Resilience

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Caractéristiques

Traduction : La résilience. Pourquoi les choses rebondissent.

Version papier : 336 pages

Temps de lecture estimé (livre complet) : 7 heures

Temps de lecture estimé (résumé) : 20 minutes

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Choix du livre

Resilience est un livre qui intéressera aussi bien les professionnels que les particuliers et les institutionnels. Il détaille les mécanismes qui permettent de faire preuve de résilience à l’échelle individuelle, environnementale, économique ou encore sociale.

Il présente également une liste de choses à faire et à ne pas faire en fonction des situations qui se présentent à vous. Il constitue à ce titre une excellente référence pour toute personne ou entreprise qui souhaite gérer une crise.

Le livre nous révèle donc de multiples stratégies qui peuvent être appliquées aussi bien sur le plan individuel que sur le plan international. Les exemples d’application ne manquent d’ailleurs pas : monde de l’entreprise, politique, affaires étrangères, catastrophes naturelles, etc. Le lecteur comprend ainsi comment éviter un événement négatif ou comment y faire face si ce dernier se produit.

Pour profiter pleinement du livre, le mieux est de le lire du début à la fin sans interruption. Les chapitres sont organisés de manière claire et précise et fourmillent d’anecdotes et de techniques éprouvées pour nous permettre de rebondir après une crise, quelle qu’en soit la nature. 

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A propos des auteurs

Andrew Zolli dirige le réseau d’innovation international PopTech, une communauté d’innovateurs internationaux qui se réunissent pour partager des idées et collaborer sur la résolution de problèmes cruciaux en adoptant des approches nouvelles. Il a longtemps fait partie de la National Geographic Society et son œuvre ainsi que ses idées font régulièrement l’objet de publications dans les grands médias nationaux.

Anne Marie Healy est dramaturge, scénariste et journaliste. Ses pièces, ses essais et ses récits ont été publiés chez Smith & Kraus, Samuel French et dans The Kenyon Review.

Introduction

La résilience est un guide inestimable pour rebondir efficacement après un coup dur ou une catastrophe. Sur les marchés globalisés qui font notre quotidien, il est devenu crucial pour les individus et les entreprises de résister à tous types de tempêtes qu’elles soient financières, émotionnelles ou physiques.

Il existe un nombre très important de forces incontrôlables qui peuvent affecter les individus de manière négative. Lorsque les systèmes ne répondent plus, comme les leaders réagissent-ils ? En se basant sur les dernières avancées scientifiques, technologiques et sociales, les auteurs de Resilience nous donnent les clés pour rebondir après les moments difficiles tout en faisant en sorte de minimiser la probabilité qu’ils se produisent en amont.

Le livre compare ainsi les compétences de survie d’individus et de groupes pour déterminer pourquoi certains survivent et d’autres périssent. Il nous donne également des outils pour faire en sorte de mieux rebondir et créer le plan stratégique qui nous correspond le mieux pour aborder l’avenir avec sérénité. Les auteurs entendent nous placer dans les meilleures conditions pour relever les défis qui nous attendent. Comme le disait Nietzsche : « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ».

La résilience : un impératif 

La résilience peut se définir comme la capacité d’un système, d’une entreprise ou d’une personne à maintenir la poursuite de ses objectifs prioritaires et son intégrité alors que les circonstances qui l’entourent changent de manière radicale. Il s’agit d’une qualité essentielle pour survivre dans l’environnement économique actuel. De nombreuses crises sont désormais susceptibles d’apparaître à tout moment. Que cela concerne la conjoncture économique, le changement climatique ou encore l’endettement massif des Etats, le rythme de notre monde s’accroit et les interruptions provoquées par ce changement de rythme deviennent de plus en plus régulières.

La volatilité est devenue la norme et la manifestation de cette volatilité semble constante. Les crises financières à répétition font les gros titres des journaux. Parallèlement, la guerre au Moyen Orient a eu des conséquences qui sont toujours visibles à l’heure actuelle. Ce qui se passe dans une partie du monde affecte désormais l’ensemble de la planète.

L’aptitude à gérer ces situations et la capacité à rebondir sont cruciales. Le véritable enjeu est donc de savoir ce qui permet à un système ou une communauté de rebondir alors que d’autres s’effondrent littéralement sous la pression.

Le concept de résilience a plusieurs significations qui divergent selon les domaines concernés. Dans le domaine de l’ingénierie, cela peut concerner la force d’une structure. En psychologie, cela correspond au seuil jusqu’auquel un individu peut aller pour supporter les traumatismes. La résilience est favorisée en prêtant attention aux mécanismes de feedback qui sont susceptibles de donner l’alerte en cas de changement imminent. Elle est également favorisée lorsque le système considéré est réorganisé de manière dynamique.

La résilience ne doit pas être confondue avec la robustesse, la répétition ou la reprise. Elle concerne davantage l’acceptation et l’identification d’un danger potentiel ainsi que la préparation nécessaire à la gestion de ce danger. La résilience peut être améliorée en augmentant la résistance d’un système grâce à l’identification de ses seuils critiques et en maintenant et en approfondissant sa capacité à s’adapter en cas de dépassement de ces seuils critiques.

Robuste et fragile à la fois 

Pour comprendre ce qui permet aux choses de rebondir, il est important de comprendre dans un premier temps pourquoi elles se désorganisent.

Quels que soient les systèmes considérés, les gens, les gouvernements, les entreprises, les organisations politiques, tous ont des forces et des faiblesses. Cette nature à la fois robuste et fragile fait partie de la vie. Internet en est d’ailleurs un excellent exemple. Le champ d’application d’internet et le changement qu’il a apporté au monde est quasiment infini. C’est une force puissante et non mesurable qui a ouvert la voie à de nombreuses interactions, informations et au progrès. Pourtant, malgré cette force apparente, Internet possède également un côté fragile dont nous avons tous été témoins.

L’illustration parfaite est celle du scandale WikiLeaks qui a fait la une des journaux en 2010 lorsque des documents confidentiels de l’armée américaine ont été publiés en ligne. Le cœur du fonctionnement d’internet concerne l’information. La majorité de ces informations sont de natures privées et personnelles qui ne sont pas supposées être consultables à une échelle internationale. L’affaire WikiLeaks a fait grand bruit car elle mettait en lumière les failles du système internet.  Parce que tout le monde croit qu’internet fonctionne en continu en dépit des pannes d’équipement, des pirates et d’autres types de menaces, la mise en lumière d’une faille dans le système peut se révéler être désastreuse.

Les mêmes principes peuvent être appliqués aux problèmes environnementaux. Lorsque l’ouragan Allen a détruit les barrières de corail en Jamaïque en 1980, la population locale n’a pas eu d’autre choix que de rebondir.

De la même manière, le monde financier est robuste et fragile à la fois. La résilience peut être obtenue en bâtissant un portefeuille équilibré qui permet de traverser les hauts et les bas des marchés financiers. Dans les bons moments comme dans les mauvais moments, détenir des matières premières et des actions de croissance par exemple peut permettre à un investisseur de traverser les périodes de turbulence sans trop de casse. La résilience va au delà du simple fait d’avoir une structure appropriée. Elle implique d’avoir mis en place des processus et des pratiques qui permettent de connaître la santé de n’importe quel système ainsi que son aptitude à émerger et à se mobiliser face aux interruptions.

Détecter, gravir, essaimer

La résilience peut être adoptée aussi bien dans les systèmes positifs comme les gens, les gouvernements ou les entreprises que dans les systèmes négatifs comme les organisations terroristes ou les maladies.

L’aptitude des organisations terroristes et des maladies infectieuses à contrôler et modérer leur efficacité est une forme de résilience. Leur métabolisme, c’est à dire la coordination de plusieurs processus travaillant simultanément, est un facteur clé de succès. Ils savent exactement quand se battre et quand se cacher. Ils ont une sorte de baromètre interne qui leur permet de savoir quand il faut se montrer actif et quand il faut savoir battre retraite. Enfin, ils savent également comment agir de manière précise et planifier leurs attaques.

Depuis les attentats du 11 Septembre 2001, on a pu constater un effort mondial pour éradiquer les réseaux terroristes. On aurait pu penser que grâce aux investissements colossaux consentis et à la coordination internationale, ces derniers auraient été éradiqués. Pourtant, le terrorisme continue de se propager à travers le monde. Ce « succès » est largement dû à la structure en réseaux et à l’aptitude collective de se regrouper et d’accomplir leur mission des principales organisations concernées. Elles alternent ainsi les périodes de forte activité et les périodes d’inactivité. Cela leur permet d’atteindre une efficacité de long terme et une aptitude à se montrer résilient face à leurs ennemis.

Les principaux points communs entre les maladies infectieuses et les organisations terroristes concernent leur capacité à anticiper, à moduler et à contrôler leurs actions respectives. Il n’y a pas à proprement parler de commandement centralisé. Elles sont au contraire organisées en modules qui travaillent ensemble pour réussir et leur permettent de rebondir en cas d’échec.

La force des regroupements

Créer des regroupements ou rejoindre des forces qui se battent pour une cause commune est une méthode cruciale pour favoriser la résilience. En biologie, la notion de métabolisme peut être divisée en 2 catégories :

  1. Les processus cataboliques qui permettent de transformer la graisse et les glucides en énergie,
  2. Les processus anaboliques qui utilisent l’énergie créée pour générer des protéines.

De manière similaire, un certain nombre de processus peuvent être amenés à travailler ensemble pour créer davantage de résilience dans les villes, les groupes sociaux, et plus généralement les êtres humains. Lorsque les populations augmentent dans les villes, les salaires augmentent, les entreprises se créent et les gains financiers finissent par suivre. Dans le même temps, cependant on constate également une augmentation des crimes violents, des  différents types de trafic et des maladies. Les communautés représentent des concentrations de divers aspects allant du voisinage aux réseaux sociaux et infrastructures. Les personnes venant de milieux différents forment des affiliations différentes. Chaque groupe a des objectifs différents et pourtant chacun d’entre eux tente de vivre du mieux qu’il peut avec les autres tout en recherchant l’harmonie.

Un exemple positif de regroupement est celui de l’expert forestier Willie Smits. Pour sauver la population mourante d’orang-outang en Indonésie, Smits a négocier et mobiliser des citoyens locaux qui ont accepté de vendre une partie de leurs terres pour créer une réserve dans laquelle les animaux pourront survivre. Cela a nécessité de faire appel à des notions telles que la préservation écologique, la capacité d’adaptation et une bonne dose de confiance envers les citoyens locaux qui ont été payés pour mettre leurs terres à disposition. Ce regroupement a donc eu des effets extrêmement positifs compte tenu des circonstances. Attention toutefois, même les regroupements positifs sont sujets aux choix des personnes qui en font partie, leur faculté à s’adapter au changement et à collaborer ensemble une fois le changement entériné. Tous ces facteurs peuvent affecter la viabilité de la résilience sur le long terme.

L’esprit résilient

La résilience existe dans des regroupements de grande taille comprenant des gens, des conglomérats de multinationales et des partis politiques. Mais elle peut également être présente à des niveaux beaucoup plus personnels.

En 1991, le psychologue George Bonanno a étudié le deuil à l’université de Californie à San Francisco. Il s’agissait d’un domaine dans lequel la théorie était beaucoup plus présente que les faits. Bonnano cherchait à étudier la réponse des individus à la tristesse et au deuil. Il orienta ainsi sa recherche vers 5 schémas de réponses différents :

  1. Dépression chronique
  2. Deuil chronique
  3. Dépression en voie de guérison
  4. Rétablissement progressif
  5. Résilience

Le premier groupe d’individus démontrait peu de résilience, restant en dépression avant et après la perte. Le deuxième groupe continuait à vivre mais se trouvait dans une impasse. Le groupe 3 montrait des signes de dépression avant la perte mais leur état général s’améliorait avec le temps. Le groupe 4 ressentait des émotions négatives telles que la peine et l’anxiété qui diminuaient progressivement. Enfin, le groupe 5 ne montrait aucun traumatisme particulier que ce soit dans l’immédiat ou quelques années après la perte.

Les recherches de Bonanno montrèrent différents niveaux de résilience. L’ego-résilience correspond à la capacité de surmonter l’adversité. L’ego-contrôle désigne l’aptitude d’un individu à mettre de côté sa peine et à se concentrer sur des objectifs futurs. Certaines influences comme la religion, la génétique, les médicaments et la méditation peuvent avoir un impact sur l’aptitude d’une personne à s’adapter à la tristesse. Même les esprits les plus résilients doivent s’ajuster lorsqu’ils doivent affronter le changement dans leurs activités et dans leurs vies. Le travail et les autres facteurs de stress peuvent également jouer un rôle. Le développement personnel et l’éducation améliorent également le niveau de bien-être et la satisfaction en augmentant le degré de résilience. La résilience  de l’esprit s’apprend même s’il faut parfois un peu d’aide.

La coopération quand cela importe

Dans la plupart des cas, pour faire en sorte que la résilience puisse voir le jour, des opposants réels ou potentiels doivent mettre de côté leurs sentiments personnels pour se réunir en tant que groupe. En Septembre 2008, le secrétaire d’état américain Henry Paulson réunit 30 des dirigeants les plus puissants de Wall Street. L’objectif était de rassembler leurs talents, leur influence et leur puissance économique pour sauver Lehman Brothers et éviter le naufrage complet du système financier américain. Paulson mit en avant le fait que ces hauts responsables avaient une responsabilité vis-à-vis des marchés. Paulson mit également en garde ces derniers contre les conséquences dramatiques qu’aurait la faillite de la banque pour l’ensemble du système. Le groupe se réunit et débattit mais les dirigeants ne parvinrent pas à trouver d’accord. L’issue finale n’en fut que plus dramatique et les Etats-Unis connurent l’une des plus grosses faillites de leur histoire.

Lorsque les individus sont en mesure de penser d’abord en terme de bien être social, ils sont parfois amenés à prendre des décisions qui vont à l’encontre de leurs propres intérêts. Il s’agit la plupart du temps d’une décision très difficile à prendre car nous éprouvons tous une aversion forte au sentiment d’iniquité. Si l’on prend l’exemple du singe à qui l’on donne un concombre à manger. Ce dernier semble très satisfait de son concombre jusqu’à ce qu’il aperçoit un autre singe en train de manger du raisin. Le concombre qui apparaissait si juteux il y a quelques secondes encore n’est désormais plus tout à fait du goût de notre primate. Pour que la résilience puisse trouver sa place, un individu doit être en mesure de penser au delà de ses propres intérêts personnels. Le respect est une qualité clé pour faire de la résilience une réalité. La prospérité réciproque – c’est à dire le sentiment que la croissance économique ainsi que les événements positifs qui vont avec aident la communauté et les individus – est également primordiale.

La prospérité réciproque a été parfaitement incarnée par Rosalind Sewell, une étudiante de la Tufts Fletcher School of Law qui a – grâce aux réseaux sociaux et aux technologies de la communication – mobilisé des milliers de personnes à travers un effort collectif « Mission 4636 » pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre qui a eu lieu en Haïti en 2010. Les êtres humains vivent en tribus, en réseaux et en équipes. L’aptitude à mettre l’intérêt de ces groupes au dessus du seul intérêt individuel est un facteur clé de résilience.

La diversité cognitive

La diversité cognitive désigne la répartition efficace de différents types de penseurs au sein d’un groupe. Les auteurs prennent l’exemple de 2 laboratoires. Le laboratoire A est dirigé par un scientifique émérite entouré d’une équipe de scientifiques non moins talentueux. Le laboratoire B est composé d’une multitude de scientifiques d’horizons différents allant du chimiste au médecin généraliste en passant par le généticien. Grâce à la diversité de profils des scientifiques composant le laboratoire B, ce dernier groupe fut en mesure de résoudre un problème qui lui avait été soumis en moins de 2 minutes alors que le laboratoire A était encore en train de travailler dessus 2 mois plus tard.

La diversité cognitive est le fruit de différentes opinions et de différentes méthodes. Evidemment, la diversité génère des discussions et des désaccords mais le champ élargi de connaissances du groupe permet également de répondre aux questions de manière beaucoup plus efficace. La force d’un groupe réside non seulement dans le nombre de personnes le composant mais également dans la diversité des profils de ces personnes. La diversité cognitive élimine le risque grâce à la connaissance.

Le concept de risque est d’ailleurs très lié à celui de résilience. La compensation du risque, c’est la conviction que chaque individu possède en lui une tolérance au risque innée. Par exemple, plus les véhicules deviennent sûrs grâce aux ceintures de sécurité et aux airbags, plus les individus prennent de risques au volant. De la même manière, plus les traitements contre le SIDA et les MST s’améliorent, plus les comportements sexuels à risque augmentent.

La condition humaine est en état perpétuel d’adaptation au monde et se bat pour atteindre le niveau d’homéostasie qui lui permettra de conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures. Cette capacité est ce qui permet à un individu ou à un groupe de devenir plus résilient.

Les communautés qui rebondissent

Les communautés doivent faire face à un certain nombre de problèmes, allant des délits en tous genres aux manques liés à l’éducation en passant par les problèmes de pollution. L’aptitude d’une communauté à fonctionner au delà des normes sociales et des structures est un aspect clé pour lui permettre de rebondir après un coup dur. La crise de l’eau potable qui a eu lieu au Bangladesh au début des années 1970 est un bon exemple de l’effort de la communauté internationale pour se montrer résiliente face à un problème sérieux.

Il y a 44 ans, des maladies telles que le choléra, l’hépatite et la typhoïde affectaient de nombreux bangladeshis. L’UNICEF lança alors un vaste programme de purification de l’eau à travers tout le pays. Ce fut un projet de grande envergure qui permit à plus de 80% de la population d’avoir un accès à l’eau potable à l’aube de l’an 2000.

L’UNICEF avait alors décidé de coopérer avec l’OMS et une association locale appelée BAMWSP. La crise de l’eau qui avait sévi pendant de nombreuses années prit fin : l’objectif fut atteint grâce à la coopération de ces divers organismes.

Pour faire en sorte d’unir une communauté et lui permettre de rebondir, les réseaux sociaux peuvent s’avérer être d’une aide très précieuse. Comme les ordinateurs, les communautés changent en permanence et doivent être renouvelées grâce à des informations mises à jour. Il faut également changer la manière de penser des communautés. L’être humain doit prendre possession de son environnement. Les auteurs de délits doivent également changer leurs comportements individuels. Ce type de changement comportemental est très complexe mais il sert à créer de nouvelles normes dans une communauté et éviter les coups durs à l’avenir.

Le leader translationnel

Les leaders charismatiques semblent tous avoir des caractéristiques communes :

  • L’aptitude à rassembler des groupes divers,
  • L’aptitude à créer des relations,
  • L’aptitude à mener à bien des transactions qu’elles soient politiques, économiques ou sociales.

Les leaders translationnels ont un talent naturel pour connecter les groupes de toute nature, des plus populaires à ceux qui sont les plus reclus. Lorsqu’un problème émerge, l’existence d’un tel leader peut véritablement faire la différence entre la survie du groupe et le désastre.

Au milieu des années 1980, un tel leader émergea dans la république des Palaos. Avec l’arrivée des centres hôteliers internationaux, les pêcheurs locaux se bâtirent pour défendre leur territoire de pêche. La bataille prit encore plus d’importance lorsque de nombreux pêcheurs détruisirent une partie de la côte pour étendre leur zone de pêche. Noah Idechong était à l’époque un officier de la Palau Natural Resources Division. Les 2 camps ne tardèrent pas à se retrouver dans son bureau pour défendre leurs intérêts. Idechong fit en sorte de rétablir le dialogue entre les pêcheurs et la partie adverse. Il demanda également l’instauration d’une taxe touristique spéciale à destination des pêcheurs locaux pour leur permettre de bénéficier également de l’activité touristique. En agissant de la sorte, Idechong se comporta en leader translationnel qui respecta les positions des 2 parties tout en mettant au point un plan qui puisse bénéficier à ces derniers de manière équitable.

Le respect joue un rôle fondamental dans n’importe quel système social qui vise la résilience. Chaque partie doit se sentir investie et impliquée dans le processus. Les leaders translationnels doivent ainsi jouer différents rôles notamment de médiateur, professeur, économiste et ingénieur. Ils doivent se montrer honnêtes et engagés, respecter des principes de respect et d’unité et développer l’aptitude à se constituer un réseau coopératif. Il existe d’ailleurs 4 étapes pour constituer ce type de réseau :

  1. La résilience se fonde sur la confiance dans le système, qui permet aux opposants de travailler ensemble rapidement lorsque les circonstances l’exigent. De petits groupes partageant des intérêts communs doivent ainsi émerger.
  2. Les leaders translationnels doivent créer des plateformes qui connecteront différentes communautés.
  3. Les leaders doivent créer des ponts entre les différentes communautés ce qui constituera à terme un réseau social.
  4. La plateforme centrale du système doit également être connectée à des ressources en dehors du système.

Comment introduire la résilience chez soi

La résilience est le résultat d’un mélange entre relationnel, diversité, coopération et indépendance. Certaines fragilités doivent être combattues. Dans le cas d’une ville par exemple, cela peut concerner la pauvreté. Dans une entreprise, cela peut concerner le manque de mobilité ascendante. Dans le cas de l’environnement, cela peut concerner les catastrophes naturels ou le changement climatique. A une échelle plus personnelle, cela peut concerner les conséquences néfastes d’une dépression et de la tristesse. La clé pour atteindre la résilience est de traiter ces différentes fragilités. Les communautés, les organisations et les individus doivent reconnaître les problèmes potentiels qui peuvent inévitablement apparaître. Cette gestion du risque est un aspect clé du rebond après un coup dur.

Bien que la résilience puisse être gérée par des institutions établies, elle est bien souvent caractérisée par le concept d’ « adhocratie », c’est à dire les rôles informels, l’improvisation et l’action de différentes équipes spécialisées. La résilience est la conséquence de différents facteurs qui s’unissent pour obtenir le résultat escompté. Elle concerne les systèmes, les structures, les technologies et l’information mais surtout la responsabilité personnelle, les valeurs morales et un état d’esprit résilient.

La véritable résilience se trouve chez les voisins qui se regroupent pour faire cause commune, ou chez des personnes qui mettent leurs sentiments personnels de côté pour faire front face à un danger qui met en péril l’intérêt collectif de la communauté. La résilience concerne davantage ce que croient un groupe ou des individus, leur attitudes mentales et la réponse qu’ils apportent face aux événements imprévus.

Pour conclure, la résilience émane de l’intérieur et procure à chacun une seconde chance de réussite.

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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