Pourquoi les riches ne travaillent jamais pour l’argent ?

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Difficile de trouver un sujet plus polémique que celui de l’argent.

Sans doute parce que chacun y projette sa propre réalité. Son propre cadre de référence et ses propres émotions.

Prenez les seuils de richesse par exemple.

Monsieur Martin vous dira que pour lui on est riche quand on touche un salaire de 10.000 euros par mois alors que Madame Michu – elle – tentera de vous convaincre que sans patrimoine immobilier vous n’irez pas bien loin sur l’échelle des nantis et des privilégiés.

A première vue, difficile de dire qui a tort et qui a raison. Mais en y réfléchissant bien, les choses ne sont peut-être pas si tranchées.

Le problème quand on se lance dans l’aventure de l’enrichissement, c’est qu’on ne sait pas toujours par où commencer.

Alors on observe ceux qui ont réussi avant nous. Et plutôt que de chercher à comprendre comment ils ont bâti leur empire depuis le début, on se contente d’observer là où ils en sont. Maintenant.

Dans le meilleur des cas, on éprouve un sentiment diffus – mélange de fascination et d’exaltation guerrière.

Dans le pire des cas, une jalousie maladive et un sentiment d’injustice mal placé qui nous pousse à vouloir nous saisir des biens d’autrui. Après tout, nous méritons – nous aussi – notre part du gâteau.

Dans tous les cas, c’est une observation stérile et décourageante.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’observer le patrimoine accumulé par un autre ne donne aucune indication sur la recette de son succès. Au mieux, vous en déduisez les goûts et les centres d’intérêt de celui qui s’est enrichi.

Le patrimoine, ce n’est rien d’autre qu’une photographie à l’instant T de la richesse accumulée par une personne. C’est un résultat. Ni un processus ni un plan d’action.

Ce qui est intéressant en revanche, c’est de se pencher sur l’histoire d’une personne qui a réussi. De revenir à ses débuts. D’étudier son parcours de vie. Les étapes qu’elle a franchies pour parvenir là où elle est. Les échecs qu’elle a connus (et il y en a sûrement eu beaucoup), etc.

Bref, de garder à l’esprit que l’enrichissement est un processus et non un événement.

Le problème quand on se fixe comme objectif de « devenir riche », c’est qu’on se fixe un objectif extérieur à notre contrôle. Un objectif qui ne dépend pas de notre périmètre de contrôle.

Et qui nous pousse à nous « pencher » vers l’extérieur nous entrainant dans une course effrénée à l’accumulation.

La règle n°1, celle que suit la très grande majorité des millionnaires qui mènent la vie dont ils ont toujours rêvée tout en ayant des moyens confortables, c’est de choisir une activité qui vous plait. Et d’y exceller.

Les études empiriques sur le sujet sont unanimes : le millionnaire ne s’est pas réveillé un matin en se disant qu’il aimerait beaucoup devenir riche.

Il s’est d’abord spécialisé en acquérant les compétences dans un domaine qui l’intéresse. Et il s’est ensuite enrichi par ce biais-là.

Pour le millionnaire moyen, l’argent n’est pas une fin. C’est une conséquence des compétences et de l’expertise qu’il a acquises. Une conséquence heureuse et enviable sans doute. Mais une conséquence tout de même.

Bien sûr, pour faire fructifier son argent, il faut apprendre le faire. Améliorer son éducation financière. Développer des compétences d’investisseur.

Mais il ne faut pas perdre de vue que ces compétences là sont en quelque sorte des compétences secondaires. Une autre forme de spécialisation qui vient couronner une première étape qui consiste à savoir gagner de l’argent.

Au final, le salarié qui gravit les échelons de son entreprise pour arriver au sommet, l’entrepreneur qui monte une entreprise qui répond aux besoins de son marché, l’investisseur qui construit son portefeuille d’immobilier commercial ne sont pas si différents.

Ils ont appris à développer des compétences commerciales (pour vendre ou pour se vendre), se sont construit un réseau sur lequel ils s’appuient pour atteindre leurs objectifs, ont appris les bases de la gestion, du management, etc.

Les riches ne travaillent pas pour l’argent car ce qu’ils cherchent avant tout, c’est un moyen de se développer eux-mêmes.

Ils cherchent à complexifier leur personnalité (même s’ils ne le formulent sans doute pas comme cela) en tentant de relever des défis en adéquation avec leurs compétences. Et le plus souvent, ils réussissent car ils ne s’arrêtent pas à la première contrariété.

Les riches ne travaillent pas pour l’argent car ils n’ont pas toujours été riches et qu’avant de le devenir ils ont suivi leur propre chemin initiatique. Celui des étapes à franchir pour devenir la meilleure version d’eux-mêmes.

Un chemin d’épreuves et de souffrance parfois mais un chemin nécessaire pour quiconque souhaite aller vers plus de liberté.

Les riches ne travaillent pas pour l’argent car ils ont compris que c’est l’argent qui doit travailler pour eux.

Alors plutôt que de chercher à plaire à tel ou tel employeur, ils acceptent de travailler sans salaire (parfois des années durant) pour monter une entreprise qui le leur rendra (peut-être) au centuple.

Ils investissent en bourse, dans l’immobilier ou dans le private equity pour générer des revenus passifs mais ils n’oublient jamais que là aussi, ils doivent d’abord apprendre et se former, investir en eux avant d’investir leur argent s’ils veulent obtenir des résultats à la hauteur de leurs ambitions.

Les riches ne travaillent pas pour l’argent. Et vous savez quoi ? C’est justement pour cela qu’ils sont riches…

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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