Il Vous Reste 4 Ans Pour Préparer Votre Retraite

Les régimes de retraite sont déficitaires depuis 2010 et épuiseront leurs réserves en 2017 au plus tard. Alors que nous entrons dans une période cruciale de négociations avec les partenaires sociaux, de nombreux experts sont invités à s’exprimer sur la légitimité du système de retraite par répartition. Et il y a vraiment de quoi s’interroger…

Retraite par répartition : anatomie d’une escroquerie

L’affaire Madoff a eu son utilité en matière d’éducation financière du grand public.

L’arnaque montée par cet ex grand patron du Nasdaq américain, consistait à payer les intérêts des premiers investisseurs ayant apporté leur argent à son fonds avec le capital apporté par les derniers entrés. Avec l’effondrement des marchés financiers en 2008, certains clients ont souhaité retirer leur argent, ce qui a provoqué l’écroulement du système.

Le monde entier (re)découvrait alors, ébahi, la signification concrète de ce que le jargon financier a baptisé « une chaîne de Ponzi » du nom du désormais célèbre escroc Charles Ponzi – véritable pionnier en la matière.

Pour rappel, une chaîne de Ponzi, c’est un montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements effectués par les clients, essentiellement par le biais de fonds procurés par les nouveaux entrants. Le système s’écroule quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients.

Le système de retraite par répartition mis en place en France au sortir de la seconde guerre mondiale n’échappe pas à la règle. Comme toute chaîne de Ponzi, il ne peut fonctionner que dans la mesure où le nombre de cotisants augmente par rapport au nombre de bénéficiaires.

Mis en place dans un contexte inédit de croissance économique et démographique au lendemain du plus grand conflit planétaire jamais enregistré, il est devenu évident que sa pérennité n’est plus assurée. Les temps ont changé depuis bien longtemps, et les pouvoirs publics continuent d’entretenir l’illusion par démagogie et surtout par manque de courage politique.

Le compte à rebours est enclenché

Il ne faut pas se le cacher : la situation est précaire. Les deux régimes de retraite complémentaire ARRCO et AGIRC puisent déjà dans leurs réserves pour assurer le paiement actuel des pensions. On estime que ces réserves seront épuisées en 2017 pour l’AGIRC et 2020 pour l’ARRCO si et seulement si la situation économique demeure stable. Autant dire tout de suite qu’il s’agit là d’un vœu pieux dans un contexte de crise monétaire tel que l’on n’en peut-être jamais connu dans l’histoire moderne de l’occident. Ces 2 dates butoirs n’en sont donc en réalité pas vraiment et la probabilité de voir le système capoter avant 2017 est bien réelle.

« On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont créés »  Albert Einstein

A l’heure actuelle, les partenaires sociaux demeurent incapables d’envisager des solutions qui iraient plus loin que la défense de leurs petits intérêts individuels de court terme. Les solutions proposées sont tragiquement classiques et inefficaces : hausses des cotisations, aménagement des règles de liquidation des droits, etc. Elles illustrent surtout à merveille la citation d’Albert Einstein qui n’a jamais été autant d’actualité : mettre des rustines sur un système vicié dans son mode de fonctionnement même est voué à l’échec.

La retraite par capitalisation : la seule solution

Dans leur ouvrage Futur des retraites et retraites du futur, Jacques Garello et Georges Lane expliquent ainsi très clairement pourquoi les français sont contraints de donner toujours plus et de recevoir toujours moins de la part de ce système. Pour reprendre un exemple éloquent du livre, vous devez savoir que le système de retraite par répartition coûte actuellement 2500 euros par an à une personne touchant le smic. Lorsque cette dernière prendra sa retraite, elle aura perdu 250.000 euros par rapport à ce que lui aurait rapporté une retraite par capitalisation. 250.000 euros !

La retraite par capitalisation fonctionne sur le principe de l’accumulation par le travailleur d’un stock de capital qui servira à financer sa propre pension lorsque ce dernier sera inactif. Contrairement à l’image que l’on s’en fait, la gestion de ce type de retraite conserve tout de même une composante collective : le cadre général peut ainsi être individuel (l’individu gère son capital-retraite) ou collectif (l’Etat ou l’entreprise collecte et gère les sommes épargnées) et le système peut être libre ou en partie obligatoire. Ce type de retraite a ainsi pour objectif d’assurer des revenus à chaque génération. Exit donc une répartition aussi injuste que ruineuse !

Il ne faut pas s’y tromper. Que l’Etat le veuille ou non, il devra y venir. Ce n’est pas un hasard si la plupart des économies développées avancées l’ont déjà mis en place : Suède, Allemagne, Etats-Unis pour ne citer qu’eux. Ce système est le seul qui puisse encore garantir à chacun un niveau de vie décent pour ses vieux jours.

Quel que soit votre âge, vous devez vous y préparer dès aujourd’hui. Ne perdez pas de vue que ce type de système comporte bel et bien un volet de gestion individuelle. Comment ferez-vous si vous n’avez jamais pris en main votre éducation financière ? La retraite par capitalisation implique une responsabilisation de chaque individu vis-à-vis de son argent et de ses finances personnelles. Si le mot ne fait pas plaisir, il a le mérite d’être clair…

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Pour aller plus loin

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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