Trouver Un Placement Qui Gagne A Tous Les Coups : C’est (Encore) Possible…

Une étude réalisée par Oxford Economics et commandée par le World Gold Council démontre que le placement en or procurerait à l’avenir de belles performances – quel que soit le scénario économique retenu. Synthèse de l’étude.

« L’or est le souverain des souverains. » – Rivarol

Depuis 2007, le monde a connu une période de volatilité économique et financière sans précédent. Durant cette période, l’or a affiché des performances solides, son cours ayant plus que doublé. Cette performance a eu pour effet de voir les vertus de l’or reconsidérées par les investisseurs.

Sur le très long terme, l’or est un placement qui conserve sa valeur nominale intacte, mais sur le court terme, certains facteurs peuvent faire varier le cours de l’or et perturber son équilibre durant des laps de temps indéterminés. Ces facteurs sont par exemple : le stress financier, les variations de prix du baril de pétrole, les taux d’intérêt, l’inflation, l’activité des banques centrales et le taux de change du dollar américain.

L’approche par modélisation suggère que les facteurs cités précédemment ont des impacts significatifs sur le cours de l’or à court terme et que les chocs auxquels est confronté le cours de l’or tendent à disparaître relativement lentement. L’équation met également en valeur le fait que – bien que le cours actuel de l’or soit historiquement élevé – l’ajustement de retour vers l’équilibre pourrait se faire via une augmentation générale des prix, plutôt que par le biais d’une chute en valeur nominale.

En combinant l’équation citée précédemment et le modèle de prévision économique mondiale développé par Oxford Economics’, il est possible d’examiner la performance de l’or en comparaison de celle des autres actifs sur la période 2011-2015 en simulant divers scénarii économiques. On découvre alors que la plupart des actifs ont des performances supérieures à celle de l’or dans le cas d’un scénario sans turbulence.

Mais dans le cas d’une forte inflation, la performance de l’or est de loin la meilleure et elle reste de très bonne facture dans le cas d’une déflation couplée à une vague de défaut des pays périphériques de la zone euro. La raison principale étant que ce scénario déflationniste implique une augmentation significative du stress financier.

L’analyse des différents scénarii économiques confirme la faculté de l’or à constituer une barrière de protection contre les événements économiques de nature extrême ; faculté d’autant plus appréciable à l’heure actuelle compte tenu des incertitudes considérables pesant sur l’économie mondiale.

L’étude poursuit son développement par une analyse de la place à accorder à l’or dans un portefeuille d’investissement efficient via une utilisation des techniques d’optimisation classiques et différents retours sur investissement supposés de long terme de l’ensemble des classes d’actifs (or, actions, obligations, cash, immobilier). La conclusion de cette analyse est la suivante : grâce à son manque de corrélation avec les autres actifs financiers, l’or a un rôle majeur de stabilisateur à jouer dans la valeur totale du portefeuille même dans le cas d’un rendement annuel négatif modéré.

La part optimale d’or à allouer dans le cadre d’une gestion de portefeuille est d’environ 5% dans le cas d’un scénario impliquant 2,25% de croissance et un taux d’inflation annuel de 2% (simulation effectuée dans le cas du Royaume-Uni). Ce niveau est supérieur à celui habituellement constaté dans les portefeuilles d’investissement classiques, bien que l’explication puisse être partiellement trouvée dans le fait que l’analyse ne prend pas en compte d’autres types d’actifs tels que les obligations d’Etat, les obligations étrangères et les autres types de matières premières.

Selon que l’on privilégie tel ou tel scénario économique, la part optimale allouée à l’or varie très sensiblement. Elle augmente de manière significative dans le cas d’un scénario privilégiant l’inflation comme dans celui d’une croissance molle combinée à une inflation modérée, notamment grâce à sa faible corrélation avec les autres classes d’actifs. Cette dernière conclusion est d’autant plus probante dans le cas où votre profil d’investisseur est celui d’un investisseur prudent et réfractaire à la prise de risque.

Au final, la seule possibilité de voir l’or retrouver un niveau d’équilibre inférieur à son niveau actuel réside dans l’hypothèse d’un maintien constant des facteurs perturbateurs cités au début de la synthèse. Etant donné les incertitudes auxquelles doit faire face l’économie mondiale, cette hypothèse paraît peu réaliste.

Pour rappel :

  • La demande mondiale d’or en tant que véhicule d’investissement est passée de +15% en 2002 à +40% en 2010.
  • Les banques centrales sont devenues acheteuses net d’or en 2010 pour la première fois depuis les années 1980,
  • L’Inde et la Chine représentaient 23% de la demande d’or en 2002, 47% à l’heure actuelle,
  • Ben Bernanke vient d’annoncer un QE 4 aux Etats-Unis pour 2013,
  • L’or est devenu un actif « core tier one » (comprendre que l’or sera désormais comptabilisé pour 100% de sa valeur dans le bilan des banques au même titre que le cash ou les obligations souveraines d’Etat), ce qui dénote un regain d’intérêt considérable pour la relique barbare de la part des autorités.

Dans ces conditions, il nous paraît très imprudent de ne pas détenir 5% minimum de métal jaune dans son patrimoine financier. La meilleure preuve ? La banque Goldman Sachs prévoit dans son dernier rapport un plafonnement du prix de l’once d’or pour l’année prochaine. Quand on sait que cette dernière s’est fait une spécialité de faire le contraire de ce qu’elle conseille à ses clients, cela constitue un signal d’achat fort, très certainement…

Cliquez ici pour voir la vidéo de synthèse du rapport d’Oxford Economics’ (anglais).

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

Article précédent:

Article suivant: