Happy Money

happy money

Caractéristiques

Traduction : L’argent heureux. La science de la dépense intelligente.

Version papier : 224 pages

Temps de lecture estimé : 5 heures

Achat du livre : cliquer ici

Version audio

Téléchargement de la version audio : cliquer ici

A propos des auteurs

Elizabeth Dunn est titulaire d’un Ph.D. en psychologie sociale et Assistant Professor à l’université de British Columbia.

Vous pouvez visionner sa conférence Pop ! Tech en cliquant ici.

Michael Norton est professeur à la Harvard Business School.

Introduction

Happy Money est le fruit de recherches assidues menées par les 2 auteurs sur la thématique de la dépense.

L’objectif est de déterminer s’il est possible ou non de dépenser son argent de manière à nous rendre plus heureux.

En effet, les études les plus récentes montrent qu’une augmentation de richesse ne signifie pas nécessairement une augmentation du bonheur comme beaucoup de gens pourraient s’y attendre.

Ainsi, une étude menée sur le sol américain a montré que les participants s’attendent à être deux fois plus heureux si leur salaire passe de 25000 à 55000 dollars.

Mais les données récoltées ont prouvé que l’augmentation du degré de satisfaction était de seulement 9% en comparaison des personnes qui touchent 25000 dollars.

Aussi surprenant que celui puisse paraître, l’augmentation du niveau de vie dans le monde n’a finalement que peu d’influence sur le fait que les gens sourient ou non.

Aux Etats-Unis, une fois que les gens atteignent la barre symbolique des 75000 dollars de revenus annuels, gagner plus d’argent n’a aucun impact sur leur sentiment de bonheur quotidien.

L’objectif du livre est donc de suggérer que plutôt que d’essayer de gagner encore et toujours plus d’argent, vous avez tout intérêt à utiliser l’argent que vous gagnez déjà pour augmenter votre sentiment de bonheur.

Pour cela, les 2 auteurs proposent 5 principes clés à suivre pour créer les conditions favorables à l’augmentation du bien-être quotidien.

Ces 5 principes clés sont :

  • Acheter des expériences. La plupart des américains décrivent l’accès à la propriété comme une composante essentielle du rêve américain. Mais les recherches les plus récentes en matière de bonheur suggèrent qu’être propriétaire ne rend pas plus heureux. Les biens matériels se révèlent être bien moins efficaces que les achats d’expérience (comme les voyages, les concerts et les repas originaux).
  • Cultiver les petits plaisirs. Une grande partie des londoniens n’a jamais visité Big Ben. Pourquoi ? Parce que lorsque quelque chose d’agréable est disponible en permanence, nous sommes tout simplement moins enclins à l’apprécier. Limiter volontairement notre accès aux choses que nous adorons est une manière de restaurer notre capacité à les apprécier.
  • Acheter du temps. En nous autorisant à externaliser les tâches les plus ingrates de notre quotidien, l’argent peut véritablement transformer la manière dont nous utilisons notre temps et ainsi nous libérer pour suivre nos passions. En se focalisant sur l’achat de temps, il est possible d’augmenter considérablement son sentiment de bien-être quotidien.
  • Acheter maintenant, consommer plus tard. A l’âge de l’ipad, les produits sont disponibles instantanément et l’utilisation des cartes de crédit par la majorité de la population nous a conduit à adopter des habitudes de consommation qui consiste à consommer d’abord et à payer plus tard. Malheureusement, agir de la sorte n’est pas la meilleure manière d’atteindre le bonheur.
  • Investir dans les autres. En mars 2010, Warren Buffett décida de faire don de 99% de sa fortune personnelle et déclara : « cela est sans doute l’une des meilleures décisions de toute ma vie ». En effet, la recherche démontre que dépenser son argent pour les autres nous procure davantage de satisfaction que de le dépenser pour nous-même. Cela pourrait même avoir des répercutions sur la manière dont nous percevons notre forme et notre richesse personnelle.

Acheter des expériences

L’une des révélations les plus intéressantes du livre concerne l’accès à la propriété. Si ce rêve fait partie intégrante du rêve américain et des aspirations les plus fortes de nos concitoyens, les études montrent qu’en moyenne les propriétaires ne sont pas plus heureux que les locataires. Et ce, indépendamment de notre appartenance à telle ou telle catégorie sociale.

