pays que vous ne connaissez pas bien, essayez d’en comprendre le contexte culturel.

Voici quelques questions pour vous aider dans vos recherches :

  • Pourquoi l’auteur a t-il écrit cela ?
  • Quel est son parcours ?
  • Qu’a t-il écrit d’autre ?
  • Où ce livre a t-il été écrit ?
  • Quel était le contexte politique, économique et culturel au moment de l’écriture du livre ?
  • Ce livre a t-il été traduit ou réimprimé ?
  • Un événement majeur est-il survenu durant l’écriture du livre (une guerre, une récession, un changement de gouvernement, l’émergence d’une nouvelle technologie, etc.) ?

Sachez pourquoi vous lisez ce livre

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à lire ce livre ? Le divertissement ? Pour comprendre quelque chose ou quelqu’un que vous ne connaissez pas ? Pour être meilleur au travail ? Pour améliorer votre santé ? Pour apprendre une compétence ? Pour créer une entreprise ?

Vous devez avoir une idée précise de ce que vous espérez tirer du livre. Récolter des informations qui vous sont inutiles par rapport à vos objectifs de vie est une perte de temps. Vous ne finirez jamais la lecture du livre si vous tombez dans ce piège-là.

Pendant la lecture

Nous l’avons vu ensemble en partie précédemment, vous vous souviendrez mieux de ce que vous lisez si vous suivez certains principes bien précis pendant que vous lisez.

Prenez des notes

Prendre des notes est sans doute le meilleur moyen de vous souvenir de ce que vous lisez.

La meilleure stratégie de prise de note, c’est tout simplement celle qui marche pour vous et qu’il vous est facile de mettre en oeuvre.

Vous devez créer votre propre système. Certaines personnes préfèrent prendre leurs notes sur des fiches cartonnées ou sur un carnet séparé ; d’autres préfèrent utiliser un système digital. Les notes sont particulièrement utiles si vous écrivez de manière régulière, bien que les notes puissent être utiles à tout le monde.

Dans son livre The 3 Secrets That Help Me Write and Think, Robert Greene décrit son processus de prise de notes de cette manière :

« Quand je lis un livre, je suis à la recherche des éléments essentiels qui peuvent être utilisés pour créer des stratégies et des histoires qui apparaitront dans mes livres. Lorsque je lis un livre, je souligne les passages importants, les sections et je prends des notes sur le côté. Une fois que j’ai fini de lire le livre, je le mets de côté pendant au moins une semaine et je réfléchis profondément aux leçons et aux histoires clés qui peuvent être utilisées pour mon projet de livre. J’y reviens ensuite et j’écris ces sections importantes sur des fiches cartonnées. »

Restez concentré

Prenez la décision que le temps que vous allez consacrer à la lecture sera un temps au cours duquel vous vous concentrerez sur le livre et sur rien d’autre.

Pas de surf sur internet et sur les réseaux sociaux. Pas d’emails. Pas de téléphone portable. Pas de télévision. Pas de regard perdu dans le vague à rêvasser.

Comprendre et absorber le contenu d’un livre requiert une concentration maximale en particulier si le sujet du livre est dense et complexe.

Souvenez-vous que notre objectif ici est de pratiquer la lecture active. Lire un livre activement demande d’être concentré et d’engager une véritable « conversation silencieuse » avec l’auteur.

Dans son livre The Shallows : What the Internet is Doing to Our Brains, Nicholas Carr écrit :

« Durant ces espaces silencieux ouverts par la lecture prolongée et consciencieuse d’un livre, les gens faisaient leurs propres associations, tiraient leurs propres conclusions et se forgeaient leurs propres idées. Ils pensaient profondément car ils lisaient profondément. »

Si vous avez du mal à rester concentré sur un livre particulièrement difficile ou long, prenez la décision d’en lire que 25 pages par jour. Cela ne prend que quelques minutes de se replonger dans un texte stimulant.

Terminer la lecture d’un livre de cette manière peut certes vous prendre plusieurs mois, mais au moins vous aurez la satisfaction de l’avoir lu en intégralité sans vous sentir débordé ni ennuyé.

Gardez des modèle mentaux à l’esprit

Les modèles mentaux nous permettent de mieux comprendre et de mieux résumer des livres. Nous pouvons les utiliser de différentes manières dont voici quelques exemples :

  • Le principe de Pareto : Quelles parties de ce livre sont particulièrement importantes et contiennent les informations les plus précieuses ? Si je devais supprimer 80% des mots de ce livre, quels sont les 20% que je déciderais de conserver ?
  • Le biais de confirmation : Quelles parties du livre suis-je en train d’ignorer ? Ce livre confirme t-il ce que je pense déjà ? Si tel est le cas, confirme t-il mon opinion ou suis-je seulement en train de voir ce que je veux bien voir ? Si vous ne voyez pas un seul point sur lequel vous êtes en désaccord dans le livre, le biais de confirmation est sûrement en train de perturber votre raisonnement.
  • Mise à jour bayésienne : Quelles opinions devrais-je modifier à la lecture de ce livre ? Comment puis-je faire évoluer ma vision du monde en utilisant l’information présente dans le livre ? Gardez à l’esprit les mots de John Maynard Keynes : « Lorsque les faits changent, je change ma manière de penser. Et vous monsieur, que faites-vous ? »
  • Levier : Comment puis-je utiliser les leçons de ce livre pour en tirer un avantage démesuré ? Puis-je utiliser cette nouvelle connaissance pour la mettre en application de manière concrète ?
  • Preuve sociale : Comment la preuve sociale – c’est-à-dire le nombre d’exemplaires vendus, le statut de bestseller, l’opinion des autres – affecte t-elle ma perception du livre ? L’auteur du livre utilise t-il la preuve sociale pour manipuler les lecteurs ? Il n’est pas inhabituel de voir certains auteurs acheter leur succès pour se retrouver sur la liste des bestsellers ce qui leur procure de la preuve sociale et permet de faire décoller les ventes. C’est ainsi que certains livres bien que médiocres deviennent finalement populaires.

Arrêtez de lire un livre si vous vous ennuyez

En règle générale, les gens qui aiment la lecture ne terminent jamais un livre qui ne leur plait pas.

Comme l’a écrit Schopenhauer :

« Il est impossible de lire trop peu d’un mauvais livre ou trop d’un bon livre : les mauvais livres sont des poisons intellectuels, ils détruisent l’esprit. »

La vie est bien trop courte pour perdre son temps à finir un mauvais livre.

Nancy Pearl – une bibliothécaire américaine auteur de bestsellers et critique littéraire – parle de la règle des 50. C’est une règle toute bête qui consiste à lire les 50 premières pages d’un livre et de décider ensuite si cela vaut la peine d’en terminer la lecture ou non.

Après la lecture

La plupart des gens pensent que consommer de l’information revient à apprendre de l’information. C’est une idée bancale et dangereuse.

Le processus de base de l’apprentissage consiste à réfléchir et à obtenir un feedback. Nous apprenons de nouvelles idées – à travers les expériences que nous avons ou que d’autres ont – qui restent incontestées tant que nous n’avons pas pris le temps d’y réfléchir.

Si vous lisez quelque chose sans prendre le temps d’y réfléchir, alors vos conclusions seront sans aucun doute fragiles.

La technique Feynman

C’est une méthode qui a été inventée par le prix Nobel de Physique Richard Feynman. Vous pouvez la voir comme une sorte d’algorithme qui vous garantit l’apprentissage.

Il y a 4 étapes majeures à respecter : choisir un concept, l’enseigner à un enfant (ou un novice), identifier les trous et revenir aux sources, revoir et simplifier encore.

Réfléchissez à ce que vous pouvez mettre en application

Vous avez terminé la lecture de votre livre. Et maintenant ? Comment pouvez-vous utiliser ce que vous venez d’apprendre ?

Ne reprenez pas le cours de votre vie en vous contentant d’un vague dialogue intérieur dans lequel vous vous dites que ce serait bien de mettre en application ce que l’auteur a écrit. Prenez le temps de faire un plan et de décider comment vous allez appliquer les leçons clés du livre.

Vous contenter de lire ne suffit pas. Vous avez besoin de contextualiser votre connaissance. Quand cela fonctionne t-il ? Quand cela ne fonctionne t-il pas ? Quand puis-je le mettre en application ? Quelles sont les variables clés ?

Autant de questions dont la liste n’est bien sûr pas exhaustive. Si vous pouvez sélectionner quelque chose que vous venez d’apprendre et le mettre en application immédiatement, cela renforcera votre apprentissage et ajoutera du contexte et du sens.

Enseignez ce que vous avez appris

Enseigner aux autres est une manière puissante d’ancrer de l’information dans votre esprit. Cela fait partie intégrante de la technique Feynman.

Une fois que vous avez terminé la lecture d’un livre, prenez la personne volontaire la plus proche de vous et racontez lui ce que vous venez d’apprendre.

Il vous faudra expliquer ou reformuler le jargon, décrire pourquoi cette information a du sens, et lui faire comprendre la logique de l’auteur. Cela peut vous paraitre simple. Mais une fois que vous aurez essayé, vous vous rendrez compte que cela n’est pas facile.

Si vous ne trouvez personne intéressé autour de vous, alors faites le seul. Et si cela ne fonctionne pas (ou si vous avez peur d’être pris pour un fou), publiez un résumé du livre sur un blog ou une revue sur Amazon. Peu importe le moyen pourvu qu’il s’y trouve des gens susceptibles d’être intéressés par ce que vous écrivez.

Comme l’a écrit Schopenhauer :

« Lorsque nous lisons, une autre personne pense pour nous : nous ne faisons que répéter son processus mental. »

Pour échapper à cela, vous devez réfléchir à ce qui est écrit et élaborer votre propre vision des choses.

Cataloguez vos notes

Il existe mille et une manières d’organiser vos notes – par livre, par auteur, par sujet, par période. Peu importe le système que vous choisissez pourvu que ce dernier vous permette de retrouver facilement vos notes par la suite.

Constituer un catalogue de tout ce que vous apprenez revient à vous créer une ressource inestimable qui peut être consultée chaque fois que vous avez besoin d’une idée, d’une inspiration ou d’une confirmation.

Avec le temps, vous allez vous constituer une sorte de banque de sagesse à laquelle vous pourrez vous référer en période de crise, d’incertitude ou de besoin. Difficile d’évaluer à quel point cela peut vous être précieux.

Différentes options s’offrent à vous pour cataloguer vos notes y compris :

  • Un classeur de fiches cartonnées, idéalement organisé par sujet, auteur, ou date de lecture. Les fiches cartonnées peuvent être déplacées au besoin.
  • Un cahier de notes tout simple organisé de la même manière que précédemment.
  • Un système digital comme Evernote, OneNote ou encore plus basiquement Word. Les systèmes digitaux ont l’avantage de faciliter vos recherches, par exemple par mots clés, ce qui représente un gain de temps parfois considérable.

N’oubliez pas de prévoir une plage horaire dans votre emploi du temps pour lire et revoir les notes que vous avez prises lors de vos lectures précédentes.

Relisez le livre (si nécessaire)

Les grands livres devraient être lus plus d’une fois. Bien que cela puisse être considéré comme une perte de temps étant donné le nombre d’autres livres à lire, c’est une vision des choses qui ne prend pas en compte le processus d’apprentissage.

Le meilleur moment pour relire un bon livre se situe… juste après la première lecture de ce dernier !

L’objectif – encore une fois – n’est pas de lire autant de livres que possible. L’objectif est de gagner en sagesse autant que possible. La qualité prime sur la quantité.

Relire les livres qui comptent est d’une importance cruciale si nous voulons nous souvenir de leurs contenus les plus précieux. La répétition est cruciale pour construire vos souvenirs.

Comme l’a écrit Sénèque en son temps :

« Vous devriez étendre le temps que vous passez avec les écrivains dont le génie est reconnu, vous nourrissant constamment d’eux si vous souhaitez retirer quoi que ce soit de votre lecture qui trouve ensuite sa place dans votre esprit. »

Il n’y a peut-être pas de plus belle manière de finir cet article qu’avec ces quelques mots de Thoreau :

« Les livres sont le trésor du monde et le véritable héritage des générations passées et des nations. Les livres, les plus anciens et les meilleurs, trônent naturellement et de plein droit sur les étagères de chaque foyer. Ils n’ont pas à plaider leur cause, mais tant qu’ils éclairent et nourrissent le lecteur, son bon sens ne les refusera jamais. Leurs auteurs forment une aristocratie naturelle et irrésistible dans chaque société, et, bien plus que les rois et les empereurs, exercent leur influence sur le genre humain. »

Si vous avez aimé cet article et que vous souhaitez aller plus loin, inscrivez-vous au Séminaire de l’EFP et bénéficiez de +2h de vidéos qui vont vous aider à gagner votre indépendance financière. C’est gratuit et garanti sans spam. Il vous suffit de vous inscrire en cliquant ici…

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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