Liberté personnelle : et si vous arrêtiez de vous sentir exploité(e) ?

liberté_personnelle_EFP

Pour trouver sa place dans le système économique, il n’existe pas 36 possibilités.

Soit vous travaillez pour quelqu’un. Soit vous vous mettez à votre compte et vous travaillez pour vous.

Lorsqu’on est salarié, on a la sécurité et la tranquillité d’esprit qui en découle. Du moins, si l’on a bien choisi son entreprise et que cette dernière opère dans un secteur qui se porte bien.

Lorsqu’on est à son compte, on n’a pas la sécurité ni la tranquillité d’esprit qui en découle. Mais on a la liberté de choisir notre activité, nos horaires et nos clients.

Lorsqu’on est salarié, on a tôt fait de considérer que ce que l’on fait est vide de sens. Après tout, que ce soit nous qui les accomplissons ou quelqu’un d’autre, nos tâches ont un côté tellement mécanique que ça ne fait pas une grande différence.

Lorsqu’on est salarié, on a tôt fait de considérer que l’on est pas assez payé pour les efforts que l’on fait, que les patrons sont des voleurs et que notre boss est un ectoplasme ou un bachibouzouk.

Certains poussent la logique à son paroxysme et se syndiquent. Sécurité de l’emploi, allégement des heures de travail, défense de ses intérêts personnels, le tout sous prétexte de servir l’intérêt collectif. La belle vie quoi.

La plupart du temps, ces individus ne se rendent même pas compte du carcan de pensée dans lequel ils se sont eux-mêmes enfermés. Susceptibles et ne supportant pas la critique, ils vous répondront non sans agressivité qu’il faut bien défendre la veuve et l’orphelin contre les méchants capitalistes puisqu’ils sont tout-puissants.

Lorsqu’on est à son compte, on a tôt fait de considérer que l’on manque de soutien. On se sent seul souvent, abandonné parfois, et on ne manque pas de relever chaque mesure anti-libérale prise par un État liberticide et aux aboies financièrement.

Lorsqu’on est à son compte, on a tôt fait de considérer que la prise de risque qui va avec la création d’entreprise devrait être récompensée à sa juste valeur. Que l’on devrait être encouragé plutôt que spolié par une armée de fonctionnaires qui ne comprend pas ce que l’on vit et dont le sacerdoce est de maintenir en vie un État tentaculaire et nourricier (pour eux).

Certains poussent la logique à son paroxysme et se rebellent. Évasion fiscale, travail au noir, fraude fiscale, le tout pour alimenter la fronde. Une révolution des temps modernes en somme.

La plupart du temps, ces individus ne se rendent même pas compte que sous prétexte de lutter pour des valeurs et des idéaux qui les dépassent, ils se mettent finalement dans des situations illégales qui tôt ou tard finissent par avoir raison de leur réputation et de leurs finances, pour ne pas dire de leur liberté.

Pas sûr que la case prison soit un passage obligé de la quête vers la liberté…

Le salarié syndiqué en recherche frénétique de sécurité et de justice sociale et l’indépendant frondeur en quête de liberté ont un point commun : ils se sentent exploités et se prennent pour des victimes.

Le problème avec la victimisation, c’est qu’elle ne nous aide pas à avancer. Au contraire.

Oui, le salarié syndiqué ne se foule pas. Il est bien souvent payé à ne rien foutre. Et personne n’est en mesure de le recadrer comme il se doit sous peine d’être condamné pour harcèlement.

Son objectif est atteint : sécurité maximale et effort minimum. Rideau.

Pourtant, à y regarder de plus près, on se demande si le salarié syndiqué est vraiment heureux. Le plus souvent, il passe son temps à se plaindre. Il éprouve plus que la moyenne des émotions négatives. Et part au quart de tour chaque fois qu’un collègue le « cherche » un peu. Pas vraiment les signes d’un épanouissement total…

Le problème du salarié syndiqué, c’est qu’il ne relève plus aucun défi. Il s’est empêtré tout seul dans son petit confort. Il ne se met plus en danger et n’apprend rien. Chaque journée qui passe est la même pour lui. Comment pourrait-il en être autrement puisqu’il s’est lui-même construit un univers répétitif et mécanique ?

Pire, il n’est même plus aux commandes de sa propre vie puisqu’il ne se construit pas par rapport à ce qu’il est au plus profond de lui-même mais uniquement en opposition à ceux qui l’entourent et à ce qu’il vit.

La rébellion, ça donne des émotions mais ça ne permet pas de savoir qui l’on est.

Oui, l’indépendant frondeur gagne plus d’argent. Il a le sentiment d’être mieux récompensé de ses efforts et fait la nique à la population de fonctionnaires qu’il abhorre tant.

Pourtant, à y regarder de plus près, on se rend compte que l’indépendant frondeur n’est pas serein. Le plus souvent, il vit dans la cachoterie. Il se sent anxieux de ne pas suivre les règles et l’homme libre et honnête qui sommeille encore en lui se demande s’il ne vit pas en désaccord avec ses propres valeurs. Il est en dissonance avec son moi profond et cela le bouffe au quotidien.

Le problème de l’indépendant frondeur, c’est qu’il s’est lancé sur le chemin de sa liberté personnelle et financière, mais qu’il s’est égaré en cours de route. Il ne comprend pas encore que c’est son besoin de reconnaissance qui l’empêche de se sentir libre et non pas l’État et sa fiscalité.

La plupart du temps, les gens qui se sentent frustrés par leur situation de vie ne comprennent pas qu’ils en sont les premiers responsables. Et que dans la vie, rien n’est figé ni inscrit dans le marbre.

Vous êtes salarié et vous vous sentez exploité ? Mettez-vous à votre compte.

Vous êtes indépendant et vous vous sentez matraqué par la fiscalité ? Déménagez dans un pays où la fiscalité vous parait plus accueillante.

Lorsque votre situation de vie ne vous satisfait plus, ce n’est ni la faute de votre employeur ni la faute du gouvernement.

La mauvaise nouvelle, c’est que vous en êtes seul responsable.

La bonne nouvelle, c’est que vous en êtes seul responsable…

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

Article précédent:

Article suivant: