The Most Important Thing

the_most_important_thing_EFP

Caractéristiques

Traduction : La Chose La Plus Importante. Un peu de sens non commun pour l’investisseur réfléchi.

Version papier : 200 pages

Temps de lecture estimé (livre complet) : 6 heures

Achat du livre : cliquer ici

Choix du livre 

The Most Important Thing de Howard Marks est un livre à lire absolument si vous vous intéressez à l’investissement boursier, que vous soyez un professionnel de la finance ou un particulier désireux de faire fructifier ses économies.

Le livre est rédigé dans un style conversationnel, très simple d’approche avec très peu de jargon et des termes techniques définis le cas échéant.

Pour profiter pleinement de votre lecture, il faut un minimum de connaissances élémentaires en matière d’investissement.

Le livre est par ailleurs truffé de références intéressantes et de citations d’investisseurs reconnus. Il est illustré abondamment de graphiques et de tableaux pour illustrer les grands principes d’investissement.

Le dernier chapitre du livre est précieux car il permet de se faire une idée de la philosophie d’investissement que Marks a développée tout au long de sa carrière d’investisseur.

Un livre bien utile pour revisiter les principes clés à connaître avant d’investir sur les marchés financiers. 

Version audio

Téléchargement de la version audio : cliquer ici

Temps d’écoute estimé : 26 minutes

A propos de l’auteur

Howard Marks est le président et fondateur d’Oaktree Capital Management, une société de placement basée à Los Angeles dont l’encours sous gestion se monte à plus de 80 milliards de dollars. Il est diplômé de Wharton aux Etats Unis et est titulaire d’un MBA en comptabilité et en marketing de l’université de Chicago.

Introduction

Dans son livre The Most Important Thing, Howard Marks détaille sa propre philosophie d’investissement basée sur son expérience en tant que fondateur et président d’Oaktree Capital Management. Sa philosophie, il l’a construite au fil des ans par le biais des mémos qu’il a envoyés à ses propres clients. Marks insiste sur l’importance cruciale de bien réfléchir aux tenants et aboutissants de nos décisions d’investissement avant de passer à l’acte. Le succès de notre stratégie d’investissement en dépend.

The Most Important Thing n’est pas un guide d’investissement étape par étape mais procure au contraire des axes de réflexion en matière de rendement, de risque et de process à suivre pour aider les investisseurs à prendre de meilleures décisions et ne pas commettre d’erreur irréparable. Les idées distillées par Howard Marks sont volontairement provoquantes, controversées et évidemment de nature contrarienne.

Pensée réflexive et efficience des marchés

Selon Marks, peu de gens peuvent entrer dans le cercle très fermé des investisseurs hors du commun qui battent régulièrement le marché. Investir avec succès requiert de la perspicacité, de l’intuition, un sens de l’évaluation et une vigilance psychologique accrue – ce que Marks appelle « la pensée réflexive ».

La pensée immédiate est simple et superficielle. Elle est du genre : « les prévisions économiques paraissent peu favorables. Il vaut mieux ne pas acheter d’actions. » Alors que la pensée réflexive paraît plus complexe et plus alambiquée : « les prévisions sont mauvaises, la plupart des investisseurs vendent leurs actions, il est temps pour moi de passer à l’achat ».

Battre le marché ne signifie rien d’autre que faire mieux que l’investisseur moyen. La sagesse conventionnelle voudrait nous faire croire que les marchés sont efficients et que les prix des actifs reflètent parfaitement le consensus basé sur l’information disponible. C’est la raison pour laquelle de nombreux gourous de la finance estiment qu’il est impossible de battre le marché et pensent que les trackers représentent le meilleur choix d’investissement. Marks émet des réserves par rapport à la théorie de l’efficience des marchés en particulier en ce qui concerne le lien entre rendement et risque. La différence de rendements s’expliquerait par un écart de risque. Ainsi, des investissements risqués offriraient de meilleurs rendements en contrepartie du surplus de prise de risque qu’ils génèrent.

La théorie d’efficience des marchés énonce que les actions sont rarement mal évaluées dans la mesure où des millions de personnes analysent ces actifs en utilisant les mêmes informations.

Lorsqu’il s’intéresse à un actif qui semble mal évalué, un investisseur qui utilise la pensée réflexive se pose la question suivante : « Qui n’est pas au courant de cette bonne affaire ? ». Un tel investisseur est à la recherche de ce type d’inefficiences car ce sont elles qui lui permettent d’obtenir les meilleurs rendements. S’il est possible que les cours de certains actifs ne soient pas à leur niveau, alors cela signifie que l’on peut trouver de bonnes affaires ou au contraire acheter une action trop cher.

La théorie d’efficience des marchés s’applique dans une certaine mesure, il n’est pas conseillé de l’ignorer totalement. Le fait est que l’acceptation aveugle de la théorie peut malheureusement limiter les opportunités.

Relier la valeur au prix 

Le vieil adage du « acheter au plus bas et vendre au plus haut » se réfère à l’idée d’acheter un actif à un cours inférieur à sa valeur intrinsèque, et de le revendre ensuite à un cours plus élevé que son cours d’achat. Etre en mesure de déterminer la valeur intrinsèque d’un actif avant d’acheter est le point de départ indispensable pour investir avec succès.

L’investissement est basé sur 2 types d’approches : l’analyse fondamentale et l’analyse technique. Marks se montre très sceptique quant à l’efficacité de l’analyse technique car cette dernière se base sur les cours passés de l’action. Il cite ainsi la théorie de la marche aléatoire pour justifier son scepticisme : cette dernière énonce qu’il est impossible de prédire les fluctuations de cours futures en se basant sur le comportement des cours passés.

L’analyse fondamentale cherche à déterminer la valeur intrinsèque d’une entreprise et de ses actions pour en acquérir lorsque les cours de ces dernières divergent de leur valeur intrinsèque. L’investissement basé sur les fondamentaux tels que : les revenus, la trésorerie, les dividendes, les actifs tangibles, la dette et la valeur d’entreprise peut également être divisé en 2 catégories : l’investissement dans la valeur ou l’investissement dans les valeurs de croissance.

L’investissement dans la valeur s’attache aux fondamentaux pour trouver des actions qui paraissent sous évaluées en comparaison de la valeur intrinsèque de l’entreprise.

L’investissement dans les valeurs de croissance cherche à identifier des entreprises qui connaissent une croissance rapide et ont le potentiel pour s’apprécier durablement.

Pour les investisseurs dans la valeur, le cours est tout ce qui compte. Une action n’est attractive que si cette dernière est évaluée correctement. Le cours d’une action peut être influencé par des facteurs différents des fondamentaux : la psychologie du marché et les facteurs techniques tels que les appels de marge et les afflux de capitaux investis par les institutionnels. La psychologie est bien souvent ce qui explique qu’une action soit appréciée du marché ou non et peut avoir pour conséquence la formation de bulles lorsque le momentum prend le pas sur la raison. Baser ses décisions d’investissement sur les fondamentaux et sur la valeur de l’actif est l’approche la plus qualitative. Elle permet également d’aligner sa décision sur les évolutions techniques et psychologiques sans trop de heurts.

Un investissement gagnant se résume aux 4 points clés suivants :

  • La valeur intrinsèque de l’actif augmente,
  • L’investisseur utilise le levier pour générer davantage de profit,
  • L’actif est revendu à un cours supérieur à son cours d’achat,
  • L’actif est acquis à un cours inférieur à sa valeur.

De toutes les possibilités, la dernière est sans doute la plus fiable. Acheter un actif en dessous de sa valeur intrinsèque n’est pas infaillible mais cela représente très certainement la meilleure chance de succès.

La gestion du risque

Investir revient à faire un pari sur l’avenir et comme personne n’est en mesure de prédire l’avenir, le risque est toujours omniprésent. Le risque est l’élément central qu’il faut savoir comprendre, reconnaître et contrôler. Les actions sont sensées rapporter des rendements proportionnels au risque pris. Pourtant, des investissements plus risqués ne sont pas forcément plus rentables. Bien que la plupart des gourous de la finance considèrent la volatilité comme le principal risque auquel l’investisseur action doit faire face, les gens ordinaires pensent plutôt que la perte de capital constitue le plus gros risque.

Lorsqu’on investit, le risque peut prendre différentes formes. Parfois, les meilleurs investisseurs connaissent de longues périodes de sous performance car ils ne suivent pas la tendance des indices. Comprendre la vraie nature du risque revient à être conscient qu’il peut se produire des choses qui ne se sont pas encore produites. Cela implique d’envisager divers scénarios pour le futur. Il existe une différence fondamentale entre les probabilités et les résultats : des événements probables se produisent rarement alors que des événements improbables peuvent tout le temps se produire.

Le rendement doit être calibré en fonction du risque pris bien que ce dernier ne puisse pas vraiment être mesuré puisqu’il dépend avant tout de l’avenir. La décision de prendre un risque ou non est bien souvent prise en fonction de ce qui s’est déjà produit par le passé. Malheureusement, il arrive parfois que l’improbable se produise. Les investisseurs s’attendent à ce que l’avenir soit comme le passé et sous estiment le potentiel de changement. Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que le risque n’est pas forcément gage de meilleurs rendements. Bien au contraire.

Reconnaître et contrôler le risque 

Bien investir revient à générer des rendements et contrôler le risque. Reconnaître le risque est donc un préalable indispensable pour le contrôler. Lorsque les cours sont élevés, il en est de même du risque. Avoir conscience de la relation qui relie le cours à la valeur est une composante essentielle de la gestion du risque.

Un excellent indicateur de risque, c’est lorsque le marché pense que le risque est faible. Cela conduit à une hausse des cours comme sur la période 2005-2007 et génère des bulles qui éclatent à un moment ou à un autre. Lorsque tout semble rose, le danger est évidemment beaucoup plus élevé et l’attitude qui consiste à rester dans le déni conduit inévitablement à la catastrophe. Au contraire, un peu de scepticisme et d’inquiétude durant ce type de période est sans doute la meilleure attitude à avoir.

Le risque peut parfois être extrêmement difficile à identifier. Lorsque le marché se porte bien, que les cours sont haussiers et que le momentum est orienté à la hausse, alors les rendements diminuent progressivement. Lorsque la confiance augmente, le risque en fait exactement de même. Lorsque la peur et la frilosité prennent le dessus, le risque décroit tout comme les cours. Marks fait référence à cette relation qu’il surnomme « la perversité du risque ». Le risque d’investissement existe lorsqu’il est le moins perçu comme tel et vice versa. Lorsque la majorité des gens pensent que quelque chose est risqué, alors les cours chutent ce qui crée une prime de risque. Lorsque la majorité des gens pensent qu’il n’y a pas de risque, alors les cours montent tout comme le risque.

Les investisseurs les plus brillants se distinguent par leur aptitude à obtenir les meilleurs rendements tout en contrôlant le risque. De grands investisseurs n’obtiennent pas forcément des rendements phénoménaux mais se contentent de prendre des risques mesurés compte tenu de la performance obtenue. Ces investisseurs sont ainsi capables de générer des rendements modestes avec un très faible risque ou des rendements plus importants avec une prise de risque moyenne. Le risque n’est pas nécessairement tangible mais il faut avoir à l’esprit qu’il est toujours présent et que c’est son adéquation avec le rendement procuré qui permet de juger de la qualité de la performance.

La tâche essentielle d’un investisseur est de contrôler le risque de manière intelligente. Les investisseurs doivent bien faire la différence entre le contrôle du risque et son évitement. Le contrôle du risque est la meilleure manière d’éviter les pertes. Le succès de l’investissement sur le long terme repose sur le contrôle du risque plutôt que sur l’investissement agressif.

Les investisseurs qui en ont les compétences peuvent tirer avantage de l’inefficience des marchés pour obtenir les mêmes résultats que leur benchmark tout en prenant des risques moindres. La réduction du risque est fondamentale pour investir avec succès et l’investisseur qui réussit est celui qui prend moins de risque pour obtenir des rendements comparables aux autres portefeuilles.

Faites attention aux cycles

Il est essentiel de ne jamais perdre de vue que tout est affaire de cycles et que les meilleures opportunités d’investissement apparaissent lorsque les gens oublient ce cadre là. Cela est d’autant plus vrai en ce qui concerne l’économie et les entreprises car elles impliquent une activité humaine par nature émotionnelle et volatile.

