Vous Rapprochez la Difficulté de la Vertu ? Vous Vous Trompez…

Trop de gens rapprochent encore la difficulté de la vertu. Cette dernière contribuerait à forger notre sens moral. Pourtant, cette croyance semble avoir des fondements discutables.

influence silencieuse

La recherche de la difficulté, le sacrifice au travail, la négligence de son propre développement émotionnel. Autant de comportements déviants que nous expérimentons tous à un moment ou à un autre de notre vie.

Conscients ou non de cette croyance qui nous anime et nous pousse ainsi à l’action, nous faisons ainsi le choix de la souffrance.

Une souffrance qui peut s’avérer être dévastatrice pour nous-même et notre entourage.

Dépression, burn-out, surmenage, agressivité, changements d’humeur soudains, maux de tête, maux de vente, etc. Les signaux envoyés par notre corps ne sont jamais anodins et devraient nous faire prendre conscience que nous allons dans la mauvaise direction.

Pourtant, nous continuons. Nous entretenons ce cycle de la souffrance – cette sorte de Samsara – en nous accrochant à cette croyance. « Je souffre, donc je suis » pourrait être notre credo. Et plus nous tardons à rectifier le tir, plus il devient difficile de changer notre comportement. Les habitudes ont la dent dure, en particulier celles qui nous font du tort.

Heureusement, les prises de conscience sont possibles.

Parfois, nous tirons nous-mêmes les leçons de nos expériences de vie. Cela peut être plus ou moins douloureux. Un échec professionnel cuisant, une rupture conjugale, une maladie psychosomatique, la perte d’un être proche. Les déclics se produisent quelques fois quand on ne s’y attend pas.

Parfois, nous avons besoin de nous faire aider grâce à l’aide d’un professionnel bienveillant (médecin de famille, thérapeute, coach, etc.). La maïeutique – c’est à dire littéralement « l’art de faire accoucher les esprits » est une technique puissante qui permet à l’accompagnateur de poser les bonnes questions et à l’apprenant de trouver les réponses qui lui permettront d’avancer.

Cela peut paraître surprenant mais la culture est bien souvent la meilleure thérapie qui soit.

Alain de Bottom – un éminent sociologue et philosophe d’origine suisse – s’est ainsi intéressé de près aux mythes véhiculés par nos sociétés depuis plus de 500 ans. Ses découvertes sont stupéfiantes. Jugez plutôt.

Du début du 15ème siècle à la fin du 18ème siècle, 3 histoires différentes ont ainsi été véhiculées pour forger l’identité et faciliter la cohésion des sociétés d’alors.

La première histoire défendait l’idée que les pauvres n’étaient pas responsables de leur condition et qu’ils étaient les plus utiles à la société.

La deuxième histoire soutenait qu’un faible statut social n’avait pas de connotation morale.

La troisième histoire prétendait que les riches étaient des pêcheurs corrompus qui devaient leur richesse au vol orchestré sur le dos des pauvres.

D’une certaine manière, ces histoires ont contribué à relativiser l’importance du statut social pendant plusieurs siècles.

Mais au milieu du 18ème siècle, ces 3 histoires ont commencé à être discréditées. Elles ont peu à peu perdu en influence pour être remplacées par 3 autres histoires bien différentes.

La première histoire défendait l’idée que seuls les riches étaient utiles à la société et que les pauvres ne l’étaient pas.

La deuxième histoire soutenait que le statut social avait bel et bien une connotation morale.

La troisième histoire prétendait que les pauvres étaient des pêcheurs corrompus et qu’ils devaient leur pauvreté à leur propre stupidité.

En l’espace d’une cinquantaine d’années, les histoires véhiculées dans nos sociétés ont changé du tout au tout.

Au final, peu importe de savoir qui a tort ou qui a raison.

Les mythes et les histoires véhiculés par une société n’ont pas vocation à devenir des vérités absolues. Ce qui est « vrai » aujourd’hui aux yeux de la majorité ne le sera sans doute plus dans plusieurs siècles.

Les « mythes fondateurs » des sociétés changent au gré des circonstances et des événements. Au gré du pouvoir d’influence exercé par certains ou des effets de richesse créés par le contexte économique.

La vraie question que vous devriez vous poser est sans doute de savoir si la vie que vous menez vous rend heureux ou non. Et si tel n’est pas le cas, alors que pouvez-vous faire pour en changer dès aujourd’hui ?

Les mythes véhiculés par les sociétés mettent parfois des centaines d’années à évoluer mais vous ne disposez pas de tout ce temps devant vous pour être heureux.

Votre temps de vie sur Terre est limité et votre bonheur – lui – n’attend pas… 

A propos de l'auteur...

Thibaud Eigle est le fondateur de l'Ecole des Finances Personnelles. Il a notamment travaillé pendant près de 10 ans dans des domaines aussi variés que l'Audit, la Banque et le Capital Risque. C'est cette expérience riche et multiforme qui lui donne aujourd'hui un regard si complet sur le monde de la finance.

 

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