Les 5 Informations Clés que l’Etat et les Banques Voudraient Vous Cacher

C’est avec un plaisir non dissimulé que nous lançons cette série consacrée aux informations économiques et financières cruciales qui échappent pourtant à 90% du grand public. Notre objectif est de vous permettre de juger de manière critique l’environnement économique et financier et d’aller au delà de la pensée conformiste et moraliste véhiculée par les grands médias nationaux. Par cet engagement, nous souhaitons réaffirmer notre volonté de vous aider à améliorer votre éducation financière et vous donner les moyens de vivre la vie que vous méritez. Parce que cultiver son intelligence financière pour être libre et prospère demain est un projet de vie qui n’attend pas. Nous vous souhaitons une excellente lecture.

Info cachée n°1 : L’atelier des finances publiques

Un simulateur de budget de la France a été mis en ligne par l’Institut Montaigne. On peut ainsi y voir défiler le compteur de la dette publique ainsi que celui du déficit. Le principe de fonctionnement est simple : vous pouvez augmenter ou diminuer les principales recettes et dépenses publiques pour observer en temps réel l’impact de vos choix sur le déficit et la dette de la France.

La news : L’atelier des finances

Notre avis : Voilà une initiative très intéressante que nous nous devions de saluer. D’autant qu’il est prévu que cet « atelier » accompagne et nourrisse le débat et l’actualité des finances publiques au cours du temps. Il sera ainsi enrichi des commentaires et des contributions des internautes, des dernières mesures proposées ou décidées, des recommandations émises dans les rapports publics et des prévisions les plus récentes des organismes internationaux. Un bel outil démocratique en perspective ! N’hésitez pas à venir le découvrir par vous-même.

Info cachée n°2 : Retraites et prestations sociales gelées jusqu’en octobre 2015

La prochaine revalorisation des prestations sociales n’interviendra pas avant dix-huit mois. Une mesure d’économies sans précédent.

La news : Retraites et prestations sociales gelées jusqu’en octobre 2015

Notre avis : Vous êtes surpris ? Pas nous. Ce qui est sûr, c’est que pour prendre un tel risque politique, il faut vraiment que le gouvernement actuel n’ait plus le choix. Il faut tout de même préciser qu’il s’agit d’une première dans l’histoire de la Vème République, aucun gouvernement ne l’avait osé jusqu’à présent. Les retraites, les allocations familiales, les aides à la garde d’enfant et au logement seront concernées. Seuls les minima sociaux comme le RSA ou le minimum vieillesse seront épargnés par ce large coup de rabot. Les prestations sont habituellement revalorisées, tous les ans, au même rythme que l’inflation. Cela ne sera provisoirement plus le cas. La prochaine augmentation n’interviendra qu’en octobre 2015. Autrement dit, pendant un an et demi, tous les retraités – ils sont plus de 15 millions – vont voir leur pouvoir d’achat reculer. Il en sera de même pour près de 7 millions de foyers avec enfant et plus de 6 millions de bénéficiaires d’aides au logement.  Au fait, vous croyez sur parole Manuel Valls qui a pris « l’engagement » de ne pas faire perdurer ce gel au delà de 2015 ? Naïf…

Info cachée n°3 : Allemagne : tollé contre la retraite à 63 ans

Le patronat allemand et Bruxelles critiquent l’abaissement de l’âge de la retraite pour ceux qui ont cotisé 45 ans.

La news : Allemagne : tollé contre la retraite à 63 ans

Notre avis : Alors là, je dois dire que la news nous a plutôt surpris. À contre-courant de ce qui semble être recommandé pour le reste des économies européennes, l’Allemagne s’apprête donc à assouplir les modalités de départ en retraite. Au pays de l’orthodoxie budgétaire, le débat est enflammé. Le projet de loi, présenté par la ministre du Travail, Andrea Nahles, a été exposé au Conseil des ministres fin janvier, il doit être soumis au Bundestag, le parlement allemand, le 22 mai. Comme le souligne assez justement le directeur de l’institut DIW Marcel Fratzscher : « Avec l’augmentation de l’espérance de vie et le tournant démographique en Allemagne, la question de la retraite à 70 ans est inévitable ».  Mais quelle mouche a donc piqué le gouvernement allemand ? 

Info cachée n°4 : La fin du secret bancaire

Récemment, sous la pression de l’Union européenne et de l’OCDE, qui affichent une volonté de transparence, l’Autriche et le Luxembourg ont accepté d’abandonner le secret bancaire en vigueur dans ces pays depuis des décennies. Tous les pays de l’Union européenne sont maintenant au diapason en la matière.

La news : La fin du secret bancaire

Notre avis : En se concentrant uniquement sur les aspects socialement négatifs du secret bancaire (blanchiment d’argent, fraude fiscale), le législateur néglige ses atouts (probité du banquier vis-à-vis de ses clients). Voici la conclusion de cet article que nous trouvons tout bonnement excellente :

« Il est justifiable que les État luttent contre les mauvais payeurs. Cependant, la stratégie d’abolition du secret bancaire dans le but de réduire la concurrence fiscale est dangereuse. Cette concurrence est un ultime rempart contre la mauvaise gestion des dépenses publiques. Elle discipline les États en les obligeant à mieux écouter les citoyens qui demandent de meilleurs services à moindre coût (…) Le secret bancaire est un aspect du respect de la vie privée (article 8 de la Convention Européenne des droits de l’homme), c’est une arme contre l’arbitraire étatique, et une aide à la résistance à l’oppression (article 2 du préambule de la constitution de 1958). Avec l’abolition du secret bancaire et la mise en place de l’échange automatique d’informations, les États vont accroitre leur pouvoir de contrôle sur les individus et les entreprises. Certains, comme le président François Hollande, s’en réjouissent. Il y aurait en effet de quoi se réjouir si les États étaient parfaitement bienveillants et omniscients. Mais ce n’est pas le cas. Comme l’expliquent Barry Weingast et Douglass North, un État qui a le pouvoir de faire respecter le droit a aussi le pouvoir de revenir sur ses promesses. La question fondamentale de l’économie politique constitutionnelle, comme la voyait James Buchanan, est celle de savoir comment attacher les mains du législateur avant qu’il ne soit tenté d’exproprier la richesse créée. L’érosion lente mais continue des barrières à la prédation publique est une pente glissante périlleuse. La fin du secret bancaire est un pas de plus dans cette direction. »

Info cachée n°5 : Comment j’ai été viré de la BNP

La désagréable expérience d’un client qui trouvait les questions de sa conseillère un peu trop intrusives…

La news : Comment j’ai été viré de la BNP

Notre avis : Une info dans la lignée de la précédente. L’article L561 du Code monétaire et financier prévoit en effet « qu’avant d’entrer en relation d’affaires avec un client, [les banquiers] recueillent les informations relatives à l’objet et à la nature de cette relation et tout autre élément d’information ». Quiconque refuse de répondre à des questions du type « Etes-vous marié ? Quelle est votre activité ? Votre salaire ? Votre loyer ? Votre patrimoine ? Vos comptes en France et à l’étranger ? Etc. » est donc considéré suspect et susceptible de voir son compte clôturer par la banque. Comme le fait remarquer fort justement l’auteur de cette mésaventure, le secret bancaire est aujourd’hui « devenu une plaisanterie et les banques sont devenues des administrations parapubliques au service de l’Etat plus que de leurs clients. Nous entrons dans l’ère de la transparence totalitaire, fondée sur le principe vicieux que les citoyens en règle n’ont rien à cacher. Permettez-moi de préférer un fraudeur en liberté à mille innocents fichés. »

Bienvenue dans le monde merveilleux de la répression financière…

Restez fidèles et à la semaine prochaine pour de nouvelles aventures !

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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