How to Speak Money de John Lanchester

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Caractéristiques

Traduction : Comment Parler « Argent » ?

Version papier : 304 pages

Temps de lecture estimé : 8 heures environ

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Introduction

L’auteur du livre How to Speak Money, John Lanchester, utilise une image forte pour illustrer le besoin impérieux du grand public en matière d’apprentissage du vocabulaire financier.

De la même manière qu’un gigantesque refoulement d’égout pourrait obliger le grand public à comprendre le jargon de la plomberie, la crise de 2008 et l’effondrement du système qu’elle a provoqué, doit pousser les individus à mieux comprendre le langage de la finance.   

En règle générale, les auteurs de dictionnaire cherchent à mettre au point des définitions les plus exhaustives et les plus neutres possible.

Au contraire, Lanchester nous propose une introduction à la pensée économique accompagnée d’un lexique détaillé qui inclut la signification des termes techniques et des traductions des termes jargonneux qui peuvent même décourager les plus éduqués des non spécialistes.

Dès le début du livre, Lanchester nous met en garde contre ses propres biais mais cela ne l’empêche pas de nous fournir des explications fournies sur les termes les plus ésotériques et les images de langage les plus complexes.

How to Speak Money est un livre complet qui comporte plus de 300 définitions et qui sera d’une très grande utilité pour tous les novices en finance et ceux qui découvrent à peine l’envers du décor du monde économique et financier.

Dans ce résumé, vous allez apprendre :

  • Pourquoi vous devriez maitriser le langage de l’argent,
  • Les termes essentiels que vous devez absolument comprendre.

Les 10 Idées Clés

  1. Faire confiance aux experts – en particuliers financiers – rend la vie des gens plus facile jusqu’à ce que la catastrophe se produise.
  2. Connaitre le jargon d’une profession et les termes principaux permet aux gens de participer aux discussions et de se forger leur propre opinion.
  3. La philosophie économique néo-libérale part du principe que les marchés ont la capacité de s’auto-réguler.
  4. La théorie d’efficience des marchés énonce que le prix d’un actif contient toutes les informations relatives à sa valeur et que c’est la raison pour laquelle personne n’est en mesure de faire mieux que le marché.
  5. La titrisation consiste à rendre un actif facilement échangeable/négociable sur un marché.
  6. Le cours des instruments financiers dérivés provient de la valeur des actifs sous-jacents mais n’a pas de connexion directe avec eux.
  7. Les grandes banques ont des ratios de fonds propres très bas et de ce fait des marges de sécurité très faibles.
  8. Le système du « shadow banking » désigne des institutions qui fournissent des services bancaires hors du champ d’activité traditionnel des banques de dépôt classiques.
  9. Le Quantitative Easing est une action gouvernementale qui consiste à racheter de la dette avec de l’argent créé ex nihilo.
  10. Les taux d’intérêt sont représentatifs d’une grande partie de l’activité économique.

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Résumé complet

Le langage de l’argent

Le langage est un outil de communication essentiel dans tous les domaines de la vie.

Quel que soit le domaine d’activité, les experts utilisent un vocabulaire particulier à des fins d’exactitude et d’efficacité.

Par exemple, cela n’intéresse pas grand monde de savoir pourquoi un plombier utilise tel outil plutôt qu’un autre pour réparer une fuite.

Le problème, c’est que le jargon peut parfois être utilisé pour exclure intentionnellement du champ de compréhension les personnes qui ne font pas partie du milieu concerné. C’est ce qui arrive parfois lorsque certains experts cherchent à protéger leur statut.

Mais les mots et les phrases peuvent aussi être représentatifs d’une vision du monde. Par exemple, ils peuvent structurer une société en fonction de croyances sur l’économie du type « la richesse se crée ».

Faire confiance aux experts rend la vie plus facile aux gens jusqu’à ce que la catastrophe se produise. C’est la raison pour laquelle il est absolument essentiel d’apprendre le langage financier afin de se protéger contre les futures crises systémiques qui ne manqueront pas de se produire à l’avenir.

Les gens ont besoin d’améliorer leur connaissance du monde économique et financier afin de prendre des décisions informées concernant la gestion de leur argent et de gagner en liberté tout court.

Le monde économique et financier – et donc celui de l’argent – a développé son propre vocabulaire, des mots avec un sens particulier, des termes spécifiques pour désigner des concepts complexes et des métaphores.

Pour prendre une comparaison similaire, c’est exactement le même processus qui s’est mis en place dans le monde du vin, où les experts utilisent un vocabulaire bien précis pour décrire les caractéristiques du goût de différentes variétés de raisin.

La maitrise du vocabulaire d’un certain langage comme le langage du vin exclut nécessairement les gens qui ne comprennent pas les nuances décrites qui apparaissent pourtant claires aux yeux des gens du milieu.

Mais ce constat n’est pas irrémédiable. Les gens peuvent apprendre ces différentes notions en se formant auprès d’experts du milieu ou en agissant par eux-mêmes tout en s’entourant d’experts disposés à leur transmettre leur savoir.

La maitrise du vocabulaire d’un milieu spécifique permet aux participants de participer à des discussions spécialisées sans pour autant émettre des jugements de valeur même lorsque ces derniers sont en désaccord.

Il faut ajouter à cela que vous avez besoin de la connaissance – et des mots pour l’exprimer et la transmettre – pour valider vos propres jugements de valeur.

Bien que le vocabulaire lié au monde de l’argent soit neutre en terme de valeur, la terminologie peut aider les gens à se faire une opinion sur certains domaines concernés.

Il ne faut pas oublier que l’économie a débuté comme une branche de la philosophie morale. Mais au fur et à mesure de son développement comme discipline à part entière, cette dernière a fini par suivre la même progression que les sciences fondamentales comme la physique dans le sillage des absolus mathématiques et des lois scientifiques.

Dans certains cas, cependant, la pensée institutionnalisée par des économistes qui assènent leurs certitudes sur les mécanismes économiques a pu conduire à des dérives sur la manière d’envisager le fonctionnement des marchés et des sociétés.

Ce type de vision n’est rien d’autre qu’un jugement moral déguisé.

Comme l’a écrit l’économiste Anatole Kaletsky dans le London Times du 4 Avril 2013 :

« Toutes les grandes questions de l’économie restent en suspens. »

La discussion est certes encore ouverte mais ce qui est sûr, c’est que vous avez besoin de comprendre le langage du monde économique et financier pour y survivre financièrement.

Voici un aperçu des mots et phrases que vous devez absolument maitriser pour parvenir à vos fins.

Les marchés efficients

La philosophie néo-libérale énonce que le bien public est la résultante du fait de placer l’individu en premier en tant qu’entité morale.

Ce code éthique s’est répandu dans les années 1980 au Royaume-Uni avec Margaret Thatcher et aux Etats-Unis avec Ronald Reagan et cela est devenu la base de l’organisation des sociétés et des économies modernes au bénéfice de l’individu.

Au niveau pratique, cela a conduit à la mise en place de politiques qui favorisent les inégalités de revenus, le libre échange, les syndicats, la privatisation des services publics, la déréglementation, les dépenses publiques et le soutien des créateurs de richesse.

Le tout en se basant sur l’idée que la richesse créée bénéficie ensuite à l’ensemble des acteurs économiques et sur le dogme que le marché a toujours raison et peut s’auto-réguler lui-même quelles que soient les circonstances.

La théorie d’efficience des marchés trouve sa source dans la croyance que le marché est capable de s’auto-réguler.

Cette théorie, qui a influencé la plupart des décideurs politiques jusqu’à la crise de 2008, part du principe que lorsque les individus achètent ou vendent des actifs sur le marché, les cours de ces actifs incorporent toute l’information disponible sur leurs risques et rendements potentiels.

Cela signifie en d’autres termes que battre le marché est impossible. Cette théorie explique la stratégie d’investissement de l’arbitrage, le processus par lequel les traders parviennent à tirer profit de petites différences de cours durant la période de temps qui précède un retour à la moyenne.

Cette théorie implique également que les cours n’ont pas de mémoire, ce qui signifie que les mouvements de cours d’un jour donné n’ont pas d’influence sur les mouvements de cours le jour suivant.

Si l’on poursuit jusqu’au bout la logique de cette théorie, la croyance dans l’efficience des marchés implique qu’il ne peut exister de classes d’actifs qui expérimentent des bulles ou des mouvements spéculatifs incontrôlés.

Néanmoins, le succès du trading de momentum qui implique que la direction prise par les cours un jour donné a une influence sur les cours le jour suivant contredit clairement le bienfondé de cette théorie.

Le langage des cycles de hausse et de baisse

L’utilisation répandue de la titrisation dans le secteur financier fut un facteur décisif de la hausse qui a précédé la crise de 2008.

La titrisation consiste à créer un instrument financier que vous pouvez ensuite échanger sur le marché et qui tire sa valeur d’autres actifs financiers que vous ne pouvez pas échanger facilement dans leur forme originale.

Une composante majeure de la crise financière a été la transformation massive des dettes hypothécaires habituellement supportées par les banques locales en actifs « sécurisés » qui représentaient les droits à remboursement sur les quantités pléthoriques de prêts qui avaient été consentis.

Les remboursements des emprunteurs procuraient des rendements aux investisseurs en échange de la détention de ces actifs nouvellement titrisés.

Mais le principal danger de la titrisation est que cela réduit la motivation de l’émetteur en matière de sécurisation des prêts qui se contente ensuite de refiler la patate chaude le plus rapidement possible à un autre institutionnel qui se chargera de prendre le risque à sa place.

Le principe fondamental de la banque – à savoir que vous consentez des emprunts uniquement à des gens qui sont en mesure de les rembourser – disparait avec la titrisation.

La titrisation a tout simplement conduit à une négligence du risque et à une dispersion incontrôlable de ce dernier au sein même du système financier. Les risques ont déstabilisé le système car ils étaient impossibles à évaluer au moment même où la crise de l’immobilier a frappé les Etats-Unis en 2008.

La nature même des produits dérivés a ajouté de la complexité aux innovations liées aux actifs financiers titrisés juste avant la crise. Les valeurs des autres actifs contribuent au cours du produit dérivé mais les instruments financiers réels ne sont pas solidement connectés aux actifs sous jacents.

En outre, 2 parties peuvent créer un échange de dérivés s’ils se mettent d’accord tous les deux sur un contrat, non nécessairement connecté au cours d’un actif réel sous jacent.

A cela s’ajoute le fait que le volume du marché des dérivés peut croitre bien plus rapidement que celui des actifs sous-jacents dont les dérivés tirent leur valeur. C’est ce qui s’est produit avec les actifs d’emprunts titrisés. Les volumes ont amplifié et complexifié le risque lorsque la bulle a éclaté.

Les dérivés sont évidemment utiles dans de nombreux cas, comme celui des fermiers qui ont besoin de réduire l’incertitude en verrouillant les prix de leurs futures récoltes.

Le problème réside surtout dans le fait que le marché des dérivés est devenu un marché hyper spéculatif où la gestion du risque conservatrice est davantage un cas isolé que la règle absolue.

Le CDS (Credit Default Swap) est devenu célèbre pour son rôle dans la crise de 2008. Cet instrument permet à une organisation de faire payer des frais en échange de la garantie qu’un tiers remboursera effectivement un prêt.

Ce qui est assez surprenant, c’est qu’une entreprise peut conclure ce contrat même si elle n’est pas l’organisme qui a consenti le prêt. Cela se rapproche donc in fine davantage d’une forme de spéculation que d’une forme d’assurance.

La conséquence sur les marchés de ce type d’instruments, c’est que cela a tendance à rendre les périodes de hausse plus intenses tout comme les périodes de baisse.

La crise de 2008 est souvent décrite comme une période de credit crunch, c’est à dire une contraction des prêts consentis par les établissements financiers. Alors que le marché immobilier a commencé à se retourner, les faiblesses du système financier ont ainsi été exposées au grand jour.

S’en est alors suivie une période de deleveraging (désendettement) qui correspond à une réduction du ratio dettes sur revenus ou actifs détenus et à un report des nouveaux crédits accordés, le tout sur une échelle massive.

En soi, le désendettement n’est pas mauvais. Cela le devient sur une échelle globale, lorsque tous les acteurs économiques se désendettent au même moment et conduit très souvent à la récession.

Le langage de l’ère post-crise de 2008

Après la débâcle de 2008, les questions sur le rôle des grandes banques dans le système financier et leurs pratiques en matière d’effet de levier ont vu le jour.

Les régulateurs ont mesuré le levier des banques en calculant de combien leurs prêts excédaient le montant total de leurs fonds propres et en convertissant ces résultats en ratio dettes sur fonds propres.

De manière très surprenante, il s’est avéré que les grandes banques avaient des ratios dettes sur capitaux propres assez faibles et disposaient pourtant de faibles marges de sécurité.

Dans les années 2000, les banques opéraient sous les 3% requis par les accords de Bâle III qui faisaient office de réglementation pour l’industrie bancaire.

C’est la raison pour laquelle certaines banques préféraient utiliser un indicateur de mesure de fonds propres spécifique qui permettait d’y ajouter certains types de bénéfices et de dettes à l’actif du bilan et donnait l’impression que les banques étaient plus sûres qu’elles ne l’étaient en réalité.

Les actionnaires des grandes banques ont une responsabilité limitée puisqu’ils ne peuvent pas perdre plus que la valeur des actions qu’ils détiennent.

De plus en plus de voix s’élèvent aujourd’hui pour demander la mise en place d’une structure de détention qui rend les actionnaires responsables de la totalité du risque inhérent à leurs pratiques sur les marchés.

En 2008, les bail-outs entrepris par les gouvernements ont dû faire en sorte de couvrir les pertes subies par les banques sur les marchés pour éviter la faillite du système et ce sont les contribuables qui ont été mis à contribution. Les actionnaires des établissements financiers et leurs dirigeants n’ont pas eu à répondre de leurs actes outre mesure.

Les autres termes à maîtriser

Le shadow banking (banques de l’ombre) est un secteur en pleine croissance au sein du système financier.

Il s’agit de banques et d’institutions qui opèrent de la même manière que les banques traditionnelles mais en dehors de toute forme de régulation.

Le shadow banking qui inclut entre autres les prêteurs hypothécaires a largement contribué au resserrement du crédit au moment de la crise de 2008.

En 2012, la banque d’Angleterre estimait la taille du secteur à plus de 67.000 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB mondial. L’industrie est clairement un sujet de préoccupation pour la réglementation financière dans les années à venir.

Bitcoin (de l’anglais bit : unité d’information binaire et coin « pièce de monnaie ») est une monnaie cryptographique et un système de paiement pair-à-pair inventé par Satoshi Nakamoto, qui annonce l’invention en 2008 et publie le logiciel open-source en 2009.

Son unité de compte est le bitcoin, limitée à 21 millions d’unités et divisible jusqu’à la huitième décimale.

Toutes les transactions sont vérifiées par les nœuds du réseau et enregistrées dans un registre public réputé infalsifiable appelé « blockchain ».

Le système fonctionne sans autorité centrale, ni administrateur unique, mais de manière décentralisée grâce au consensus de l’ensemble des nœuds du réseau. Bitcoin est la plus importante monnaie cryptographique décentralisée avec une capitalisation proche de 25 milliards d’euros en 2017.

Malgré des fluctuations très fortes comme en 2014 où le Bitcoin est passé d’une valeur de 1200 dollars à une valeur de 50 dollars en quelques mois, l’intérêt pour la crypto-monnaie est de plus en plus vif dans le monde de la finance.

Le Quantitative Easing a été la réponse apportée à la crise par les gouvernements. La manière dont fonctionne le QE consiste pour un gouvernement à racheter ses propres obligations avec de l’argent qu’il a précédemment emprunté aux investisseurs.

Cette politique a été mise en place pour doper les économies lorsqu’il n’était plus possible de réduire les taux d’intérêt pour stimuler l’activité économique.

Le principal reproche fait au QE a été que les gouvernements ont racheté leurs propres obligations avec de l’argent créé ex nihilo. En temps normal, créer ainsi de l’argent est un sujet tabou à cause du risque d’inflation que cela fait peser sur l’économie.

Certaines banques centrales comme la Réserve Fédérale Américaine ont introduit une politique de Forward Guidance pour tenter d’apporter de la confiance à l’économie et de rassurer les marchés.

Ces institutions ont tenté de faire en sorte de rendre leurs taux d’intérêt et leur politique de QE plus prévisibles et plus souples afin d’en faire bénéficier les marchés financiers.

Les QE, les bail-outs, l’insuffisance de rentrées fiscales et les dépenses publiques en hausse ont eu pour conséquence d’augmenter les déficits publics et sont venus s’ajouter aux différentes dettes nationales.

Les taux d’intérêt sont une des variables clés pour suivre l’évolution de l’économie et des marchés financiers.

Comprendre le fonctionnement des taux d’intérêt est une composante critique pour se forger une opinion sur les politiques menées par les gouvernements sur des sujets comme les accords commerciaux, l’inflation et l’emploi tout comme il est nécessaire de prendre en charge la gestion de vos finances personnelles en maitrisant des notions comme celles des comptes d’épargne, des différents types d’emprunts et de vos investissements.

Dit simplement, les taux d’intérêt représentent le coût de l’argent à un moment donné. Ils permettent également de mesurer le taux sans risque lorsque vous comparez vos investissements. 

Lorsque les taux d’intérêt sont élevés, le nombre d’emprunteurs qui font défaut a tendance à augmenter et les investissements des entreprises se réduisent.

On considère également que cela augmente le coût des biens manufacturés, ce qui conduit à une baisse des exportations et à une disparition de certaines industries dans la mesure où les entreprises ont tendance à externaliser les fonctions de production et/ou à digitaliser d’autres fonctions.

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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