Pourquoi vous devriez arrêter de vous demander s’il est (vraiment) possible de générer des revenus passifs

revenus passif EFP

Les personnes qui découvrent le monde de l’investissement adoptent en général 2 attitudes diamétralement opposées. C’est le principe du « tout ou rien » appliqué à la finance.

D’un côté, les « naïfs optimistes ». Ceux qui ont envie de croire à l’existence de la pierre philosophale. Et qu’il est possible de gagner son indépendance financière en choisissant le « bon investissement » sans trop d’effort et SURTOUT sans suivi.

De l’autre côté, les « naïfs pessimistes ». Ceux qui n’ont pas envie de croire à l’existence de la pierre philosophale. Ceux à qui « on ne l’a fait pas ». S’il était possible de générer des revenus passifs, ça se saurait. Et tout le monde le ferait.

Dans la population de « naïfs pessimistes », vous retrouvez 2 types d’individus.

Il y a les « naïfs pessimistes » qui ont été « naïfs optimistes » un jour. Et qui ont été déçus et trompés. Alors ils n’ont pas cherché à aller plus loin et se sont contentés de se dire que tous les experts financiers étaient des charlatans et des voleurs.

Ils ont connu l’échec et la frustration une fois. Et ils en ont conclu que l’indépendance financière était un rêve impossible.

Il y a les « naïfs pessimistes » qui sont comme ça. Les méfiants, les cyniques et les aigris qui ont décidé de recouvrir le monde d’un voile noir. Leur monde, d’un voile noir. Mais qui pensent que leur vision du monde correspond à l’objective réalité des choses.

Que l’on soit « naïf optimiste » ou « naïf pessimiste » n’y change au final pas grand chose : ce n’est de toutes façons pas la bonne attitude à adopter pour gagner son indépendance financière.

Comme n’importe quel projet de vie sérieux, l’indépendance financière demande travail et persévérance. Tout est question de chronologie et de patience.

Lorsqu’on entend parler de « revenus passifs » pour la première fois, il est tentant de projeter sur les mots nos fantasmes secrets et nos rêves les plus fous.

Dans « revenus passifs », il y a « passif ». Et gagner de l’argent sans travailler, ça a un côté grisant et excitant.

Le problème, c’est qu’on se rend vite compte que les revenus passifs demandent aussi du travail. Et ça, ça peut en décourager plus d’un.

D’abord, il faut s’éduquer. Prendre en main son éducation financière. Comprendre par exemple la définition d’un actif et étudier les différentes classes d’actifs et les revenus qu’elles génèrent.

La bourse. Qui génère des revenus mobiliers.

Les obligations. Qui versent des coupons.

Les actions. Qui versent des dividendes.

L’immobilier. Qui génère des revenus fonciers.

Mais aussi : les matières premières, les SIIC, le crowdfunding, le private equity, les ETF, les options, les contrats à terme, etc.

Et une fois que l’on a fait l’inventaire des sources de revenus en présence, il faut mettre en place son plan financier de long terme. Concevoir la stratégie financière qui nous correspond le mieux en terme d’objectif de rendement et d’appétence au risque.

On ne va pas se mentir : tout cela demande du temps et ne s’accomplit pas du jour au lendemain.

Mais ce que vous devez comprendre, c’est qu’un revenu passif, ce n’est pas un revenu qui ne demande pas de travail.

Un revenu passif est un revenu qui n’est pas proportionnel au temps que vous passez pour l’obtenir.

La définition d’un revenu du travail est simple : c’est un revenu qui est généré en contrepartie du temps que vous acceptez de vendre (à un client ou à un employeur).

La définition d’un revenu « passif » est un peu plus subtile : c’est un revenu qui est généré principalement en contrepartie d’un autre facteur que le facteur temps (système, capital, etc.)

L’investisseur en immobilier physique qui génère des revenus fonciers équivalents à un salaire passe du temps à collecter les loyers, faire les états des lieux, assurer la maintenance, etc.

Mais cela lui en demande beaucoup moins que de passer ses journées assis à un bureau de 9h à 19h. Et il a la possibilité de déléguer la gestion de ses investissements.

L’investisseur en immobilier papier qui génère des revenus mobiliers équivalents à un salaire passe du temps à analyser les rapports financiers, les perspectives du marché, les ratios de gestion, etc.

Mais cela lui en demande beaucoup moins que de passer ses journées assis à un bureau de 9h à 19h, ou d’assumer la gestion d’un bien immobilier physique. Quelques heures chaque trimestre. Et encore…

Le problème quand on est un « naïf optimiste », c’est qu’on se berce d’illusions en imaginant que les actifs vont nous permettre de générer des revenus passifs rapidement et sans effort. Alors que l’investissement est une discipline comme une autre dont il faut apprendre les règles de fonctionnement AVANT d’en recueillir les fruits.

Pour générer des revenus passifs en partant de zéro, vous investissez d’abord votre temps et vous abattez une bonne quantité de travail pour apprendre et vous éduquer. Et ensuite, vous récoltez les fruits de vos efforts. Et vous travaillez beaucoup moins.

Se demander s’il est (vraiment) possible de générer des revenus passifs est une attitude stérile qui ne vous mènera nulle part.

Les revenus passifs sont inhérents à la nature même d’un système capitaliste. Si vous vivez dans un pays capitaliste, vous ne pouvez pas y échapper. Qu’ils prennent la forme de revenus du capital ou de revenus tirés d’un système entrepreneurial.

Non, la vraie question que vous devez vous poser, c’est plutôt de savoir quels types de revenus passifs vous allez générer dans le cadre de votre stratégie d’indépendance financière.

Quelle classe d’actifs vous correspond le mieux.

Quel objectif de rendement vous souhaitez vous fixer.

Quelle appétence au risque est la vôtre. Et quel est votre profil d’investisseur.

Bref, quelle stratégie financière vous allez suivre pour gagner votre indépendance financière. Car les classes d’actifs ne sont au final que des outils. Rien de plus. Et ce qui compte, c’est de savoir comment vous allez utiliser ces outils pour atteindre votre objectif.

Devenir rentier n’est un mythe que pour le « naïf optimiste » déçu qui n’a pas compris que pour réussir dans le monde de l’investissement, il faut travailler AVANT d’être récompensé et de travailler beaucoup moins. Sous peine de subir de graves déconvenues et de se transformer en « naïf pessimiste ».

Devenir rentier n’est un mythe que pour le « naïf pessimiste » qui voit le monde et les autres en noir. Et qui devra un jour ou l’autre travailler sur ses croyances limitantes, s’il veut se réconcilier avec l’argent.

Mais cela, me direz-vous, c’est un tout autre objectif…

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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