On a trouvé la recette du bonheur ! (Pas sûr qu’elle vous plaise…)

Recette bonheur EFP

Nous n’aimons pas trop les gens qui nous incitent à réfléchir.

Ceux qui nous poussent dans nos retranchements. Qui refusent de nous laisser nous complaire dans nos certitudes et nos opinions.

Ces « intellectuels » ennuyeux et donneurs de leçons qui se mêlent de choses qui ne les regardent pas. Et qui sont encore plus irritants lorsqu’ils se contentent de poser des questions alors que ce sont des réponses que nous cherchons.

C’est un fait : nous n’aimons pas « faire l’effort ». Quel que soit le domaine concerné d’ailleurs.

Et notre rapport à l’apprentissage n’échappe pas à la règle.   

Notre premier réflexe lorsque nous nous intéressons à un domaine, c’est de rechercher des raccourcis. Un moyen facile d’en savoir plus tout en s’épargnant les efforts qui l’accompagnent.

Nous ne valorisons pas les efforts que nous faisons pour obtenir un résultat durable. Nous valorisons le gain de temps et les résultats obtenus dans l’immédiat. Qu’importe s’ils ne sont pas durables ou s’ils ne sont pas aussi bénéfiques qu’ils auraient pu l’être. Qu’importe si nous nous fermons des horizons. Notre temps est limité et notre attention aussi.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la formation connaît davantage de succès que l’éducation. Et la plupart d’entre nous n’en saisissons plus vraiment la différence.

Pourtant, l’éducation n’a rien à voir avec la formation.

La formation ne requiert pas vraiment de réflexion de votre part. Elle puise en effet certaines ressources en vous pour vous amener à passer d’un point A à un point B. Mais l’objectif reste confiné au cadre fixé dès le départ.

Nulle place pour la créativité ou l’autonomie dans votre prise de décision. Une fois « formé », vous savez qu’une situation implique que vous agissiez d’une certaine manière. C’est un réflexe de Pavlov appliqué à votre libre arbitre. Vous n’avez pas appris à agir autrement, alors vous agissez de la manière que l’on vous a enseignée.

Ce qu’il y a de dramatique avec cette manière de procéder, c’est qu’elle est un frein au progrès et à la liberté des apprenants.

Et que ces derniers sont bien souvent enchantés de s’enchainer eux-mêmes. Le plus souvent, par paresse et par peur de faire les choses différemment de ceux qui composent leur cercle social.

Pourquoi croyez-vous qu’aujourd’hui, les experts financiers continuent de préconiser les mêmes conseils de gestion de portefeuille alors que ces derniers sont tirés d’un paradigme de la finance moderne dont ils savent pertinemment qu’il est inadapté à la réalité du monde financier ?

Pourquoi croyez-vous qu’on continue d’enseigner dans les business schools du monde entier les mêmes principes financiers caduques et obsolètes et que personne n’y trouve rien à redire ?

Pourquoi croyez-vous qu’à chaque crise systémique, on risque la banqueroute générale alors que les agences de notation notent les CDS Aaa la veille même d’un des plus grands krachs de l’histoire économique et financière moderne ?

Au delà des conflits d’intérêt évidents déjà mis à jour par différents documentaires de très grande qualité (cf. Inside Job), le coeur du problème se trouve ailleurs et il se résume en deux mots : paresse intellectuelle.

Les clients des experts financiers sont rassurés d’entendre les mêmes discours. Après tout, quelqu’un qui détonne au sein de sa communauté est forcément suspect. Alors les experts financiers gardent le même discours.

Les diplômés des business schools sont heureux de faire partie du système et la véritable valeur d’un diplôme comme chacun sait, c’est le salaire qu’il va vous permettre de toucher à la sortie de l’École. On se fout pas mal de savoir si le système financier fonctionne correctement pourvu que l’on s’en mette plein les fouilles. Alors les business schools continuent d’enseigner le paradigme de la finance moderne.

Les institutions financières sont heureuses de pouvoir placer leurs « meilleurs éléments » dans les agences de notation. Et ces derniers, reconnaissants, le leur rendent bien. Alors on continue de noter Aaa des actifs pourris.

Après tout, si ça ne fonctionne pas, c’est de la faute du système. Et quand c’est la faute du système, c’est la faute de personne. Alors on continue. Jusqu’à la prochaine crise.

Une véritable éducation ne peut pas faire preuve de complaisance. Elle ne transige pas et ne ménage pas. Elle n’est tout simplement pas là pour ça.

Son rôle, c’est de déranger. De vous inciter à trouver vos propres ressources quitte à vous pousser dans vos retranchements.

Son rôle, c’est de poser les bonnes questions et de vous laisser le soin d’y répondre. Parce que personne d’autre que vous ne sait mieux ce qui lui est profitable.

Nous n’aimons pas les éducateurs parce qu’ils n’ont pas réponse à tout et qu’ils ne nous promettent pas des résultats immédiats.

Pourtant, ils sont ceux qui ont le plus de respect pour vous. Le respect de votre intelligence. Le respect de votre ouverture d’esprit. Le respect de votre sens critique.

Car la critique ne sert pas à détruire. On peut bien la détourner de son utilité principale en jugeant un peu vite le monde extérieur. Mais la critique, c’est avant tout ce qui sert de moteur à notre liberté intérieure.

Le sens critique est ce qui nous permet de prendre nos décisions de la manière la plus libre qui soit. Il est ce qui permet d’ajouter de la complexité à notre personnalité en acceptant de faire les efforts et en refusant le « prêt à penser ».

Et la complexité en question, elle n’a rien à voir avec la difficulté ou l’incompréhension. Elle désigne notre faculté à gérer de manière autonome les situations de vie qui se présentent à nous. Quelles qu’elles soient.

Réussir sa vie n’a rien à voir avec notre capacité à appliquer des recettes toutes faites dans les domaines compartimentés de notre vie.

Et la meilleure définition scientifique du bonheur que l’on ait trouvé jusqu’à maintenant, c’est justement l’idée que nous nous faisons de nos propres progrès dans la maitrise d’une discipline. Quelle qu’elle soit.

L’accroissement de l’estime que nous nous portons n’a rien à voir avec le fric que nous brassons ou le diplôme que nous détenons.

L’accroissement de l’estime personnelle est un processus interactif entre les activités que nous exerçons et les résultats que nous y obtenons. Mais sans oublier un facteur qualitatif de taille : celui de savoir que nous réussissons après avoir testé par nous-même le meilleur moyen d’y parvenir.

Le canari est sans doute très heureux d’apprendre à voler dans une cage. Mais il le serait sûrement encore plus à l’air libre.

À vous de voir quel type de bonheur vous recherchez…

Allez plus loin et cliquez ici pour vous inscrire tout de suite au Séminaire de l’EFP…

Recevez gratuitement 2 heures de formation en vidéo

Inscrivez-vous sur la liste d’attente du Séminaire de l’EFP

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

Article précédent:

Article suivant: