The Adversity Advantage

intelligence émotionnelle

Caractéristiques

Version papier :  256 pages
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A propos des 2 auteurs

Paul Stoltz et Erik Weihenmayer sont les 2 auteurs du livre The Adversity Advantage. Paul Stoltz est le fondateur et le président de Peak Learning, un cabinet de conseil international. Erik Weihenmayer est – à ce jour – le seul athlète aveugle à être parvenu à faire l’ascension des 7 sommets les plus hauts du monde.

Introduction

L’adversité est un aspect incontournable de l’existence humaine. Si l’on reconnaît bien volontiers la souffrance et la douleur qui accompagnent l’adversité, ses bénéfices sont bien souvent malheureusement négligés. Lorsque l’adversité est gérée correctement, cette dernière a le pouvoir unique d’aider les individus à se transcender pour élever leur niveau de performance, d’innovation, d’énergie et de satisfaction personnelle.

Dans leur livre The Adversity Advantage, Paul Stoltz et Erik Weihenmayer utilisent la métaphore des 7 sommets pour représenter l’inspiration et le défi que suscite la maitrise de l’adversité. Pour chaque sommet, les auteurs proposent des exercices, des informations précieuses et des stratégies pour nous aider à mieux comprendre l’adversité et à l’utiliser à son profit.

Sommet numéro 1 : Mesurez-vous à l’adversité

L’adversité est un mot puissant et il peut générer des conceptions et des émotions diverses et variées. L’adversité peut aussi bien désigner les petits tracas de la vie quotidienne comme des revers majeurs. C’est la raison pour laquelle, les auteurs la définissent ainsi :

L’adversité apparaît lorsque quelque chose de négatif affecte ou est susceptible d’affecter quelqu’un ou quelque chose qui vous tient à cœur

Bien que l’adversité puisse être épuisante, elle peut également résulter dans la croissance de la force et de l’énergie de l’individu si elle est gérée correctement.

Le continuum de l’adversité est un modèle qui décrit la diversité des réponses que les individus sont susceptibles de produire et les résultats qu’elles engendrent. Le continuum de l’adversité est composé de 5 étapes : l’évitement, la survie, l’adaptation, la gestion, la maitrise.

L’évitement est malheureusement une attitude instinctive. Il est naturel de préférer éviter les situations qui sont susceptibles de nous mettre en difficulté. Le mécanisme primitif que nous utilisons pour cela est celui du déni. Weihenmayer en a lui-même fait l’expérience lorsqu’il était enfant en essayant de se convaincre que le diagnostic concernant la perte de sa vue était infondé. Bien que le déni puisse nous permettre de rester dans un état temporaire de confort, ce dernier est épuisant car il génère des émotions négatives. Le déni ne permet pas d’éviter l’inévitable.

Au stade de la survie, l’individu peut se sentir soulagé de quitter l’évitement et son cortège d’émotions épuisantes. L’objectif ici est seulement de parvenir à faire avec. Bien que cette étape soit importante, rester coincé à ce stade peut également s’avérer être exténuant. Il faut donc faire en sorte de passer à l’étape suivante très rapidement.

Il existe de nombreuses manières de s’adapter à l’adversité. Certaines peuvent être utiles. D’autres plus destructrices. Les mécanismes d’adaptation les plus utiles peuvent consister à pratiquer un sport ou à faire une pause. Les mécanismes les plus destructeurs sont par exemple la boisson, la critique ou encore la victimisation. Weihenmayer n’a ainsi pas eu d’autre choix que d’accepter sa cécité et d’apprendre à vivre avec.

La gestion de l’adversité implique d’être en mesure de minimiser ses impacts négatifs sur notre vie. Dans le cas de Weihenmayer, ce dernier utilise différentes stratégies pour vivre avec son handicap comme la possession d’un chien guide d’aveugle et d’un ordinateur parlant.

La maitrise de l’adversité consiste à utiliser cette dernière pour s’élever soi-même et les autres. Face à l’adversité, il peut paraître inconcevable qu’un résultat positif puisse être engendré par la situation. Bien que cela ne soit pas instantané, cela reste néanmoins du domaine du possible.

Chaque niveau du continuum se construit sur les faiblesses du niveau précédent. Bien que l’attitude d’un individu fluctue bien souvent d’un niveau à l’autre, l’objectif est de perdre le moins de temps possible aux niveaux inférieurs pour en passer d’autant plus aux niveaux supérieurs. Il est à cet effet crucial de prendre le temps de la réflexion et de faire preuve d’honnêteté analytique plutôt que de continuer à se mentir à soi-même.

Pour être en mesure de maitriser l’adversité, il faut d’abord être en mesure de l’identifier correctement. La première étape consiste à identifier défis et adversité en utilisant l’inventaire d’adversité – un processus de 7 étapes inventé par les 2 auteurs qui consistent à : catégoriser sa vie (famille, amis, centres d’intérêt, santé, etc.), se fixer des objectifs personnels (en identifiant 2 ou 3 choses à accomplir dans les domaines cités précédemment), prioriser sa souffrance (en identifiant dans les domaines précédents 2 ou 3 adversités qui causent le plus de souffrance), choisir l’adversité qui – une fois maitrisée – sera la plus génératrice d’énergie, identifier son défi majeur dans la liste des objectifs personnels établie précédemment, sélectionner l’adversité qui a le plus de potentiel parmi celles qui naitront du défi majeur, identifier les motifs d’inaction susceptibles de saper la réussite du défi majeur.

Sommet numéro 2 : Rassemblez vos forces

Chaque individu réagit naturellement en recherchant des tâches dans lesquelles il excelle en évitant celles qui lui paraissent plus difficiles à accomplir. Bien que cela puisse être source de succès, refuser d’accomplir certaines tâches peut également limiter notre développement personnel. C’est la raison pour laquelle le sommet numéro 2 concerne aussi bien la maitrise de nos forces que le développement et la maitrise de nouvelles forces qui pourront être utilisées face à l’adversité pour s’épanouir et réussir.

Pour déterminer les forces utiles pour maitriser l’adversité et relever un défi majeur, les auteurs suggèrent d’utiliser une formule très simple :

 Volonté + compétence = forces.

Dans cette formule,  la volonté représente le désir humain fondamental de compléter la tâche en question. Elle relève essentiellement d’une combinaison entre effort, détermination, désir et esprit de décision. La compétence représente les actions qu’un individu est en mesure de réaliser de manière satisfaisante. Qu’elles soient innées ou acquises par l’apprentissage, les compétences doivent être développées et affinées.

Il existe deux formes uniques de forces : les forces habituelles et les forces relatives à l’adversité. Le premier type de forces se retrouve dans ce qu’un individu est capable de faire dans des conditions habituelles de la vie de tous les jours. Le second type de forces se réfère à ce qu’un individu est susceptible de démontrer dans des conditions de pression et de difficulté hors norme. Pour certains, les forces habituelles et les forces relatives à l’adversité sont similaires. Pour d’autres en revanche, les deux types de forces peuvent parfois être diamétralement opposés. L’objectif est donc de faire en sorte de minimiser les différences entre les forces habituelles et les forces relatives à l’adversité.

Quelles qu’elles soient, les forces d’un individu sont nécessairement limitées. C’est pourquoi il est bien souvent bénéfique de travailler en équipe dont les forces complémentaires sont un facteur clé de succès. Pour faire le bon choix de partenaires, les auteurs suggèrent d’utiliser la méthode AWE.

Le facteur A représente les forces que les membres de l’équipe vont pouvoir apporter face à l’adversité. Un exercice est disponible dans le livre pour permettre une estimation du facteur A d’un individu. Le facteur W représente la raison pour laquelle un individu poursuit un objectif. Le facteur E représente l’ego. Dans une acception large, l’ego n’est pas nécessairement connoté négativement s’il représente les forces et les contributions apportées au groupe par un individu.

Sommet numéro 3 : Engagez votre CORE

Le sommet numéro 3 enseigne comment engager son CORE. Le CORE d’un individu est dérivé de son quotient d’adversité, qui permet de mesurer la réaction d’un individu face à l’adversité. Prosaïquement, le CORE d’un individu permet de savoir si ce dernier sortira ou non vainqueur de sa bataille avec l’adversité.

Le C de CORE désigne le contrôle. Chaque individu cherche à maitriser les circonstances de sa vie à des degrés divers. Concernant l’adversité, la question cruciale est de connaître le degré de perception de l’individu sur le contrôle qu’il exerce sur la situation et sur ce qui va se produire ensuite. Dans cette optique, il est essentiel de se concentrer sur les aspects de l’adversité qu’un individu peut potentiellement influencer, plutôt que sur ceux sur lesquels il n’a pas de prise.