En réalité, ce sont les dépenses tournées vers les expériences qui sont le plus susceptibles d’augmenter notre sentiment de bien-être. La plupart du temps, ces dernières sont perçues comme de l’argent bien dépensé. Ainsi, les dépenses de loisirs telles que les voyages, le cinéma ou l’abonnement à un club de sport sont les plus susceptibles d’apporter leur lot de satisfaction. Les personnes qui disent allouer la part de leur budget mensuel la plus importante en loisirs sont celles qui éprouvent le plus de satisfaction dans leur vie de tous les jours.

La recherche montre également que les expériences nous procurent davantage de bonheur que les biens matériels en partie parce que ces dernières nous permettent de nous sentir connectés aux autres. Les expériences ne font pas que nous distraire, elles sont également l’occasion d’ajouter des épisodes à nos histoires de vie.

Un point caractéristique des expériences est l’intensité de leur rapport au temps.

Ainsi, un sentiment tel que la nostalgie – lorsqu’il est éprouvé en souvenir d’une expérience de vie passée – permettrait de redonner du sens à notre vie et constituerait un rempart de poids contre le mal-être, la perte de vitalité et permettrait de réduire le stress.

Autre détail d’importance, comme le souligne Sénèque en son temps : « les épreuves que nous traversons se transforment en souvenirs plaisants ». Et il semblerait en effet que même les expériences de vie les plus désagréables aient la faculté de s’embellir lorsqu’elles sont prises dans le kaléidoscope de notre mémoire.

Parce qu’elles sont bien souvent difficilement comparables, les expériences de vie semblent nous immuniser contre l’émotion pernicieuse qu’est le regret.

Lorsqu’on se penche sur les causes du bien-être, on se rend compte que l’une des principales barrières est la comparaison. Fort heureusement, cette tendance se limite principalement aux biens matériels que nous possédons. Même les expériences les plus courtes et les plus simples, restent relativement immunisées contre les effets pervers d’alternatives plus séduisantes.

Pourtant, la différence entre l’achat matériel et l’achat d’expérience n’est pas aussi claire qu’il n’y paraît. Ainsi, l’achat d’un livre peut aussi bien être vécu comme un achat matériel que comme une nouvelle expérience de vie hors du commun. Tout dépend de la tendance d’esprit qui est la notre au moment de l’achat et de la lecture. Le sentiment de regret est donc moins fort lorsque l’achat d’un bien matériel est perçu comme une expérience.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les entreprises tentent aujourd’hui de rendre leurs produits plus expérientiels. La singularité de l’expérience rend la comparaison extrêmement difficile.

Dans ces conditions, il paraît naturel de se demander comment faire en sorte de réussir au mieux ses expériences. Les 2 auteurs identifient ainsi 4 facteurs clés de succès :

  • L’expérience doit réunir plusieurs personnes tout en forgeant un sentiment de connexion sociale.
  • L’expérience doit pouvoir se transformer en souvenir marquant que l’on se plaira à raconter plusieurs années plus tard.
  • L’expérience est étroitement liée à notre sentiment d’identité ou à la personne que nous souhaitons devenir.
  • L’expérience nous procure une opportunité unique, évinçant par la même occasion la possibilité de la comparer avec d’autres options.

Ce qui est particulièrement remarquable, c’est que la longueur de l’expérience a très peu d’impact sur le plaisir que nous éprouvons lorsque nous nous remémorons son souvenir.

Enfin, alors que la satisfaction liée à l’achat matériel a tendance à décroitre avec le temps, c’est exactement l’inverse qui se produit dans le cas d’un achat d’expérience. Plus le temps passe, et plus la satisfaction liée à l’achat de l’expérience augmente.

Cultiver les petits plaisirs

La plupart d’entre nous sommes suffisamment chanceux pour vivre dans des sociétés où le chocolat est en vente dans n’importe quel supermarché, station service ou cinéma. Pourtant, cette abondance semble saper le plaisir que nous éprouvons à en manger.

Il s’agit là d’une des tristes réalités de l’expérience humaine. En général, plus nous sommes exposés à quelque chose, plus son impact sur notre personne diminue.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la plupart des commerciaux attirent notre attention sur les gadgets qui améliorent notre plaisir de conduire lorsque nous essayons notre prochaine voiture. La nouveauté centralise notre attention et réveille nos émotions. Mais une fois que l’on est habitué à cette nouveauté, même une superbe Ferrari n’est pas en mesure d’entretenir un plaisir équivalent à celui de l’achat.

Une étude surprenante menée sur des travailleurs belges révèle d’ailleurs que plus les individus s’enrichissent, plus ils éprouvent des difficultés à apprécier les petits plaisirs de la vie. Ils sont ainsi moins nombreux que leurs pairs à faire une pause lors d’une randonnée pour apprécier une jolie cascade ou à rester dans le moment présent pendant un week-end romantique.

Cette étude a le mérite d’expliquer en grande partie pourquoi l’augmentation des revenus n’est pas en mesure d’augmenter proportionnellement notre sentiment de bonheur. Au moment même où l’argent nous donne accès à un nombre croissant de ressources nouvelles, le fait de savoir que nous y avons désormais accès sape notre faculté à apprécier ce privilège.

Le plus surprenant est que la plupart d’entre nous avons conscience de ces phénomènes. Si nous comprenons parfaitement que l’achat matériel verra notre satisfaction décroitre avec le temps, nous ne mettons pas toujours – loin s’en faut – cette connaissance en pratique au moment de passer à l’achat. Cela s’explique très certainement par le fait que l’achat est avant tout un acte émotionnel qui l’emporte sur la connaissance rationnelle.

Les 2 auteurs utilisent une image intéressante pour nous permettre de comprendre ce phénomène de chute de la satisfaction dans le temps.

Comme l’expliquent Shane Frederick et George Loewenstein, notre fonctionnement est à l’opposé de celui d’un thermomètre. Lorsque nous plongeons un thermomètre dans l’eau tiède, le mercure monte automatiquement jusqu’à indiquer la température exacte de l’eau. Que la pièce dans laquelle ce dernier a été stockée soit plus ou moins chaude n’a aucune importance, le mercure ne conserve aucune mémoire de son état précédent. Les êtres humains et les autres organismes vivants ne fonctionnent pas de cette manière. Si vous plongez votre main dans l’eau, cette dernière vous paraitra chaude si vous venez de rentrer chez vous après une tempête de neige ou froide si vous tentez l’expérience dans un bungalow sur une plage sous les cocotiers. En revanche, si vous laissez votre main dans l’eau pendant un moment, alors l’intensité de la sensation initiale s’estompera progressivement.

C’est ainsi que fonctionne notre système émotionnel, nous rendant hyper sensible au changement. C’est pourquoi comprendre la différence fondamentale entre le thermomètre et notre propre fonctionnement va nous permettre de développer des stratégies de dépense bâties sur mesure pour combattre l’ennui.

L’une des meilleures tactiques pour retrouver du plaisir là où ce dernier commence à disparaître est tout simplement d’arrêter temporairement quelque chose pour restaurer notre capacité à l’apprécier.

Si l’abondance est effectivement l’ennemi de l’appréciation, alors la rareté est sûrement notre meilleure alliée.

Il n’existe pas de preuve tangible que la réduction de la consommation soit la panacée pour augmenter notre bonheur, mais un nombre croissant d’études suggèrent désormais que le fait de modifier de temps à autres nos schémas de consommation peut nous mettre sur le chemin d’un bien-être supérieur pour des dépenses inférieures.

De la même manière, nous sommes plus enclins à apprécier quelque chose lorsque nous savons qu’il ne va pas durer éternellement. Alors que les plus jeunes d’entre nous souhaitent habituellement évoluer dans un environnement d’abondance, la vie d’adulte nous pousse vers un processus de sélection qui nous amène à restreindre le champ de nos connaissances et de nos activités pour un maximum d’émotions positives ressenties.

L’exemple le plus marquant de cette capacité à apprécier la rareté au détriment de l’abondance est sans doute celui des séries télévisées. Les études montrent que nous éprouvons plus de plaisir à regarder notre série préférée à la télévision en suivant cette dernière au rythme imposé par la chaine de télévision plutôt qu’en achetant les dvds de cette dernière pour les regarder en bloc. Les conclusions de ces études vont même encore plus loin : les pauses publicité qui entrecoupent les séries télévisées permettent de restaurer notre plaisir à les regarder. Cela peut paraître surprenant, mais la pause publicité qui nous paraît sur le coup tout à fait désagréable contribue pourtant à maximiser notre plaisir.

Quel que soit le domaine considéré, les pauses (courtes ou longues) ont la faculté de restaurer notre capacité à éprouver du plaisir. Mais il faut pour cela accepter une baisse momentanée de notre plaisir.

Ce qui est vrai dans le cas des séries télévisées l’est également dans le cas des voyages. Les personnes qui voyagent le plus sont également celles qui sont les moins enclines à apprécier leur expérience. Plus une personne a visité de pays, plus elle s’identifie comme voyageur du monde. Mais c’est également cette identification qui sape sa faculté à apprécier les voyages.

Les pauses restent donc le meilleur moyen de restaurer notre capacité à nous enthousiasmer pour ce que nous sommes en train de vivre.

Payer maintenant, consommer ensuite

Les innovations technologiques nous ont encouragé à prendre l’habitude de payer ensuite et de consommer d’abord.

Apple et sa plateforme ITunes par exemple permettent aux consommateurs de télécharger ce qu’ils veulent des livres aux jeux vidéo en passant par les films et la musique. Tout cela contribue à rendre de plus en plus étroit le lien entre le désir et sa satisfaction.

Bien que très pratique, la généralisation de ce schéma de consommation peut s’avérer être extrêmement contreproductive pour notre bonheur. En agissant à l’opposé de cette pratique, vous gagnerez en satisfaction en suivant le principe du « payer maintenant, consommer plus tard ».

En effet, en appliquant ce principe, vous libérez la place pour une période d’entre deux que les deux auteurs appellent la période de « se réjouir » (en référence au verbe français dans le texte). Cette période désigne le temps d’attente entre le paiement et la consommation du bien ou du service qui constitue un supplément de joie gratuit.

Ce supplément de joie semble directement imputable au fonctionnement de l’esprit humain. Les chercheurs estiment en effet que nous expérimentons une sorte de distorsion du temps qui provoque en nous des émotions plus fortes que pour des événements identiques produits dans le passé. Pour illustrer cela, pensez tout simplement à l’excitation de vos enfants (et disons le à la votre…) à l’approche des fêtes de Noël.

Cette faculté de visualisation de l’avenir est d’ailleurs ce qui sépare la personne suicidaire du reste de la population. Une personne en bonne santé psychique est en mesure de générer des pensées positives quant à son avenir si cette dernière se trouve momentanément prise dans une situation négative. Une personne suicidaire n’est malheureusement pas en mesure d’activer cette faculté de visualisation qui est l’une des causes principales de son mal-être.

Une autre raison qui explique pourquoi le principe du « payer d’abord, consommer ensuite » tend à nous rendre plus heureux est que notre imagination a tendance à rendre les choses parfaites dans notre esprit. Comme le soulignent les 2 auteurs : « tout semble parfait lorsque les choses que nous imaginons sont encore lointaines ».

Ce principe s’applique d’ailleurs que la consommation du service soit éloignée dans le temps ou non. Une étude publiée par des chercheurs américains a montré que des étudiants de la University of Southern California éprouvaient davantage de plaisir à jouer à un jeu vidéo s’ils faisaient une pause de quelques minutes avant de jouer pour imaginer à quel point ce moment allait être agréable.

Là encore, si vous souhaitez maximiser le plaisir de votre consommation, il vous faudra appliquer 3 principes clés :

  • Le délai d’attente entre la consommation du service et le paiement doit permettre de visualiser les détails qui permettront de rendre l’expérience d’autant plus agréable une fois vécue,
  • Le délai d’attente vous fait tellement saliver qu’il engendre une augmentation très forte du plaisir une fois le service consommé,
  • L’expérience elle-même va être très brève ce qui permet au délai d’attente de maximiser le plaisir ressenti à imaginer l’expérience vécue.

Compte tenu de ce que nous venons de dire, on pourrait imaginer de faire payer davantage un client dans certains cas pour obtenir un délai d’attente supplémentaire. Néanmoins, cela paraît peu réaliste dans la mesure où la plupart d’entre nous surévaluons le présent lorsque nous prenons notre décision d’achat.

La recherche montre toutefois que l’attente augmente le degré de satisfaction client dans le cas où ce dernier a le sentiment que le travail est en train d’être fait pour lui durant ce laps de temps.

Un autre point à considérer est que le plaisir de la consommation est plus intense lorsque nous n’avons pas à la payer. Séparer le paiement de la consommation est donc une bonne manière d’augmenter le plaisir.

A ce titre, les cartes de crédit représentent une innovation ingénieuse pour inciter les gens à dépenser plus d’argent. Une étude américaine a démontré que des étudiants qui achètent des places pour un événement sportif dépensent en moyenne plus de deux fois la somme envisagée s’ils utilisent une carte de crédit plutôt que du cash.

Si la relation entre le bonheur et l’augmentation du revenu est extrêmement faible, il en est tout autrement de la relation entre le malheur et les dettes. Ainsi les ménages britanniques les plus endettés sont aussi ceux qui déclarent être les moins heureux. L’endettement peut avoir des répercutions très grave sur les couples mariés qui multiplient les conflits sur des sujets allant des rapports sexuels aux beaux-parents.