Lorsque les gens sont optimistes, ils dépensent plus d’argent et épargnent moins, ils achètent leurs actifs à des cours plus importants. La plupart du temps, les pires prêts et les pires investissements sont réalisés lorsque les temps sont favorables. Ensuite, le cycle se retourne et les pertes en capital sont bien souvent fatales.

Ignorer les cycles et tirer des conclusions sur la base des tendances actuelles est l’une des choses les plus risquées qu’un investisseur puisse faire. Un investisseur ne doit jamais partir du principe que parce qu’une entreprise ou une action est en bonne santé, cela sera toujours le cas.

Les investisseurs doivent considérer les marchés financiers comme des balanciers. Le milieu de l’arc est la médiane mais le balancier reste rarement en l’état. Ce dernier se balance souvent d’un côté à l’autre. Chaque fois que le balancier atteint une extrémité, il est redirigé vers l’autre côté immédiatement. Le balancier évolue en fonction de sentiments tels que la peur et l’avidité et les attitudes vis à vis du risque sont un puissant facteur de fluctuations du marché. Une aversion au risque inappropriée contribue à la formation de bulles et de krachs. Lorsque l’avidité prévaut, le risque est ignoré. Inversement, la peur engendre l’aversion au risque.

La plupart du temps, les gens agissent à contre temps lorsque le balancier fluctue. Ils se précipitent pour acheter lorsque les cours sont élevés et ils vendent ensuite lorsque la panique commence à s’emparer des marchés.

La psychologie du marché et l’état d’esprit contrarien

Les inefficiences du marché et les erreurs que les investisseurs font représentent les meilleures opportunités de profit, tant que l’investisseur se trouve du bon côté de l’erreur. De nombreux investisseurs parviennent bien souvent aux mêmes conclusions lorsqu’ils analysent un actif sur la base de ses fondamentaux mais agissent de manière totalement différente en raison notamment de leur psychologie.

Il existe en tout et pour tout 7 émotions qui font faire des erreurs aux investisseurs :

  1. L’avidité qui pousse les investisseurs à rechercher des gains à tout prix,
  2. Le déni qui les empêche de raisonner de manière logique,
  3. La peur qui les empêche d’agir de manière constructive,
  4. La conformité à la pensée dominante sans faire appel à la pensée réflexive,
  5. L’envie qui les pousse à désirer ce que les autres possèdent,
  6. L’ego qui pousse pour une gratification immédiate,
  7. La capitulation qui les pousse à renoncer.

Toutes les bulles se forment à l’origine dans une atmosphère de confiance, puis c’est l’avidité qui prend le pas, et le déni qui conduit à ignorer les fondamentaux et à prendre des risques excessifs qui conduisent au désastre. Les krachs ne sont rien d’autres que la résultante de bulles. Il semble toujours plus intelligent d’acheter lorsque les marchés sont au plus haut et il paraît difficile de résister à la tentation de vendre lorsqu’ils sont au plus bas.

Les marchés peuvent parfois atteindre des niveaux de valorisation stratosphériques dus au fonctionnement de la psychologie humaine. Les investisseurs peuvent prendre du recul en :

  • Effectuant la valorisation de l’entreprise sur des bases objectives,
  • Agir lorsque les cours divergent clairement de la valeur intrinsèque,
  • Reconnaître les effets insidieux de la psychologie humaine sur les marchés,
  • Se rappeler que lorsque les choses paraissent trop belles pour être vraies, c’est effectivement le cas,
  • Accepter de paraître être dans le faux lorsque l’évaluation donnée par le marché semble incorrecte.

La plupart des investisseurs suivent la tendance alors que les investisseurs qui réussissent font le contraire de ce que fait la majorité. Les marchés peuvent varier du tout au tout et les extrêmes représentent des points d’inflexion. Accepter le concept de l’état d’esprit contrarien semble simpliste et pourtant peu d’investisseurs le mettront en pratique le moment venu. Les marchés peuvent être sous-évalués ou surévalués pendant des années et rester en l’état.

