Pourquoi Oui-Oui n’investit jamais hors système bancaire et n’achète surtout pas d’or

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Dans le monde de Oui-Oui, tout est beau et tout est rose.

Oui-Oui, c’est un gentil. Il n’aime pas les méchants.

Les méchants qui disent que les États sont surendettés et que le système financier a atteint un stade d’instabilité rédhibitoire.

Les oiseaux de malheur qui jouent avec la peur des honnêtes gens et qui critiquent le bon gouvernement qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour continuer de protéger le bon peuple.

Le bon gouvernement qui a sponsorisé la naissance de Oui-Oui, lui a permis de soigner ses premières caries, a payé pour l’ensemble de ses frais de scolarité, le protège désormais lui et sa famille en cas de perte d’emploi et continuera de le protéger jusqu’à la fin de sa vie contre la faim, la maladie et l’isolement.

Oui-Oui ne comprend pas le scepticisme des méchants.

Comment peut-on trouver matière à critiquer le bon gouvernement qui fait tout pour que le bon peuple soit heureux et en bonne santé ?

Oui-Oui a bien entendu dire de-ci de-là que le bon gouvernement avait quelques petits soucis pour boucler les fins de mois. Il s’est même laissé dire qu’une grosse partie des impôts que le bon gouvernement collecte aujourd’hui sert uniquement à rembourser les intérêts de sa dette passée. Mais de tout cela, Oui-Oui ne veut pas entendre parler.

Oui-Oui, c’est un altruiste. Il trouve ça beau que le poids du secteur public dans l’économie dépasse les 50%. Pourquoi ? Parce que cela veut tout simplement dire que la majorité de l’économie ne fonctionne pas pour créer la richesse mais pour la répartir. Et Oui-Oui aime bien quand on donne.

Dans le monde de Oui-Oui, tout est beau et tout est rose.

Oui-Oui, c’est un gentil. Il n’aime pas les méchants.

Les méchants qui disent que l’Etat français vit au-dessus de ses moyens depuis plus de 40 ans.

Les oiseaux de malheur qui prétendent qu’on ne peut pas user du privilège de battre monnaie de manière inconsidérée sans que cela porte à conséquence un jour ou l’autre. 

Oui-Oui, il fait confiance au système financier.

Son banquier lui a dit que son argent était en sécurité et qu’il n’avait rien à craindre.

Alors Oui-Oui refuse de paniquer bêtement.

Ce qui s’est passé à Chypre et en Grèce n’a aucune chance de se produire en France. « Allons-donc mon bon monsieur, nous sommes en France tout de même ! », lui a répondu son ami banquier. Et Oui-Oui s’est immédiatement repris. Comme a t-il pu douter un instant des intentions du bon gouvernement et du bon système financier ?

Pour faire fructifier son argent, Oui-Oui est équipé comme peu de gens autour de lui. C’est un sujet qu’il prend très à coeur et il aime se comporter en bon citoyen.

Des liquidités bien placées sur les livrets commercialisés par sa banque, un peu de livret A, et le top du top, son assurance-vie placée en fonds euro.

Oui-Oui a bien conscience que ces produits lui rapportent peu, mais c’est mieux que rien et il est content de pouvoir rendre au bon gouvernement ce que ce dernier fait pour lui.

Avec le livret A, Oui-Oui finance la Caisse des dépôts (et par extension les emprunts d’Etat français).

Avec les différents livrets bancaires, Oui-Oui finance la spéculation de sa banque sur les marchés financiers (et une banque qui gagne de l’argent, c’est rassurant pour l’épargne de Oui-Oui).

Avec l’assurance-vie investie en fonds euro, Oui-Oui finance les pays de l’Union Européenne (et en cela, Oui-Oui est un véritable citoyen européen, visionnaire et ouvert sur le monde).

Dans le monde de Oui-Oui, tout est beau et tout est rose.

Oui-Oui, c’est un gentil. Il n’aime pas les méchants.

Les méchants qui achètent un peu d’or ou un peu d’argent parce qu’ils n’ont plus confiance dans la capacité et la volonté du bon gouvernement à maintenir le pouvoir d’achat de la monnaie papier.

Et puis, Oui-Oui s’est renseigné. Warren Buffett, le milliardaire américain, n’aime pas l’or lui non plus. Il l’a déjà qualifié à plusieurs reprises de relique barbare*. L’or, ça ne sert à rien puisque ça ne produit pas d’intérêt.

Inutile donc d’acheter un peu d’or ou un peu d’argent pour assurer ses liquidités contre la perte de valeur de la monnaie papier. Les gens qui ont le pouvoir sont des gens sérieux. Ils ont fait des études.

Alors une crise monétaire, ça a quand même peu de chances de se produire. Et quand bien même, Oui-Oui ne sera pas seul à en souffrir. Ce sera l’occasion de redécouvrir des valeurs comme la solidarité ou le partage. Après tout, c’est beaucoup plus facile de militer pour plus de générosité quand on est ruiné. 

Oui-Oui n’aime pas trop les capitalistes.

Ceux qui investissent directement au capital des entreprises pour financer le secteur privé créateur de richesse.

Après tout, si les banques refusent de prendre des risques pour financer la création d’entreprise, elles doivent bien avoir leurs raisons.

Alors pourquoi ces individus investissent-ils dans de tels projets forcément louches puisqu’ils n’ont pas été labellisés par un banquier ?

Il y a quelque chose d’immoral là-dedans et Oui-Oui se sent mal à l’aise rien que d’y penser. Certaines personnes peu recommandables sont vraiment prêtes à tout pour gagner de l’argent.

Et Oui-Oui, lui, le sait bien. Il y a autre chose que le fric dans la vie.

Alors Oui-Oui continue sa petite vie. Il mène son bout de chemin dans un monde merveilleux où le chômage n’existe pas. Où la croissance économique est au rendez-vous. Où l’État nourricier peut vivre continuellement au-dessus de ses moyens sans que personne n’y trouve rien à redire.

Oui-Oui est convaincu d’une chose. Que le système périclite ou pas, il aura été un bon citoyen. Jusqu’au bout. Et ça, personne ne pourra le lui enlever. Jamais. Ruiné ou pas…

*L’expression est à l’origine de l’économiste John Maynard Keynes

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A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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