Indépendance financière : êtes-vous prêt à vider votre tasse ?

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L’indépendance financière est un sujet qui laisse rarement insensible.

D’un côté, l’enthousiasme débordant de certains qui rêvent de se construire un avenir radieux. Qui sont prêts à mettre en oeuvre ce qu’il faut pour l’obtenir. Quitte, parfois, à se montrer trop pressés. Et qui commettent les erreurs qui vont avec le trop plein de précipitation.

L’avantage, c’est qu’ils ont pour eux une réelle motivation et une envie renouvelée d’en apprendre toujours plus.

De l’autre côté, le scepticisme des autres qui pensent tout savoir sur tout. Qui ont cessé depuis longtemps de vouloir en savoir plus. Et qui, refusant systématiquement de comprendre qu’ils doivent faire table rase de leurs préjugés pour avancer, n’avancent plus.

L’avantage, c’est que leurs certitudes ne sont jamais ébranlées et qu’ils ne se remettent jamais en question.

Le problème quand on pense tout savoir sur tout, c’est qu’on s’enferme dans un monde figé qui n’avance plus.

Ou plutôt qu’on fige notre réalité dans un monde qui, lui, continue d’avancer.

Contrairement à ce que pensent 99% des gens, le premier obstacle à l’indépendance financière n’est pas d’ordre financier.

Combien de fois entend-on des gens se plaindre de l’état de leurs finances personnelles qu’ils voient comme un obstacle insurmontable pour gagner leur indépendance financière ?

Combien de fois entend-on qu’il faut être déjà riche pour commencer à investir son argent ?

(Tout en négligeant le fait que tous les millionnaires ne sont pas nés avec une cuillère dans la bouche)…

Combien de fois entend-on que les riches sont forcément malhonnêtes et que l’argent est sale et ne nous intéresse pas ?

(Mais bon, s’ils veulent me le donner leur argent, j’y réfléchirai à deux fois parce que moi évidemment je suis quelqu’un de bien et je le resterai toute ma vie)…

Le premier obstacle à l’indépendance financière est d’ordre psychologique. Il concerne les croyances sur lesquelles vous bâtissez votre vie.

Des croyances qui peuvent parfois vous aider à avancer, lorsqu’elles sont positives et vous aident à vivre la vie que vous souhaitez. En accord avec votre moi profond.

Des croyances qui peuvent parfois vous empêcher d’avancer – comme dans le cas présent – lorsqu’elles sont limitantes et vous poussent à tourner en rond dans votre vie plutôt qu’à aller de l’avant.

Quelqu’un qui se plaint de l’état actuel de ses finances personnelles refuse consciemment ou non de se projeter en partant à la recherche de solutions pour améliorer sa situation.

Son dialogue intérieur est le suivant : « Je n’ai pas d’argent. Je ne vaux rien. Je ne ferai jamais rien de bon pour m’en sortir ».

Evidemment, le manque (avéré) d’argent est une situation très pénible à vivre et on ne peut que se montrer solidaire de ces personnes en souffrance.

Mais l’empathie n’empêche pas de se rendre compte que le dialogue intérieur précédent est dysfonctionnel et qu’il ne les aidera jamais à se sortir de la situation.   

Remettre en cause les croyances négatives précédentes, c’est déjà un grand pas vers la solution.

« Je n’ai pas d’argent » devient alors « Je n’ai pas beaucoup d’argent actuellement »…

« Je ne vaux rien » devient alors « Le manque d’argent n’a rien à voir avec ma valeur personnelle »…

« Je ne ferai jamais rien de bon pour m’en sortir » devient alors « Je vais trouver les ressources nécessaires pour améliorer la situation »…

Et il en va de même avec les autres croyances.

La plupart du temps, le scepticisme qui accompagne les personnes qui considèrent l’indépendance financière comme une chimère inaccessible n’ont pas pris le temps de s’éduquer financièrement. Ou alors, elles l’ont fait. Quelques jours ou quelques semaines. Et se sont arrêtées en chemin pour une raison qui leur appartient.

Un investissement qui s’est mal passé…

Qui les a poussé à croire que « tous les conseillers financiers sont des charlatans » ou « qu’il est rigoureusement impossible de gagner son indépendance financière sans capital de départ » puisque eux n’y sont pas parvenus…

Du vocabulaire trop nébuleux…

Qui les a poussé à se convaincre que l’économie et la finance, c’est pas pour eux. Et plutôt que de faire l’effort de débroussailler cette jungle nouvelle, ils ont décrété qu’il valait mieux rentrer dans le rang. Et laisser la finance aux financiers…

Un manque de confiance dans leurs capacités…

Qui les a poussé à se convaincre à tort qu’ils en savent déjà suffisamment. Et plutôt que d’accepter de regarder les choses telles qu’elles sont vraiment, ils ont préféré surcompenser pour ne pas perdre la face.

L’indépendance financière, ce n’est pas qu’une question d’argent. C’est surtout une question d’attitude. Une manière d’aborder votre vie financière. Et la vie en général.

Car la vraie question que vous devriez vous poser, c’est de savoir si vous êtes prêt à faire de la place dans votre esprit pour vous ouvrir au monde.

Un peu à la manière de ce qu’enseigne ce maître japonais :

Nan-in un maître japonais du XIXème siècle reçut un jour la visite d’un professeur d’université américaine qui désirait s’informer à propos du Zen.

Pendant que Nan-In silencieusement préparait du thé, le professeur étalait à loisir ses propres vues philosophiques.

Lorsque le thé fut prêt, Nan-In se mit à verser le breuvage brûlant dans la tasse du visiteur, tout doucement. L’homme parlait toujours. Et Nan-In continua de verser le thé jusqu’à ce que la tasse déborde.

Alarmé à la vue du thé qui se répandait sur la table, ruinant la cérémonie du thé, le professeur s’exclama : « Mais la tasse est pleine! … Elle n’en contiendra pas plus ! »

Tranquillement, Nan-In répondit: « Comme cette tasse, vous êtes trop plein de vos propres opinions et spéculations. Comment pourrais-je vous montrer le Zen si vous ne commencez pas par vider votre tasse ? »

Alors, prêt à vider à votre tasse ?

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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