Le O de CORE désigne l’impact qu’un individu est susceptible d’avoir sur une situation pour faire en sorte que les choses s’améliorent. L’impact d’un individu représente sa capacité à agir de la meilleure manière au meilleur moment.

Le R de CORE désigne l’intensité avec laquelle un individu juge une situation catastrophique. Il est essentiel pour ce dernier d’avoir une vision juste des choses pour être en mesure d’en minimiser les aspects négatifs et d’en maximiser les aspects potentiellement positifs.

Le E de CORE désigne l’endurance. Il est important de mesurer la durée de l’adversité que l’individu va devoir traverser. Les individus qui perçoivent l’adversité comme temporaire sont plus enclins à travailler dessus et à l’utiliser pour s’améliorer.

Une fois qu’un individu est parvenu à construire son CORE, il est essentiel de continuer à pratiquer et à renforcer les composantes de ce dernier. Weihenmayer est la preuve vivante de l’individu qui engage de manière permanente son CORE dans sa vie de tous les jours :

En me concentrant sur ce que je suis en mesure d’influencer, en agissant pour tirer le meilleur des situations les plus difficiles, en travaillant pour minimiser les effets négatifs et maximiser les effets positifs d’une adversité tout en maitrisant la douleur, je suis désormais en mesure de repousser constamment mes propres limites.

Sommet numéro 4 : Explorez les possibilités

Explorer les possibilités permet de trouver l’inventivité et les outils pour relever des défis que les autres pensent insurmontables. Selon les 2 auteurs, nous n’avons pas d’autre choix que d’explorer sans cesse nos possibilités si nous souhaitons avoir un impact sur nos entreprises, nos communautés et plus largement notre société. Le processus d’exploration de nos possibilités se décompose en 3 étapes clés : sélectionner un objectif qui en vaut la peine, créer un système qui permet d’atteindre l’objectif et exécuter le système quand cela compte le plus.

Contrairement à l’idée que l’on se fait de la détermination d’un objectif, l’auteur recommande d’abandonner les critères habituels (spécifique, réaliste, atteignable, etc.) et de privilégier l’examen de notre motivation, de nos forces et de l’excitation ressentie à l’idée d’atteindre l’objectif.

Une fois l’objectif déterminé, il est crucial de développer un système capable d’atteindre l’objectif. Ce dernier doit être portable, réplicable, original, personnel et simple. Une fois le système développé, ce dernier devra être testé dans de multiples situations. L’échec doit être vu comme une occasion d’améliorer le système.

Sommet numéro 5 : Voyagez léger et choisissez bien votre équipement

Tout comme Weihenmayer voyage léger et choisit avec minutie son équipement lorsqu’il gravit un sommet, chaque individu doit faire de même dès lors qu’il fait face à l’adversité. Le sommet numéro 5 a pour objectif de nous apprendre à réorganiser notre vie pour mieux affronter l’adversité lorsqu’elle se présente à nous.

Le premier concept abordé est celui du minimalisme. Bien que la plupart des gens se lance dans une course à la possession matérielle, ces derniers alourdissent bien souvent davantage leur vie plutôt qu’ils ne leur permettent de l’élever. Le confort matériel n’est pas nécessairement synonyme de bonheur. La plupart du temps, cela induit davantage de complexité, moins de temps et moins d’aptitude à relever les défis. Un individu doit donc être en mesure de déterminer si oui ou non il possède trop d’objets matériels et si les objets qu’il possède sont les bons pour lui permettre de donner du sens à sa vie.

Le second concept abordé est celui du temps. Le temps est une denrée précieuse qu’il est malheureusement très facile de gaspiller. Beaucoup d’individus seraient sans doute surpris de connaître le nombre d’heures qu’ils perdent à regarder la télévision ou à surfer sur internet sans but précis.

Le troisième concept abordé est celui du développement professionnel et personnel. Trop d’individus considèrent leur activité professionnelle comme une unique source de revenus et refusent d’y voir l’opportunité pour eux d’enrichir leur vie et leur énergie. De la même manière, il arrive que certains individus négligent d’investir du temps pour prendre soin de leur développement physique, émotionnel, mental et spirituel ce qui a pour effet de les rendre vulnérables dans les autres aspects de leur vie.

Sommet numéro 6 : Souffrez de la bonne manière

La souffrance fait partie de la vie. Son existence est bien souvent hors de notre contrôle. Ce qui est contrôlable en revanche, c’est la manière dont un individu souffre. Si ce dernier souffre de manière appropriée, cela peut être pour lui l’occasion de trouver le chemin de la grandeur. Sans la souffrance, il paraît très difficile de ressentir l’importance des grands accomplissements.

Selon les 2 auteurs, la souffrance représente l’acte d’endurer quelque chose de douloureux. Les critères définis par les auteurs sont : la sévérité de la douleur, la durée de la douleur, le degré de douleur des proches de l’individu concerné, l’importance de la douleur pour l’individu, et le prix à payer pour cette douleur. Ces critères sont essentiels pour permettre à un individu de découvrir son moi profond et lui permettre de mettre en place les fondations de son épanouissement futur.

Malheureusement, la plupart des individus réagissent mal lorsqu’ils doivent faire face à la douleur. Ils mettent en place des mécanismes de défense qui se traduisent par l’inaction, la plainte, la critique, l’identification à la douleur, la procrastination, le déni, la rationalisation, etc.

Les auteurs distinguent 4 types de souffrance. La souffrance physique lorsque le corps est blessé ou malade. La souffrance émotionnelle causée par des émotions comme la colère, l’anxiété, l’envie ou l’amour. La souffrance mentale qui décrit la difficulté d’identifier la meilleure solution pour résoudre un problème significatif. La souffrance spirituelle qui décrit l’incapacité à imaginer l’avenir, et qui se traduit par une perte d’espoir et de sens.

Evidemment, en dépit de cette catégorisation, il arrive que nous ressentions plusieurs types de souffrance à la fois.

La souffrance peut ainsi résulter en des attitudes diamétralement opposées de la part d’un individu. Souffrir peut ainsi amener un individu à se replier sur lui-même et à devenir égoïste mais cela peut également l’amener à se sublimer pour s’élever au-dessous de l’adversité et tendre la main à ceux qui n’ont pas emprunté cette voie. L’attitude humaine la plus noble qui soit est celle qui consiste à transcender ses émotions pour les mettre au service de ce qui doit être fait.

Sommet numéro 7 : Soyez remarquable, chaque jour

L’objectif de ce sommet est d’apprendre à compiler la connaissance acquise dans les chapitres précédents pour devenir remarquable au quotidien. Pour cela, il faut savoir faire preuve de résilience, de compassion et d’intégrité.

Bien que chaque individu soit différent et conserve un système de valeurs propres, il existe néanmoins bon nombre de similarités entre les individus qui parviennent à se montrer remarquables dans leur vie de tous les jours. Ces derniers sont notamment capable de maitriser l’adversité et obtiennent ainsi un score élevé au test du continuum de l’adversité tout en se montrant exemplaire dans leur vie de tous les jours dans laquelle ils appliquent les principes détaillés précédemment.

Les auteurs estiment qu’il existe 2 possibilités distinctes pour atteindre l’excellence quotidienne. La première possibilité consiste à développer chaque jour les outils nécessaires pour atteindre l’excellence et à les appliquer dans un défi majeur. La deuxième possibilité consiste à utiliser les mêmes outils et à les appliquer à de multiples douleurs et adversités que l’individu aura identifiées au cours de son inventaire d’adversité. Le choix relève avant tout d’une décision individuelle.

Le plan de jeu à suivre consiste ensuite à examiner dans le détail chaque sommet évoqué précédemment en se posant les bonnes questions. Par exemple :

  •  Sommet 1 : quels comportements dois-je cesser d’adopter ? Quels comportements dois-je adopter pour m’améliorer ?
  • Sommet 2 : quelles forces puis-je utiliser pour relever mes défis ? Quelles forces vais-je devoir acquérir ?
  • Sommet 3 : Comment puis-je engager mon CORE pour maximiser son impact positivement ? Quel rôle mon quotient d’adversité a t-il joué dans le défi relevé ? Etc.

Une fois le plan de jeu établi, le vrai défi consiste à implémenter ce dernier. Bien que le fait de suivre un plan s’avère parfois difficile, les auteurs suggèrent l’idée que ce plan est différent et critique car l’adversité influence chaque aspect de notre vie. C’est la raison pour laquelle, une bonne maitrise de ce dernier doit permettre à chacun de s’améliorer dans des domaines extrêmement variés. Pour son propre bonheur, mais également pour celui des personnes qui nous sont proches.

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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