La raison n°1 qui explique pourquoi la rat race ne vous rend pas heureux

rat race EFP

Pour la plupart des gens, les journées sont bien (trop) remplies.

Quand on est aux 35h, on travaille 7 heures par jour.

Ce n’est sans doute pas insurmontable mais il faut aussi aller chercher les enfants à l’école, faire les devoirs, faire les courses, préparer à manger, faire le ménage, tenir le budget familial, remplir sa feuille d’impôt, aller dire bonjour aux grands-parents, etc. etc.

Quand on est cadre et donc au forfait, on adapte ses horaires à sa charge de travail. Mais bizarrement, il y a souvent beaucoup plus de travail que de temps libre.

Alors on reste au travail. Tard. Et on travaille 10h par jour. Quand ce n’est pas plus…

On prend une nounou pour les enfants (mais on leur fait tout de même un baiser sur le front le soir quand on rentre du travail alors qu’ils sont endormis depuis une bonne heure déjà), on voit la famille un peu moins souvent (qui comprend mais qui en souffre) et on finit par avoir le sentiment que l’on passe à côté de sa vie en se coupant des choses qui ont vraiment du sens.

Le métro-boulot-dodo, ce n’est pas qu’une caricature. C’est aussi la réalité de millions de gens qui passent leur temps à courir après ce dernier.

Quand on ne gagne pas très bien sa vie, on fait ce que l’on peut pour survivre et mettre un peu de côté.

Quand on gagne très bien sa vie, on accumule les possessions matérielles dans l’espoir que ces dernières viendront combler notre sentiment de vide intérieur. Et ça marche. Pour un temps… Et puis le sentiment revient. Inexorablement.

Le problème de la rat race, ce n’est ni le manque ni le trop plein d’argent. Le problème de la rat race, c’est le manque de temps.

Et le temps pour soi, c’est une composante essentielle du bonheur. Que l’on gagne 2000 ou 10.000 euros par mois.

Quand on cherche à être plus heureux, on se dit souvent que cela passe forcément par le fait de gagner plus d’argent. Et au lieu de prendre le temps de la réflexion, on se lance tête baissée avec ce nouvel objectif en tête alors que le secret est ailleurs. 

Car aussi surprenant que cela puisse paraitre, l’augmentation du niveau de vie dans le monde n’a finalement que peu d’influence sur le fait que les gens sourient ou non.

Aux US par exemple, une fois que les gens atteignent la barre symbolique des 75.000 dollars de revenus annuels, gagner plus d’argent n’a aucun impact sur leur sentiment de bonheur quotidien.

Bien sûr, il faut arriver à ces 75.000 dollars de revenus annuels. Mais lorsqu’on compare le surcroit de satisfaction occasionné par le franchissement des seuils précédents, on se rend compte que ce dernier suit une loi des rendements décroissants à partir de 55.000 dollars.

Autrement dit, à partir de 55.000 dollars, vous devez déjà commencer à vous demander si l’effort de travail supplémentaire requis pour gagner un revenu supérieur en vaut vraiment la peine…

La composante essentielle du bonheur, ce n’est pas d’être riche comme Crésus. La composante essentielle du bonheur, c’est le temps pour soi. Et les études le prouvent.

Elizabeth Dunn – titulaire d’un Ph.D en psychologie sociale – et Michael Norton – Assistant Professor à l’université de British Columbia – ont montré dans leur livre « Happy Money » que l’un des principes clés pour mettre l’argent que vous gagnez déjà au service de votre sentiment de bonheur, c’est l’achat d’expériences.

Le truc, ce n’est pas d’essayer de gagner plus d’argent. C’est d’essayer d’être plus heureux avec ce que vous gagnez déjà.

La plupart du temps, les expériences sont perçues comme de l’argent bien dépensé.

Les dépenses de loisirs telles que les voyages, le cinéma ou l’abonnement à un club de sport sont les plus susceptibles d’apporter leur lot de satisfaction.

Et les personnes qui disent allouer la part de leur budget mensuel la plus importante en loisirs sont celles qui éprouvent le plus de satisfaction dans leur vie de tous les jours.

La recherche montre également que les expériences nous procurent davantage de bonheur que les biens matériels en partie parce que ces dernières nous permettent de nous sentir connectés aux autres.

Les expériences ne font pas que nous distraire, elles sont également l’occasion d’ajouter des épisodes à nos histoires de vie.

Mais pour les vivre, évidemment, il faut avoir du temps pour soi. Et c’est évidemment l’un des objectifs que vous vous fixez lorsque vous cherchez à générer des revenus passifs.

Un autre point caractéristique des expériences, c’est l’intensité de leur rapport au temps.

Car comme le souligne Sénèque en son temps : « les épreuves que nous traversons se transforment en souvenirs plaisants ».

Et il semblerait en effet que même les expériences de vie les plus désagréables aient la faculté de s’embellir lorsqu’elles sont prises dans le kaléidoscope de notre mémoire.

Pour faire en sorte de réussir au mieux nos expériences, les 2 auteurs identifient ainsi 4 facteurs clés de succès :

1/ L’expérience doit réunir plusieurs personnes tout en forgeant un sentiment de connexion sociale,

2/ L’expérience doit pouvoir se transformer en souvenir marquant que l’on se plaira à raconter plusieurs années plus tard,

3/ L’expérience est étroitement liée à notre sentiment d’identité ou à la personne que nous souhaitons devenir,

4/ L’expérience nous procure une opportunité unique, évinçant par la même occasion la possibilité de la comparer avec d’autres options.

Et vous savez quoi ? Je vous ai gardé le meilleur pour la fin.

Alors que la satisfaction liée à l’achat matériel a tendance à décroitre avec le temps, c’est exactement l’inverse qui se produit dans le cas d’un achat d’expérience.

Plus le temps passe, et plus la satisfaction liée à l’achat de l’expérience augmente.

Autrement dit, l’expérience vous rend heureux avant lorsque vous visualisez ce que vous allez vivre, pendant que vous la vivez et après que vous l’ayez vécu.

Pas mal comme source de bonheur, non ?

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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