Votre boss (qui est vieux, nul et fainéant) touche plus que vous : et alors ?

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Les périodes économiques se suivent et ne se ressemblent pas.

Les années qui ont suivi la fin de la seconde guerre mondiale ont sans doute été les plus fastes de l’histoire économique et financière moderne.

Reconstruction économique de pays largement dévastés par la guerre, retour vers une situation de plein emploi dans la grande majorité des pays développés, une croissance forte de la production industrielle et une expansion démographique importante.

Le tout facilité par un accès aisé aux énergies en général et aux énergies fossiles en particulier et par un rattrapage technologique par rapport aux Etats-Unis dans les pays dont le capital humain – niveau d’éducation et expérience des travailleurs – était important.

Cette période – qui s’étend de 1946 à 1973 – c’est ce que l’économiste Jean Fourastié a surnommé « les Trente Glorieuses ».

Ces Trente Glorieuses – véritable révolution silencieuse – qui ont été porteuses de changements économiques et sociaux majeurs. Marquant le passage de l’Europe à la société de consommation, 40 ans après les Etats-Unis.

Et puis – des années 1970 au début des années 2000 – les choses se sont gâtées. Mais il était trop tard. Nous nous étions habitués à la croissance du PIB et au confort matériel qui l’accompagnait.

Alors plutôt que de faire face à la réalité économique et financière du moment, les Etats se sont endettés. Et ils ont commencé à vivre au-dessus de leurs moyens pour permettre à leurs citoyens d’en faire de même.

Comment en effet expliquer à une génération toute entière que pour la première fois de l’histoire économique, elle allait devoir vivre avec des moyens inférieurs à ceux de ses aînés ?

Les Etats se sont endettés. Puis les entreprises leur ont emboité le pas. Et pour suivre le mouvement, les particuliers ont fait pareil. Et tout ce petit monde a continué de faire la fête durant les 30 années qui ont suivi.

Après tout ils l’avaient bien mérité, eux qui avaient payé leurs impôts et cotisé pour leurs retraites comme les générations précédentes.

Pourquoi aurait-il fallu qu’ils se serrent la ceinture ? Ils avaient bien droit eux aussi à leur part du gâteau.

Et tant pis pour les générations suivantes. Elles n’avaient qu’à naître avant. Le principe de solidarité, il fallait bien qu’il serve à quelque chose, non ?

Les 30 années qui ont suivi, il n’y aurait pas dû y avoir de croissance économique. Une croissance économique achetée à crédit sur le dos des générations suivantes n’a de croissance que le nom. Et en termes moins pompeux, on appelle cela du vol.

Les 30 années qui ont suivi, l’Etat a subventionné, embauché et sauvé de la faillite des entreprises qui n’auraient pas dû l’être.

Les entreprises se sont endettées pour produire encore et toujours plus (et quand elles ne parvenaient plus à écouler leur production, elles étaient subventionnées par l’Etat).

Et tant que personne ne songeait à remettre en cause ce système, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Pourquoi les citoyens se seraient-ils insurgés contre l’augmentation exponentielle de leur fiscalité ? Eux qui étaient alors protégés et maternés par un Etat nourricier qui jouait son rôle d’amortisseur social et par une entreprise qui se chargeait de la croissance à 2 chiffres de leur niveau de vie ?

Les périodes économiques se suivent et ne se ressemblent pas. En 2011, les gens ont compris que ce système n’était pas viable. Et qu’on ne pouvait pas vivre à crédit éternellement sans en subir un jour ou l’autre les conséquences.

Surtout, ils ont compris qu’ils ne cotisent pas pour « leur » retraite mais pour celle des générations qui les ont précédés. Et que la leur n’est pas assurée du tout.

Que l’âge d’or de l’Etat protecteur et nourricier est derrière eux et que la répression financière est désormais ce qui bercera leur quotidien pour les années à venir. Avec son lot de mesures liberticides et confiscatoires.

Que les augmentations de salaire n’ont rien à voir avec leurs mérites et leurs talents personnels mais bien plus avec le dynamisme du marché du travail et de l’économie en général.

Fondamentalement, le fonctionnement d’une économie de marché n’est pas si difficile à comprendre. Une économie de marché, et bien elle est basée sur la loi du… marché ! Et un marché – lui – se base sur la loi de l’offre et de la demande.

Le travailleur offre son temps sur le marché du travail contre salaire. L’entreprise demande des compétences sur le marché du travail contre rémunération.

Beaucoup de travailleurs offrent leur temps sur le marché du travail pour la même compétence ? L’entreprise propose un salaire moins important (et le salarié déjà embauché qui est mécontent n’a qu’à bien se tenir, après tout personne n’est irremplaçable). 

Peu de travailleurs offrent leur temps sur le marché du travail pour une compétence demandée par l’entreprise ? L’entreprise propose un salaire plus important (et le salarié déjà embauché est chouchouté, personne mais vraiment personne au sein de l’entreprise ne souhaite que ce dernier aille voir ailleurs).

La réalité du marché du travail, elle est aussi simple que cela.

L’idée, bien sûr, ce n’est pas de vous décourager, d’assassiner votre patron ou de ruminer votre frustration des années durant comme le font la plupart des gens.

L’idée, c’est d’accepter cette situation telle qu’elle est. Et de chercher des solutions. Ailleurs s’il le faut.

Votre entreprise ne reconnait pas vos talents ? Changez-en.

Vos compétences ne sont pas suffisamment valorisées par le marché ? Développez-en d’autres.

Vos revenus du travail ne vous paraissent pas suffisants ? Apprenez à générer des revenus alternatifs.

Les périodes économiques se suivent et ne se ressemblent pas. Professionnellement, il vaut parfois mieux être médiocre dans un contexte économique favorable que brillant dans un contexte économique défavorable.

Mais les stratégies pour générer d’autres types de revenus que les revenus du travail existent. Et apprendre à les maîtriser pour gagner votre indépendance financière, cela ne tient qu’à vous…

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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