Payer plus tard et consommer maintenant peut certes augmenter le plaisir immédiat mais les conséquences à long terme peuvent parfois être dramatiques.

Respecter le principe du « payer maintenant et consommer plus tard » est le meilleur moyen de mettre en application les meilleures pratiques en matière d’argent.

Lorsque les gens payent leurs courses en liquide, ils ont naturellement tendance à remplir leurs paniers de fruits et légumes davantage que lorsqu’ils payent par carte bleue. Ils sont ainsi moins enclins à acheter des produits néfastes pour la santé comme les chips ou les sucreries.

Payer d’abord et consommer ensuite se révèle donc être excellent pour notre santé !

Investir dans les autres

Cela peut paraître naïf mais dépenser ne serait-ce qu’un montant d’argent minime pour autrui fait vraiment la différence en matière de bien-être personnel.

Investir son argent dans les autres est un excellent moyen d’augmenter son niveau de bonheur davantage que de consacrer son argent uniquement à ses propres plaisirs.

Là encore, un petit sacrifice est nécessaire : celui de s’appauvrir légèrement dans les faits pour ressentir davantage le sentiment de richesse.

Une étude menée sur plus de 600 foyers américains révèle ainsi que les foyers qui dépensent le plus d’argent dans des activités ayant une véritable vocation sociale sont ceux qui éprouvent le sentiment de satisfaction quotidienne le plus intense.

Les conclusions de l’étude ne s’arrêtent pas aux frontières des Etats-Unis. Entre 2006 et 2008, une étude Gallup menée à une échelle mondiale dans 136 pays différents est parvenue aux mêmes résultats. Dans 120 pays sur 136, les gens qui se montraient les plus généreux en matière de dons étaient aussi ceux qui déclaraient être les plus heureux.

Comme précédemment, certains critères spécifiques doivent cependant être respectés pour que le don apporte son lot de satisfaction. Comprendre ces critères pour bien les appliquer est une belle manière de créer les conditions d’une nouvelle expérience positive.

Les 3 critères sont :

  • Faire en sorte que cela soit un choix fort,
  • Etablir un lien avec les personnes qui bénéficient de notre don,
  • Faire en sorte que cela ait un impact sur la vie de ces gens.

Faire en sorte que cela soit un choix fort revient à faire du don un acte volontaire et décidé préalablement. Les études montrent qu’une personne sollicitée pour un don éprouvera un sentiment de satisfaction inférieur si cette dernière n’a pas le sentiment que la décision vient d’elle.

Il n’y a pas de mystère, mieux nous connaissons les personnes à qui nous faisons don de notre argent, plus notre sentiment de satisfaction augmente. Mais la manière dont nous donnons cet argent est également un critère décisif. Si vous investissez dans les autres en suivant les tenants et les aboutissants de votre don ou de votre investissement, vous créerez un lien avec les gens que vous suivez. Et nous avons vu précédemment que la création de liens forts est une condition sine qua non d’une expérience réussie.

En outre, faire en sorte que les donateurs soient en mesure de suivre l’impact de leur don est un puissant motivateur pour ces personnes. En maximisant les bénéfices émotionnels liés au don, une telle stratégie permet de faire en sorte que les donateurs soient davantage portés à se montrer généreux une nouvelle fois à l’avenir.

Le don et le bonheur s’auto-entretiennent dans une sorte de boucle de rétroaction positive que rien ne peut vraiment remettre en question.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les bénéfices liés au don peuvent également contribuer à l’amélioration de votre santé sur le plan physique. C’est en tous ce que révèle une étude américaine portant sur plus de 1000 participants volontaires.

Conclusion

Maintenant que vous connaissez les critères pour dépenser votre argent en maximisant votre bonheur, il ne vous reste plus qu’à vous pencher sur votre budget mensuel pour allouer comme il se doit l’argent que vous dépensez chaque mois.

Réfléchissez bien avant de vous endetter sur 25 ans pour acquérir votre résidence principale. Si la location vous permet de faire des économies, il pourrait être plus judicieux pour votre bonheur de vivre de nouvelles expériences de vie passionnantes.

Tout est évidemment affaire d’arbitrage et personne ne peut faire le choix pour vous. Une chose est sure : méfiez-vous des idées reçues, elles sont souvent de bien mauvaises conseillères…

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

Article précédent:

Article suivant: