Investisseurs : pourquoi vous devriez appliquer les règles du Monopoly (dans la vraie vie)

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[Article mis à jour et corrigé par rapport à sa version initiale. Merci à Adrien pour son aide précieuse. Article explicatif à suivre prochainement…]

Imaginez. Nous sommes en avril 2007. Vous êtes un nouvel investisseur qui a décidé de franchir le pas et de s’aventurer sur les marchés financiers.

Vous vous êtes (un peu) préparé, vous avez posé des questions autour de vous et vous êtes parvenu à la conclusion suivante : pour débuter, mieux vaut ne pas prendre trop de risques et acheter un tracker qui réplique la performance du CAC 40.

Votre choix se porte tout naturellement sur un tracker capitalisant qui réplique fidèlement la performance du CAC 40 Gross Return (GR).

En agissant ainsi, vous vous montrez prudent : après tout, si l’indice phare de la bourse de Paris se casse la figure, vous n’y pourrez rien.

Personne n’a de boule de cristal et ce ne sont sûrement pas les gérants de fonds dont 75% d’entre-eux font moins bien que leur indice de référence qui oseront dire le contraire.

Et puis, l’avantage est indéniable : vous évitez de vous tromper en misant sur le mauvais cheval. En investissant votre argent sur un panel représentatif de l’ensemble du marché, vous diluez le risque.

Vous en êtes convaincu : vous ne pouvez pas mieux diversifier votre investissement sur le marché français. 

Plutôt satisfait, vous dormez sur vos 2 oreilles pendant de longues semaines jusqu’au jour où la catastrophe se produit : la bourse de Paris dévisse de plus de 9%* en une seule journée de cotation.

Déboussolé, vous ne savez pas trop quoi faire. Vous vous doutiez que cela arriverait sûrement un jour, mais vous n’aviez pas vraiment réfléchi à votre stratégie de sortie.

Vous repensez à ce que vous avez lu dans la presse financière au sujet des « ventes paniques » et vous vous dites que vous devez absolument éviter de tomber dans le piège. Comme le dit l’adage : « pas vendu, pas perdu ».

Alors vous tenez bon et vous ne vendez pas. Le CAC continue sa dégringolade et à la fin de l’année vous faites le bilan : vous êtes à – 42%* sur votre portefeuille boursier.

(*Petite précision : les chiffres indiqués font référence à la performance réelle du CAC 40 GR sur l’année 2008)…

8 ans plus tard…

Nous sommes en janvier 2015. 8 longues années se sont écoulées depuis vos premiers pas sur les marchés. Marqué par votre première crise boursière, vous ne vous êtes plus trop intéressé à ce qui se passait sur les marchés. Trop douloureux.

Dans un sursaut d’orgueil, vous décidez qu’il est temps d’affronter la vérité en face. Et puis 8 ans, c’est du long terme. Il n’y a pas de raison que le CAC 40 n’ait pas retrouvé une meilleure santé.

Vous avisez votre écran d’ordinateur et le couperet tombe enfin : le CAC 40 GR est revenu sur les 10.000 points. Vous aviez acheté votre tracker avec un CAC 40 GR aux alentours des 10.000.

Vous respirez mieux. Vous n’avez pas perdu d’argent. Soulagé, vous décidez qu’il est temps de passer à autre chose et vous vendez. 

(En dépit de la tendance haussière qui permettra au CAC 40 GR d’accrocher les 12.000 points quelques mois plus tard. Car après tout, vous n’avez pas de boule de cristal…)

Bilan de votre aventure boursière : gain nul après 8 années de détention.

Vous vous dites que le bilan n’a rien d’affamant pour quelqu’un qui n’y connaissait rien mais vous vous demandez vraiment comment font les professionnels de la finance pour gagner de l’argent en bourse en suivant leurs propres conseils…

Le problème avec la diversification, c’est qu’elle ne prend pas en compte le risque de marché.

Vous pouvez bien choisir d’investir dans 50, 100 ou 500 titres différents, si le marché plonge, votre portefeuille plonge et vous n’y pouvez rien.

Même l’allocation d’actifs qui consiste à répartir votre argent dans les différentes classes d’actifs ne vous protège plus en totalité : les classes d’actifs évoluent aujourd’hui plus ou moins dans la même direction.

Et dans le meilleur des cas, vous ne gagnez pas d’argent. Ce que vous gagnez d’un côté, vous le perdez de l’autre.

Au final, l’allocation d’actif n’est rien d’autre qu’un jeu à somme nulle.

Une performance positive signifie que votre allocation d’actifs était mal faite : elle penchait davantage du côté d’un actif qui a bien évolué. Tant mieux pour vous.

Une performance négative signifie que votre allocation d’actifs était mal faite : elle penchait davantage du côté d’un actif qui a mal évolué. Tant pis pour vous.

Le problème avec la diversification, c’est que vous ne vous concentrez pas et que vous ne vous spécialisez pas.

C’est un principe qui vous empêche de prendre le contrôle de votre argent et de concentrer vos investissements.

C’est un principe qui présuppose que votre enrichissement dépend en grande partie des fluctuations du marché. 

Au contraire, lorsque vous basez votre stratégie d’investissement sur les flux de trésorerie (« cash flow » en anglais), vous ne dépendez plus des fluctuations des marchés. Vous encaissez des revenus passifs quelle que soit l’évolution des marchés.

Que ce soit en bourse ou dans l’immobilier, les investisseurs qui souffrent le plus des crises sont ceux dont la réussite dépend des fluctuations du marché. 

En agissant ainsi, ils perdent le contrôle de leurs investissements et prient pour que les marchés évoluent dans le sens qu’ils espèrent. Et lorsque la catastrophe survient, ils se retrouvent démunis et prisonniers d’investissements qui leur rappellent des années durant qu’ils ont fait le mauvais choix.

Dans l’exemple précédent, ce qui « sauve » votre capital, ce sont les dividendes bruts réinvestis.

Imaginez l’espace d’un instant que le tracker que vous avez choisi ne soit ni capitalisant ni distribuant. Imaginez que ce soit un tracker dont l’unique objectif est de répliquer la performance nue du CAC 40.

Avec un CAC à 5.600 points en avril 2007 et à 4.600 points en janvier 2015, votre perte brute en capital aurait été de plus de 17%.

Heureusement pour vous, un tel tracker n’existe pas et les dividendes ont joué le rôle d’amortisseur. Suffisant donc pour vous éviter une perte douloureuse mais pas pour vous permettre de vraiment vous enrichir.

Pourtant, l’éducation financière n’a pas besoin d’être complexe pour être efficace. Et il en est de même pour le monde de l’investissement.

Nous avons tous joué au Monopoly au moins une fois dans notre vie lorsque nous étions enfants. Et les adultes que nous sommes devenus seraient parfois bien inspirés de se rappeler la recette du succès pour gagner au jeu.

Au Monopoly, vous achetez des maisons vertes qui vous rapporteront un loyer chaque fois qu’un joueur tombe sur votre emplacement.

L’objectif ultime ? Acheter un hôtel rouge qui vous rapportera encore plus que toutes les maisons vertes cumulées.

Pour gagner au Monopoly, vous devez investir dans l’optique de générer des revenus complémentaires. Pas de fluctuation de marché qui soit : le jeu ne prévoit pas cette possibilité.

Dans la vraie vie, le principe est exactement le même. Peu vous importe finalement les fluctuations de la valeur de vos actifs lorsque vous encaissez des flux de trésorerie croissants et réguliers. 

Bien sûr, investir dans l’optique de générer des revenus complémentaires requiert davantage d’éducation financière que d’investir en « diversifiant le plus possible ». 

C’est un effort que vous décidez de faire dès le départ pour éviter de vivre la même mésaventure que de trop nombreux investisseurs particuliers.

Tôt ou tard, c’est un constat que vous êtes amené à faire.

Espérons que cette prise de conscience ait lieu avant que vous n’ayez perdu 8 longues années de votre vie…

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A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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