Pourquoi l’État n’est (vraiment) pas votre ami

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La plupart des gens pensent que le gouvernement permet de faire croître le sentiment général de bien-être.

Ils croient qu’ils bénéficient davantage de l’action du gouvernement que la contrepartie qu’ils acceptent de payer.

Ils paient le prix fort en acceptant de payer des impôts et en réduisant les alternatives de vie qui s’offrent à eux (dont ils ne soupçonnent pas vraiment qu’il en existe d’autres) mais ont le sentiment d’obtenir plus en subventions et en privilèges divers.

En d’autres termes, ils ne pensent pas du tout que la société bénéficie des actions du gouvernement mais que eux – à titre individuel – en bénéficient de manière satisfaisante.

Comme le dit si bien Frédéric Bastiat :

« L’État est la grande entité fictive grâce à laquelle chacun espère vivre aux dépens de tous les autres ».

Et cette attitude ne s’applique pas seulement aux questions financières.

Par exemple, un individu peut éprouver une grande satisfaction à l’idée de voir passer des lois qui empêchent les autres de fumer de la marijuana, d’acheter ce qu’ils veulent ou même de s’associer avec des personnes qu’ils ont choisies librement.

Une satisfaction qui trouve sa source dans le fait que le gouvernement impose leur vision à tous les autres membres de la société.

Et puis, il y a l’argument massue. Celui qui consiste à penser que le gouvernement a une mission de protection de la vie de ses citoyens et de respect de la propriété privée.

Après tout, sans gouvernement, nous serions à la merci des voleurs, des violeurs et des meurtriers. Comment ferions-nous pour nous protéger sans gouvernement ?

Nos comportements d’auto-défense consisteraient sans doute à verrouiller nos portes d’entrée, rester à l’écart des zones dangereuses, garder nos enfants à l’abri des situations où ils sont particulièrement vulnérables et faire attention à bien sélectionner les personnes que nous invitons à pénétrer chez nous.

Si cela vous parait familier, n’en soyez pas surpris car c’est sans doute ce que vous faites déjà .

Les gouvernements ne vous protègent pas. Ils ne le peuvent pas. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est vous promettre que la personne qui vous a fait du mal devra répondre de son acte – si bien sûr elle est arrêtée.

Si vous voulez éviter à tout prix qu’une telle situation se produise, il vous faut engager un garde du corps qui veillera sur vous et vos biens jour et nuit.

Et si c’est vraiment ce que vous voulez, vous pouvez débourser de l’argent pour embaucher ce garde du corps mais ce que vous payez déjà au gouvernement sous forme d’impôts et de taxes ne permet pas de financer ce type de protection dissuasive.

Le problème quand on pense que l’État est notre ami, c’est qu’on ne se rend pas compte de ce que l’on perd à côté.

En terme d’échanges économiques par exemple, le gouvernement est un acteur majeur de l’économie de marché. Et sans doute l’un des plus grands perturbateurs.

Il existe 4 grands principes qui régissent une économie de marché.

Le premier principe, c’est que rien n’est gratuit. Pour acquérir quoi que ce soit, il faut dépenser quelque chose. Que l’on parle de temps, d’énergie ou d’argent.

Le deuxième principe, c’est que si vous désirez quelque chose que vous n’êtes pas en mesure de vous apporter complètement par vous-même, alors vous avez besoin de conclure un échange avec quelqu’un d’autre.

Le troisième principe, c’est qu’une transaction à sens unique ne procure pas de gain au participant non volontaire – même s’il reçoit quelque chose en échange. Pour qu’il y ait échange justement, il faut que ce dernier valorise ce qu’il reçoit à son tour au point d’accepter la transaction de manière volontaire.

Le quatrième principe, c’est que quoi que fasse un individu, il le fait parce qu’il considère qu’il s’agit de l’alternative de plus haute valeur qu’il lui est possible de choisir.

Les gens forment des gouvernements car ils ne souhaitent pas laisser le marché décider des termes de l’échange.

Et la plupart du temps, un gouvernement agit pour protéger les intérêts d’un groupe d’individus A au détriment d’un groupe d’individus B.

Le fonctionnement est assez simple à comprendre : les individus du groupe A veulent quelque chose qui requiert la coopération du groupe B. Mais ils ne parviennent pas à convaincre le groupe B qu’il est à son avantage de conclure l’échange. Le groupe A décide alors de faire appel au gouvernement pour passer une loi qui oblige le groupe B à se conformer à la volonté du groupe A.

Autre exemple bien connu. Celui du code de la consommation.

Ce que les consommateurs ne veulent pas, ils ne sont pas obligés de l’acheter.

Ce que les gouvernements ne veulent pas, les consommateurs ne peuvent pas l’acheter.

Ce que les consommateurs veulent, ils peuvent l’obtenir.

Ce que les gouvernements pensent que les consommateurs doivent avoir, les consommateurs sont forcés de payer pour se le procurer.

Et il ne faut pas se voiler la face. Si vous refusez de vous conformer à la loi – aussi injuste ou inutile qu’elle puisse vous paraitre – vous serez remis « dans le droit chemin » avec violence.

Vous serez mis à l’amende. Et si vous refusez de payer, votre compte en banque sera saisi.

Si vous avez mis votre argent à l’abri, votre salaire sera ponctionné directement à la source.

Et si vraiment vous continuez à vous montrer récalcitrant, vous irez droit en prison. Un point, c’est tout.

Le fondement de n’importe quelle loi, c’est la violence. Et si vous n’avez jamais été confrontée à cette violence, c’est parce que vous vous êtes montré prudent, obéissant voire chanceux jusqu’à aujourd’hui.

Mais la vraie question que vous devriez vous poser est la suivante :

« Croyez-vous vraiment que l’État sera votre ami si vos intérêts du moment divergent de ceux du gouvernement en place ? »

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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