L’investisseur intelligent

L'investisseur intelligent

Cette page contient mes notes personnelles sur le livre L’investisseur intelligent de Benjamin Graham. Mon résumé est différent de la plupart des résumés que vous trouverez sur Internet. En effet, plutôt que de suivre la structure du livre, j’ai pris le parti d’en identifier les thèmes et les idées les plus importants et de les examiner. Chaque résumé que vous trouverez sur le site de L’Ecole est structuré en 7 points marquants pour vous permettre d’aller véritablement à l’essentiel. Bonne lecture !

 A propos de Benjamin Graham

Benjamin Graham est le père de l’investissement dans la valeur, un courant d’investissement considéré comme l’un des plus efficaces au monde.

Il est notamment le mentor de Warren Buffett, le multimilliardaire américain.

Ses deux ouvrages phares, L’interprétation des états financiers et L’investisseur intelligent sont considérés comme des références par bon nombre de professionnels de l’investissement. Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site d’investopedia.

Voici les 7 idées clés du livre L’investisseur intelligent

1. Vous ne devez pas confondre investissement et spéculation

La définition de l’investissement donnée par Benjamin Graham est la suivante :

« Une opération d’investissement est de celles qui, après analyse approfondie, promettent une bonne garantie sur le principal ainsi qu’une rentabilité adéquate. Les opérations ne satisfaisant pas à ces critères seront considérées comme spéculatives. » – Benjamin Graham, L’investisseur intelligent

En d’autres termes, l’investissement consiste à acquérir un actif en vue de dégager un revenu régulier lié à la détention de cet actif. La spéculation consiste à acquérir un actif en vue de revendre ce dernier plus tard en ayant à l’esprit un objectif de plus-value à la revente.

L’investisseur qui a en tête cette distinction peut ensuite opter pour 2 stratégies différentes : une stratégie dite « défensive » et une stratégie dite « agressive ».

Un investisseur défensif est, selon Graham, celui qui recherche essentiellement la sécurité dans ses investissements. Il fuit les contraintes et est prêt à se contenter de suivre ses placements de manière passive en accordant sa confiance à des gestionnaires de fonds. Sans surprise, l’investisseur défensif ne peut espérer battre le marché.  L’une des stratégies qui fonctionne le mieux dans ce cadre est celle du dollar-cost averaging. Elle consiste à investir un même montant à intervalles réguliers. L’investisseur défensif se contraint ainsi à acheter plus d’actions quand le marché est bas et moins d’actions quand ce dernier remonte.

Un investisseur agressif cherche à battre le marché et à obtenir des rendements supérieurs à la moyenne. La stratégie de l’investisseur agressif peut être de 3 ordres : faire du trading (acquérir des titres quand le marché progresse et les revendre avant qu’il ne se retourne), sélectionner ses titres en fonction des anticipations d’annonces prochaines de bénéfices à la hausse ou parier sur des titres qui devraient améliorer leur capacité bénéficiaire à l’avenir.

Quelle que soit la stratégie retenue par l’investisseur agressif, ce dernier a toutes les chances de se tromper dans ses estimations car sur le court terme, le marché peut déjà avoir intégré dans les cours les estimations de l’investisseur agressif et sur le long terme, les erreurs d’estimation sont très fréquentes.

2. En tant qu’investisseur, votre ennemi numéro 1 est l’inflation

En période d’inflation, le rendement de la plupart des actifs de nature obligataire se réduit comme peau de chagrin. En effet, lorsque le taux de rendement est fixé par avance et par contrat, ce dernier est insensible à la conjoncture économique. Le rendement d’une obligation non indexée sur l’inflation décroit donc autant que l’inflation progresse.

Dans ce cas de figure, l’investisseur a tout intérêt à porter son choix sur des actions d’entreprises qui disposent d’un pricing power, c’est-à-dire qui sont en mesure d’imposer les prix des biens et services qu’elles proposent à leur marché.

Vous devez cependant vous montrer prudent et sélectionner vos titres avec précaution. L’inflation ne rime pas toujours avec action et le marché boursier ne suit pas toujours la progression du coût de la vie de manière linéaire. La plupart des études sérieuses sur le sujet démontrent d’ailleurs qu’il n’existe aucune corrélation positive entre l’inflation et les résultats des entreprises.

3. Etre un investisseur prudent implique de respecter une certaine allocation d’actifs et une sélection d’actions bien particulière

Au risque de me répéter, vous devez avoir à l’esprit que la recherche de la sécurité et de la tranquillité à tout prix vous procurera un niveau de rentabilité minimum.

La recette du succès en bourse passe par l’acquisition de compétences qui vous permettront de faire des choix forts et mesurés. C’est la raison pour laquelle la rentabilité maximum est celle de l’investisseur entreprenant qui fait preuve de discernement dans ses choix d’investissement.

De manière générale, l’investisseur prudent ne doit jamais posséder plus de 75% d’actions dans son portefeuille boursier ni moins de 25%. Le reste de son portefeuille sera composé d’obligations.

Comme n’importe quel autre type d’investisseur, l’investisseur prudent doit faire en sorte de diversifier ses placements. Selon la taille de son portefeuille boursier, il ne dépassera toutefois pas la vingtaine de lignes. Il sélectionnera des titres d’entreprises qui ont un historique de versement de dividendes continu. Les valeurs de croissance sont – au contraire – déconseillées à l’investisseur défensif : ce sont généralement les valeurs les plus spéculatives sur le marché boursier.

4. Etre un investisseur entreprenant implique de respecter une certaine allocation d’actifs et une sélection d’actions bien particulière

L’investisseur entreprenant doit éviter de nombreux pièges tendus par les marchés financiers. Si vous souhaitez prendre la responsabilité de vos investissements, le bon sens implique que vous privilégiez les actions et obligations de bonne qualité. Le pari qui consiste à miser sur des titres de moins bonne qualité pour un surplus de rendement de l’ordre de 1 à 2% ne semble pas raisonnable.

En matière d’obligations, l’investisseur entreprenant doit accorder toute son attention à la solvabilité de l’émetteur – qu’il soit une entreprise ou un Etat. La crise de la dette actuelle nous rappelle que des Etats comme l’Australie ou la Norvège méritent votre confiance au contraire d’Etats moins scrupuleux dans la gestion de leurs finances publiques.

Il est également conseillé de se méfier des introductions en bourse – cette fois en matière de placement en action. Les introductions en bourse appelées IPO se font au meilleur moment pour l’entreprise qui souhaite lever des fonds, généralement en phase haussière des marchés et à un prix supérieur à ce que l’action vaut réellement. Vous devez donc faire attention à ces opérations qui ressemblent davantage à du marketing qu’à de véritables opportunités d’investissement.

La stratégie de l’investisseur entreprenant doit être de 2 ordres : il doit définir des objectifs raisonnables et choisir une politique d’investissement dite « contrarienne », c’est-à-dire qui va à l’encontre de ce que pense le marché. Vous vous intéresserez ainsi par exemple aux grandes entreprises sanctionnées en bourse injustement ou temporairement pour des résultats inférieurs aux attentes. Les grandes entreprises ont en effet l’avantage d’avoir les ressources financières pour faire face à une mauvaise période et le marché corrigera rapidement son « erreur » si les résultats de l’entreprise s’améliorent par la suite.

L’investisseur entreprenant se mettra également à la recherche de « bonnes occasions ». Une bonne occasion se définit selon Graham comme un titre qui semble valoir beaucoup plus que sa valorisation boursière. Pour s’assurer une certaine « marge de sécurité », Graham fixe la barre à 50% de sa valeur intrinsèque trouvée après analyse financière.

Pour trouver la valeur intrinsèque d’une entreprise, Graham propose d’utiliser 2 méthodes : la méthode de l’estimation et la méthode de l’évaluation économique. La méthode de l’estimation repose sur l’estimation des revenus futurs de l’entreprise multipliés par un facteur dépendant des caractéristiques de risque du titre à expertiser. La méthode de l’évaluation économique fait davantage appel à une estimation de la valeur que l’entreprise aurait pour un opérateur industriel qui souhaiterait la racheter. Il s’agit d’une méthode accès davantage sur l’évaluation de l’actif net circulant.

5. Les fluctuations du marché ne doivent pas trop influer sur votre stratégie d’investissement

Graham estime qu’il existe deux manières de profiter des fluctuations du marché : le timing  et le pricing. Le timing consiste à anticiper l’évolution future du marché pour prendre sa décision d’investissement. Le pricing consiste à évaluer des titres dignes d’intérêt pour savoir s’ils sont ou non sous côtés.

Les dernières études sur le sujet montrent qu’il est très clairement impossible d’être gagnant sur le long terme en se basant uniquement sur une approche de market-timing.

L’approche basée sur l’évaluation doit vous permettre de faire le tri entre les actions surcotées et les actions sous-cotées. En bourse, il n’est pas toujours intéressant d’investir sur une entreprise à la mode dont les résultats sont positifs. Une telle entreprise est bien souvent sujette aux humeurs de M. le marché qui ne lui pardonnera pas un trimestre décevant. Une action d’excellente qualité paie parfois le prix de son succès par un caractère d’autant plus spéculatif.

6. Si vous souhaitez pratiquer l’analyse de titres par vous-même, cette dernière implique de respecter un cahier des charges bien précis

L’analyse obligataire demande que vous prêtiez attention à la taille de l’entreprise (volume de chiffre d’affaires), au ratio capitalisation boursière sur dette et à la valeur des biens matériels (actifs tangibles). L’objectif étant de vous assurer de la solvabilité de l’émetteur.

L’analyse des actions demande que vous procédiez à une estimation de la valeur intrinsèque de l’entreprise que vous comparerez à sa capitalisation boursière. Pour procéder à cette analyse, il est conseillé d’accorder votre attention à la capacité bénéficiaire de l’entreprise ainsi que de réaliser un prévisionnel de chiffre d’affaires.

Ces données sont généralement largement influencées par les prévisions macroéconomiques ainsi que celles spécifiques au marché de l’entreprise.

7. Pour sélectionner vos titres, vous devez déterminer votre profil d’investisseur

Les critères de sélection de titres pour l’investisseur défensif sont par exemple la taille de l’entreprise dont la capitalisation ne doit pas être inférieure à 100 millions d’euros, une situation financière stable et forte, des bénéfices stables et réguliers, un versement continu des dividendes sur les 10 dernières années, et enfin un ratio cours/bénéfice qui reste modéré. Le cours ne devant pas représenter plus de 15 fois les bénéfices moyens sur les 3 dernières années.

Si vous êtes plutôt de nature entreprenante, vous devrez très certainement vous concentrer la sélection de titres dits « secondaires », c’est-à-dire des valeurs qui ne sont pas forcément reconnues par le grand public. La liste de critères utilisée précédemment reste valable mais vous devrez également prêter attention à l’actif circulant de l’entreprise (supérieur à la valeur du passif circulant multipliée par 1,5) et à la dette de l’entreprise de valeur inférieure à 110% du fonds de roulement pour les sociétés industrielles.

Quel que soit votre profil d’investisseur, gardez bien à l’esprit que le modèle mental numéro 1 à retenir en matière d’investissement est la marge de sécurité. Si vous privilégiez l’achat de titres de bonne qualité mais sanctionnés temporairement par le marché, il y a de fortes chances que vous ne vous en sortiez pas trop mal. A condition de respecter les conditions que nous avons décrites précédemment.