Avoir l’esprit contrarien ne revient pas nécessairement à agir systématiquement à l’opposé de ce que fait la foule. Cela revient à aller plus loin dans l’analyse pour se faire sa propre opinion et comprendre pourquoi le consensus est dans le faux. Le paradoxe de l’investissement, c’est que bien souvent ce qui paraît évident ne l’est pas forcément. Lorsque tout le monde veut acquérir un actif particulier, cela laisse peu de place aux perspectives d’appréciation futures et lorsque tout à coup le marché change d’avis, les cours s’effondrent brutalement sans préavis. Marks défend l’idée que les meilleurs investisseurs ont l’esprit contrarien et cherchent toujours à aller plus loin dans l’analyse. C’est la raison pour laquelle le concept de valeur intrinsèque est si important.

Trouver les bonnes affaires et saisir les opportunités

Bâtir un portefeuille d’investissement requiert une liste d’actifs réels, des estimations de la valeur intrinsèque de ces actifs, une comparaison entre le cours de ces actifs et leur valeur, une bonne compréhension du risque, et comment un actif affectera l’ensemble du portefeuille dont il fait partie. Par définition, investir requiert de mettre en place un processus de sélection qui doit être rigoureux, discipliné et comparatif. Ne pas être en mesure de faire la distinction entre de bons actifs et de bons achats conduit inévitablement à des rendements faibles.

Les meilleurs choix d’investissement ont une valeur intrinsèque plus importante que le cours de l’actif et le potentiel de rendement est supérieur au risque pris.

Pour trouver de tels actifs, les investisseurs doivent se pencher sur ceux qu’ils estiment être mal compris, sous évalués ou survendus. Les bonnes affaires sont celles qui permettent d’obtenir de la valeur à un cours faible et pour des indicateurs de risque bien orientés. Ces dernières ne sont pas supposées exister sur les marchés efficients et pourtant les forces qui sont sensées les éliminer ne fonctionnent pas toujours.

Ainsi, la crise de 2007 permit à certains investisseurs de construire de véritables fortunes en l’espace de quelques mois seulement si ces derniers avaient eu suffisamment de flair pour vendre avant de toucher les plus hauts et de racheter 2 ans plus tard lorsque les cours étaient au plus bas. Marks estime ainsi que les investisseurs ne doivent pas perdre leur temps à courir après les opportunités d’investissement mais au contraire se montrer patient et attendre que les opportunités se présentent à eux. Il n’y a pas de pression particulière à l’achat, tout est affaire d’opportunisme patient. Mieux vaut rater une opportunité que perdre 50% de son capital sur une mauvaise décision d’investissement.

Evidemment, tout le monde n’agit pas de cette manière. Ainsi, les professionnels de l’investissement n’ont pas d’autres choix que d’agir en permanence pour justifier les commissions qu’ils demandent à leurs clients.

Les meilleures opportunités voient le jour lorsque des ventes forcées se produisent. Les vendeurs qui sont contraints de vendre n’ont pas le choix et sont obligés de vendre quel que soit le cours du marché, ce dernier pouvant être très éloigné de la valeur intrinsèque de l’actif considéré. La clé pour survivre une crise financière est de résister aux pressions vendeuses pour se positionner en tant qu’acheteur et ainsi bénéficier de véritables soldes sur les prix des actifs recherchés.

Un opportunisme patient couplé à un esprit contrarien et des fondamentaux solides peuvent véritablement conduire à des rendements exceptionnels pourvus que ces 3 critères fondamentaux soient respectés.

Compétence et chance

Lorsqu’il s’agit d’investir, les investisseurs doivent s’informer sur ce qu’ils ne connaissent pas. La meilleure approche est souvent une approche réduite qui consiste à savoir ce qu’il est possible de connaître au sujet d’une entreprise et de ses actions. Il s’agit des données fondamentales relatives à la valeur intrinsèque comme les revenus, la dette, les bénéfices, la marge d’exploitation, etc. Les investisseurs peuvent ainsi avoir une idée du cycle dans lequel les marchés se trouvent et la manière dont le balancier oscille. N’importe quelle tendance s’arrête tôt ou tard, et aucune tendance ne prend la même direction pour toujours.

Les investisseurs doivent rester en alerte, ajuster leurs comportements et résister aux pressions vendeuses et acheteuses. Lorsque les autres vendent dans un mouvement de panique incontrôlé, les investisseurs intelligents achètent. Et lorsque la foule déborde d’un enthousiasme béat, alors les investisseurs intelligents savent que c’est le bon moment pour vendre.

Des environnements tels que celui que nous avons vécu en 2007 avec un accès gratuit au capital, des conditions mal définies et un levier excessif sont des signaux dangereux qui conduisent tôt ou tard aux krachs boursiers. Lorsque l’avidité prend le pas sur la peur, le marché devient un endroit dangereux et risqué. Les extrêmes ne sont pas souvent atteints mais ils sont à tous les coups responsables de pertes abyssales lorsqu’ils se produisent.

Comme dans tous les aspects de la vie, la chance joue un rôle fondamental dans l’investissement sur les marchés financiers. Parfois, un individu prend un pari risqué sur une valeur qui s’avère finalement être payant. Mais cela n’est pas pour autant le signe du génie ou de l’expertise, il s’agit tout simplement d’un coup gagnant chanceux. La seule manière de pouvoir juger des compétences d’un gérant de fond est de jeter un œil à son historique de performance pour voir comment celui-ci a évolué par rapport aux performances de son benchmark sur le long terme.

Investir de manière défensive pour éviter les erreurs

Warren Buffett, le fondateur du fonds d’investissement Berkshire Hathaway est connu pour être le meilleur investisseur de tous les temps. Buffett investit dans des actifs qui procurent une marge de sécurité encore appelée « marge d’erreur ». Si un actif cote 90 dollars et que la due diligence de cet actif montre que ce dernier vaut en réalité 100 dollars, alors l’actif est manifestement sous évalué et la marge de sécurité de cet actif est positive.

L’investissement défensif consiste à rechercher les valeurs qui ont le moins bien performé sur les périodes passées. Marks continue ainsi d’insister sur l’idée qu’il est primordial d’éviter les erreurs d’investissement qui conduisent à des pertes en capital. La meilleure manière de ne pas sélectionner de futurs perdants est encore d’investir de manière extrêmement prudente en recherchant uniquement des valeurs sous cotées tout en se montrant sceptique sur leurs perspectives de croissance et en ayant à l’esprit que l’avenir est incertain.

Un investisseur défensif souffrira beaucoup du contexte économique et financier lorsque les choses iront mal. Marks préconise davantage l’investissement défensif que l’investissement agressif comme stratégie d’investissement. Les gains sur les marchés financiers peuvent être obtenus en agissant très peu mais en prenant les bonnes décisions au bon moment. Eviter les pertes en capital est beaucoup plus sûr que de rechercher à tout prix les gains en capital.

Les erreurs de l’investisseur sont bien souvent de natures intellectuelle, analytique, émotionnelle et psychologique. Une erreur intellectuelle typique consiste à manquer d’imagination, ou à se montrer incapable d’imaginer les différents scénarios possibles. Le manque de reconnaissance de corrélation entre deux actifs est également une erreur intellectuelle fréquente. Les forces psychologiques et émotionnelles forment les bulles et aboutissent à des krachs et c’est ainsi que les investisseurs qui utilisent la pensée réflexive parviennent à tirer profit des imperfections du marché.

Les erreurs les plus fréquemment rencontrées sur les marchés sont :

  • Le manque de prise en considération du risque,
  • Une due diligence mal effectuée en matière de valorisation,
  • Une corrélation cachée dans un portefeuille d’actifs,
  • Des facteurs émotionnels et psychologiques qui impactent la prise de décision.

Marks conseille ainsi de prendre le temps de la réflexion pour identifier ce que pourraient être des erreurs d’investissement dans le contexte actuel telles que le fait de ne pas acheter, le fait d’acheter, d’acheter trop peu, de trop acheter, ou encore de prendre des risques inconsidérés pour acquérir certains types d’actifs.

La quête de l’alpha

Deux concepts clés de la théorie de l’investissement sont l’alpha et le bêta.

L’alpha désigne l’aptitude à générer de meilleures performances que le marché tandis que le bêta désigne la corrélation entre un portefeuille et la performance du marché.

Un bêta de 1 signifie qu’un portefeuille évolue dans les mêmes proportions que le marché à la hausse comme à la baisse.

La mesure de la véritable aptitude à investir avec succès (alpha) se traduit par des pertes réduites en comparaison de celles du marché. De la même manière, il faut être en mesure de générer des gains moyens ou supérieurs lorsque les marchés se reprennent.

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

Article précédent:

Article suivant: